Burkina Faso: 43 personnes tuées dimanche 8 mars lors de plusieurs attaques dans le nord du pays

CC BY-SA 2.5 / Stefan Dressler / Sahel savanna in SW Burkina FasoSahel savanna in SW Burkina Faso, near Gbomblora on the road from Gaoua to Batié.
Sahel savanna in SW Burkina Faso, near Gbomblora on the road from Gaoua to Batié. - Sputnik France
Deux villages du nord du Burkina Faso, peuplés majoritairement de Peuls, ont été attaqués dimanche 8 mars. Selon le bilan officiel repris par l'agence France-Presse, 43 victimes sont à déplorer.

Quarante-trois villageois ont été tués dimanche 8 mars au cours de plusieurs attaques dans des localités du nord du Burkina Faso, a annoncé le lendemain lundi le gouvernement dans un communiqué. Des sources locales précisent à l'AFP qu'il s'agissait d'attaques de groupes d'autodéfense en représailles aux actions djihadistes.

«Dimanche [8 mars, ndlr], des attaques ont été perpétrées dans les villages de Dinguila et Barga situés dans la commune de Barga, province du Yatenga (Nord). Le bilan provisoire fait état de 43 victimes», selon le ministre de la Communication, Remis Fulgance Dandjinou.

Des sources locales, jointes par l'AFP, indiquent qu'il s'agit de villages où vivent majoritairement des Peuls, souvent accusés d'être proches des djihadistes.

«Les blessés, au nombre de six, ont été transportés au Centre hospitalier régional de Ouahigouya où ils ont été pris en charge. Les Forces de Défense et de Sécurité ont été immédiatement déployées sur les lieux pour sécuriser les villages attaqués», a précisé le ministre Dandjinou.

Ce dernier n'a pas fait référence aux groupes d'autodéfense ou aux communautés peules.

«Le Gouvernement condamne avec la plus grande fermeté cette attaque odieuse (...). Le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouahigouya a par ailleurs été saisi [...] tout est mis en oeuvre pour ramener le calme et la sérénité dans les villages touchés», a-t-il déclaré.

Les ministres chargés de la Défense nationale et de l'Administration territoriale ont été envoyés «sur les lieux pour apporter le réconfort du gouvernement aux populations meurtries et faire le point sur la situation».

«Ce sont des groupes d'autodéfense qui agissent en représailles aux attaques djihadistes», a indiqué une source locale à l'AFP, confirmant la version donnée par d'autres.

Situation dans le nord du pays

Le nord du Burkina Faso est en proie à de fréquentes attaques djihadistes, rappelle l’agence de presse.

À l'instar de ce qu'il se passe au Mali, au Niger, au Nigeria et même en Côte d'Ivoire, les tensions dégénèrent périodiquement en violences entre communautés agricoles et Peuls éleveurs, souvent nomades, présents dans toute l'Afrique de l'Ouest.

Street Scene - Dori - Sahel Region - Burkina Faso - Sputnik France
Une vingtaine de civils tués dans une attaque dans le nord du Burkina Faso
Certains Peuls ayant rejoint les groupes djihadistes, qui ont tué plus de 800 personnes depuis 2015 au Burkina Faso, il est fréquent d'entendre des Burkinabè faire l'amalgame entre djihadistes et Peuls.

Les groupes djihadistes attisent ces tensions, et les représailles contre les Peuls se sont multipliées en 2019.

En janvier 2019, des individus armés non identifiés avaient attaqué le village de Yirgou et tué six personnes, dont le chef du village. Cette attaque avait été suivie de représailles intercommunautaires, faisant 46 morts, selon un bilan officiel. Beaucoup plus, selon les ONG.

Les violences djihadistes, souvent entremêlées à ces conflits intercommunautaires, ont fait quelque 4.000 morts en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger, selon l'Onu.

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