Coronavirus: «ce qu'il faut, c'est presque une médecine de guerre» à la Pitié Salpêtrière

© AP Photo / Thibault CamusCameras of the French media are placed in front of the entrance of the La Pitie Salpetriere Hospital where former French President Jacques Chirac has been hospitalized with a lung infection, in Paris, Monday, Sept. 19, 2016.
Cameras of the French media are placed in front of the entrance of the La Pitie Salpetriere Hospital where former French President Jacques Chirac has been hospitalized with a lung infection, in Paris, Monday, Sept. 19, 2016. - Sputnik France
En première ligne face au coronavirus, l’hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière doit sans cesse s’adapter à la propagation de l’épidémie. Deux médecins en charge des services des maladies infectieuses et de réanimation ont expliqué à Europe 1 la situation à laquelle fait face le personnel soignant.

Depuis l’apparition des premiers cas de coronavirus en France, l’hôpital de la Pitié Salpêtrière se trouve au cœur de la lutte contre l’épidémie. Cet établissement a vu le premier mort français, des vols massifs de masques et une rapide saturation de ses services, lesquels ont dû s’adapter et s’organiser en fonction de l’arrivée des patients. Alexandre Bleibtreu, médecin du service d’infectiologie, a témoigné auprès d’Europe 1 sur la situation.

«Normalement, on a sept lits dédiés pour ce genre de pathologie, et on est passé à 56 lits». Au service des maladies infectieuses et tropicales, 40 patients sont atteints du coronavirus, a-t-il indiqué à la radio. Tout le personnel y est équipé de masques. Et d’ajouter: «Ce qu'il faut, c'est s'adapter, qu'il y ait presque une médecine de guerre».

Une forte mortalité chez les patients en réanimation

Les cas les plus graves sont transférés au service de réanimation, où les 15 lits disponibles sont déjà occupés par des malades dans un état critique. Selon Alexandre Demoule, qui travaille dans cette unité, la mortalité des patients en réanimation y est de 35 à 45%, là où elle est de 60% en Chine. La plupart ont «entre 50 et 60 ans, en surpoids, avec un diabète ou une immunosuppression», a-t-il précisé.

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Après la réorganisation de plusieurs unités, l’hôpital de la Pitié Salpêtrière devrait être capable d’offrir à lui seul plus de 100 lits, a assuré le médecin. «On a de quoi faire face à une épidémie d’une certaine ampleur», a-t-il conclu.

Les mesures du gouvernement

Afin de lutter contre la propagation du coronavirus et donc de soulager la charge des hôpitaux, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures de grande ampleur. Comme l’a annoncé jeudi Emmanuel Macron, les établissements scolaires seront fermés à partir de lundi. Les employés sont invités à recourir le plus possible au télétravail et les indemnités seront prises en charge par l’État. De plus, Édouard Philippe a annoncé que les rassemblements de plus de 100 personnes étaient désormais interdits.

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