Un garde de Macron sur son travail: «on reste 8 heures dans une bagnole sans pouvoir aller aux toilettes»

© AFP 2022 PHILIPPE HUGUENVoiture de police
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Les policiers de Versailles chargés d’assurer la sécurité du Président estiment que le garder est une tâche éloignée de leur métier, en déplorant qu’ils sont «devenus des gardiens», restant «huit heures dans une bagnole sans pouvoir aller aux toilettes et sans pouvoir manger», relate Le Parisien, qui cite l’un des policiers en question.

Les policiers du commissariat de Versailles qui assurent la sécurité du Président de la République expriment leur mécontentement en se mettant en arrêt maladie, car les fonctionnaires de police n'ont pas le droit de grève, relate Le Parisien.

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L’un des 14 policiers en question s’est confié sous couvert d’anonymat au quotidien sur les tâches qui leur ont été attribuées et qu’ils jugent très éloignées de leur cœur de métier. Il a raconté qu’au lieu de patrouiller les rues ou d’intervenir pour aider la population en cas de nécessité, ils sont «devenus des gardiens».

«Mais aujourd'hui, on ne fait plus de patrouille. On n'intervient plus. Nous sommes devenus des gardiens», déplore-t-il, cité par Le Parisien.

Avant de poursuivre:

«Et le garder, c'est une mission qui ne correspond pas vraiment à notre travail. On reste huit heures dans une bagnole sans pouvoir aller aux toilettes et sans pouvoir manger.»

D’après lui et ses collègues, ils ne sont chargés que d’assurer la protection du Président de la République, devant la résidence de la Lanterne «tous les week-ends, s'il n'est pas à l'étranger».

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En outre, le fonctionnaire a tenu à souligner qu’au lieu d’intervenir pour venir au secours de personnes en détresse, ses collègues et lui passaient beaucoup de temps à garder des détenus à l'hôpital.

«Depuis le début de l'année, nous sommes restés 4.000 heures à l'hôpital et 2.000 heures à La Lanterne», a-t-il calculé.

Le jeune homme a également révélé qu’il ne trouvait plus de passion dans son travail et estimait que ses conditions de travail s’étaient dégradées. De ce fait, avec certains de ses collègues, ils pensent à mettre fin à leur contrat et entrer plutôt dans la police municipale ce qui, selon lui, «ne se voyait jamais autrefois».

«En fait, le matin quand on sait qu'on va encore garder le Président ou des détenus, la seule chose qui nous soucie, c'est avoir de la batterie sur le téléphone. Ce n'est vraiment pas encourageant.»

Protestant contre les missions de garde statique les syndicats de police Unité SGP et Alliance soutiennent ces policiers mécontents, fait savoir le quotidien. Afin de résoudre ce souci, ils insistent pour que le Président soit gardé par des gendarmes de la garde républicaine et, en ce qui concerne les détenus, que ces derniers soient surveillés par des agents du ministère de la justice.

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