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Argentine: la communauté bolivienne commente l’arrivée d’Evo Morales

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La nouvelle d’une arrivée surprise de l'ex-Président bolivien Evo Morales en Argentine a été accueillie avec joie par nombre de ses compatriotes résidant dans ce pays. Sputnik s’est entretenu avec certains d’entre eux.

Des Boliviens résidant en Argentine ont parlé à Sputnik des progrès réalisés dans leur pays d’origine sous la présidence d’Evo Morales (2006-2019), en saluant l’intention de Buenos Aires d’octroyer le statut de réfugié à l'ex-Président de Bolivie. D’autres se souviennent de ses erreurs et émettent des doutes quant à son avenir en politique.

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«On n’y refuse refuge à personne. Je suis heureuse qu’Evo se trouve en Argentine. À mon avis, il n’aurait pas dû se porter candidat à la présidentielle du 20 octobre. Tous nous savons que pendant ces 13 années, bien des choses sont arrivées pour lesquelles on pourrait bien le critiquer, mais il a fait beaucoup plus de bien», a déclaré à l’agence Jenny qui vit en Argentine depuis 2008 et travaille au marché dans le quartier Liniers de Buenos Aires.

Et d’ajouter que le fait même qu’une Indienne en pollera puisse être institutrice et tout ce que les peuples autochtones appréciaient et respectaient devraient être protégés par les Boliviens.

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Quoi qu’il en soit, il y a aussi, au sein de la communauté bolivienne en Argentine, ceux qui ne comprennent pas l’intention de l’ancien Président de s’y installer pour de bon.

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Il n’y a pour le moment aucune information sur l’agenda de l’ancien Président bolivien. On sait toutefois que le ministre argentin des Affaires étrangères Felipe Sola lui a demandé de ne pas faire de déclarations politiques en public, exigence de facto du gouvernement actuel en Bolivie. Cette demande n’entrave toutefois pas la liberté d’expression d’Evo Morales par le biais des réseaux sociaux où ce dernier poursuivra, comme il l’affirme lui-même, sa lutte.

«Tout cela n’empêche pas sa tâche stratégique de lutter en Argentine pour les intérêts des peuples de la région, de coopérer avec la communauté [bolivienne, ndlr] et les organisations, d’établir des liens étroits avec divers mouvements et les partisans de son parti qu’est le Mouvement vers le socialisme (MAS). C’est d’ici qu’il organisera sa défense», a estimé Iber Mamani, un Indien aymara qui milite pour les droits des migrants et des peuples indigènes.

Un certain Jorge qui travaille dans un bureau de voyages organisant des tours en Bolivie regrette qu’Evo Morales ait fui le pays.

«Il n’a jamais écouté les critiques à son endroit, notamment au référendum, quand les gens ont dit ne pas vouloir de son nouveau mandat présidentiel. Quand les dirigeants sont séduits par le pouvoir, quand tout ne va pas comme ils le voudraient, quelqu’un d’autre le paie par son sang», a résumé le militant.

Liniers est un quartier de Buenos Aires qui abrite la deuxième plus grande communauté d’immigrés en Argentine. Des Boliviens s’y sont installés il y a plus de 30 ans.

Exil d’Evo Morales

Lâché par la police et par l'armée, Evo Morales a été contraint à démissionner le 10 novembre après trois semaines de manifestations contre une élection entachée de fraudes, selon l'opposition et l'Organisation des États américains (OEA). Il avait brigué un quatrième mandat après avoir passé près de 14 ans à la tête de la Bolivie.

Dénonçant un «coup d'État», M.Morales s'est réfugié au Mexique, puis, après un bref séjour à Cuba, s'est rendu en Argentine. Le gouvernement d'Alberto Fernandez lui a accordé sa protection en qualité de réfugié.

La Présidente par intérim de la Bolivie, Jeanine Anez, a annoncé le 14 décembre l'émission imminente d'un mandat d'arrêt contre l'ancien Président Evo Morales, réfugié en Argentine.

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