Paris: «Il ne faudrait pas que l'article cinq de la charte de l'Otan se transforme en article F-35»

© REUTERS / REGIS DUVIGNAU Florence Parly
 Florence Parly  - Sputnik Afrique
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«L'Europe souveraine et l'Alliance transatlantique» doivent pouvoir «se renforcer mutuellement», a déclaré Florence Parly dans une interview au Journal du dimanche à la veille du sommet de l’Alliance qui se tiendra les 3 et 4 décembre.

Les États-Unis ne doivent pas imposer à leurs alliés au sein de l’Otan des armes de fabrication américaine sous prétexte de solidarité atlantique, a affirmé la ministre des Armées, Florence Parly, dans une interview au Journal du dimanche accordée dans le contexte du prochain sommet de l’Alliance, les 3 et 4 décembre à Londres.

«Il ne faudrait pas que l'article cinq de la charte de l'Otan, qui oblige à la solidarité entre membres de l'Alliance, se transforme, sous pression de Washington, en article F-35, qui obligerait les mêmes à acheter américain, comme si l'on était dans une vision purement transactionnelle de la sécurité collective», a-t-elle souligné.

Dans ce contexte, elle a affirmé que l'Europe avait encore à ajuster ses «outils militaires pour être à la hauteur de ce qu'elle est en tant que puissance économique et politique».

«L'Otan ne sera jamais l'outil de notre souveraineté. C'est aux Européens de construire leur propre souveraineté. Cela ne se fera pas en un claquement de doigts. Mais il faut arrêter de faire croire que nous devons choisir entre l'Europe et l'Otan. Nous voulons l'Europe souveraine et l'Alliance transatlantique. Les deux doivent pouvoir se renforcer mutuellement», a-t-elle noté.

Florence Parly a également estimé nécessaire de dialoguer avec la Russie.

«Ce n'est pas être "gentil" avec les Russes que de leur parler […]. Mais sans dialogue il n'y aura pas de sécurité».

L’ennemi commun de l’Otan

Lors d’une conférence de presse avec le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, Emmanuel Macron avait d’ailleurs déclaré le 28 novembre que l’ennemi commun de l’Otan n’était ni la Russie, ni la Chine, mais le terrorisme.

Évoquant la déclaration d’Emmanuel Macron sur la «mort cérébrale» de l’Otan, Florence Parly avait précédemment indiqué qu’il était «sain pour une organisation de se repenser» et que la France estimait nécessaire «de lancer avec les alliés une vraie réflexion stratégique sur l’avenir de l’alliance».

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