Un expert explique pourquoi le retrait des troupes US d’Irak n’est pas pour demain

© AP Photo / Vahid SalemiUne manifestation en Irak après la frappe US qui a tué le général iranien Qassem Soleimani à Bagdad
Une manifestation en Irak après la frappe US qui a tué le général iranien Qassem Soleimani à Bagdad - Sputnik France
Le retrait des troupes américaines décidé par le parlement irakien ne signifie pas qu’elles partiront immédiatement, a expliqué un expert à Sputnik. D’après lui, le déploiement de contingents étrangers en Irak est encadré par la loi et ne pourra être annulé que par l’approbation d’une autre loi, ce qui devrait donner un an aux forces étrangères.

La décision du parlement irakien à propos du retrait des troupes étrangères du pays ne mènera pas à leur départ dans les prochains jours, car leur disposition actuelle est encadrée par une loi spéciale, a expliqué à Sputnik Samir Ghattas, député égyptien et chef du Forum d'études stratégiques du Moyen-Orient.

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Il s'agit notamment d'un accord d'amitié et de coopération entre l'Irak et les États-Unis, qui a la forme d'une loi et ne peut être abrogé que par une autre. Les États-Unis auront un an pour retirer leur armée après avoir été informés par écrit par l’Irak de la dénonciation de l'accord bilatéral.

Ce dimanche, 5 janvier, le parlement irakien a voté majoritairement en faveur d'un ensemble de décisions qui prévoient notamment l'expulsion des troupes américaines du pays après l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani, ainsi que la demande faite au gouvernement de mettre fin à toute présence militaire étrangère sur le territoire irakien.

«L'entrée des contingents de la coalition internationale en Irak a été motivée par une demande du gouvernement irakien dans le cadre d'une loi adoptée par le parlement (loi n°52-2008). Conformément à la constitution du pays, cette loi ne peut être abrogée que par une autre loi. Et ce vote qui a eu lieu ce dimanche, c'est un vote exigeant le retrait des forces étrangères, ce qui signifie les forces de la coalition internationale dirigée par les États-Unis», a déclaré Samir Ghattas.

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Il a expliqué que c’est pour cela que certaines factions, notamment les sunnites et les kurdes, étaient absentes lors du vote le 5 janvier.

«Ils comprennent qu'il s'agit seulement d'exiger le retrait des troupes, alors qu'il n'existe pas de projet de loi qui illustrerait la gravité de l'intention d'agir dans ce sens», a souligné l'expert.

Selon lui, ce vote et surtout une réponse politique à l'assassinat de Qassem Soleimani.

«Il faut aussi tenir compte du fait que, conformément à l'accord en vigueur, le retrait des troupes étrangères doit être effectué dans un délai d'un an après l'adoption de la nouvelle loi par le parlement», a indiqué le député.

L'accord d'amitié et de coopération

L'accord d'amitié et de coopération entre l'Irak et les États-Unis de 2008 prévoit la présence temporaire des forces militaires américaines à la demande de l’Irak et dans le plein respect de la souveraineté irakienne. Le traité stipule également que les États-Unis ne peuvent pas utiliser le territoire, l'air et l'espace maritime irakiens pour attaquer des pays tiers.

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En outre, les États-Unis ne devraient pas avoir de bases permanentes et s'efforcer d'avoir une présence militaire permanente en Irak. Outre la coopération dans le domaine de la sécurité, le même accord prévoit une coopération économique et culturelle.

La frappe américaine à Bagdad

Qassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods, unité d'élite des Gardiens de la révolution, a été tué dans une frappe aérienne à Bagdad, dans la nuit du 2 au 3 janvier, sur ordre du Président Donald Trump en personne, selon le Pentagone. Ce tir de drone qui a également tué Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires pro-Iran intégrés aux forces de sécurité.

La réaction de l’Irak

Le Parlement irakien a réclamé dimanche 5 janvier au gouvernement l'expulsion des troupes américaines du pays, où une faction pro-Iran a appelé les soldats irakiens à s'éloigner des bases où se trouvent les forces américaines, faisant redouter plus de violence encore.

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Le ministère irakien des Affaires étrangères a annoncé le 5 janvier avoir porté plainte auprès du Conseil de sécurité de l'Onu, après «des attaques américaines contre des bases irakiennes» et «l'assassinat de commandants militaires irakiens et amis».

Trump promet des sanctions

Commentant la décision du parlement irakien, Donald Trump a déclaré que son pays ne retirerait pas ses troupes tant que Bagdad n'aurait pas remboursé «une base aérienne extraordinairement chère».

Et de promettre des sanctions sérieuses en cas d’une position hostile de Bagdad à l’égard de Washington.

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