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Émeutes urbaines: la hiérarchie policière ordonne «d’éviter le contact, la confrontation avec les perturbateurs»

© AFP 2021 GEOFFROY VAN DER HASSELTEmeutes en banlieue : policier à Villeneuve-la-Garenne
Emeutes en banlieue : policier à Villeneuve-la-Garenne - Sputnik France
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Les violences urbaines se multiplient. Si un accident dans la cité sensible de Villeneuve-la-Garenne a mis le feu aux poudres, les communes les plus paisibles sont désormais elles aussi touchées. Sur le terrain et selon les informations obtenues par Sputnik France, les policiers d’Ile-de-France ont reçu l’ordre d’éviter le contact.

Sur les ondes de la police, les appels se multiplient dans les Yvelines. Il faut dire que la situation s’aggrave, même à Versailles, ville paisible par excellence: dans le quartier sensible de Jussieu, un guet-apens a été tendu aux forces de l’ordre. Des poubelles jetées en travers de la chaussée ont été incendiées pour attirer une voiture de la BAC (Brigade anticriminalité). Dès la descente de leur véhicule, les agents sont pris sous des tirs de mortier d’artifice, à courte portée, provenant d’individus cachés sur un parking. En tout, ils sont une quinzaine d'assaillants. La voiture est touchée par les tirs et, dans le chaos, un agent se retrouvé isolé. Seul, il a dû traverser la cité à pied sous les tirs de feux d’artifice, avant d’être exfiltré et de revenir avec des renforts.

Appel à la prudence ou manque de fermeté?

Mantes-la-Jolie, Créteil, Conflans, Champigny, Trappes et ici Versailles (78): les incendies de voiture, de poubelles ou même d’école et les tirs de mortiers d’artifice contre les forces de l’ordre s’étendent. Du côté de la préfecture des Hauts-de-Seine (92), les incidents seraient «sporadiques» et leur nombre en baisse par rapport aux nuits précédentes.

CRS au Mirail, Toulouse - Sputnik France
Émeutes dans les banlieues: résignés, les policiers s’attendent au pire
La situation n’a heureusement et selon toute vraisemblance pas atteint le niveau des émeutes de 2005, mais elle semble pour le moins critique sur le terrain, en pleine pandémie de Covid-19. La hiérarchie policière apparaît d'ailleurs bien moins confiante dans sa communication interne. Nous avons en effet eu accès aux consignes adressées aux policiers parisiens pour la nuit du 21 au 22 avril, consignes toutefois identiques pour tous les départements relevant de l’autorité de la préfecture de police. Les messages radio étaient clairs:

«Il est demandé d’éviter le contact, la confrontation avec les perturbateurs, notamment pour les interventions ne présentant pas de danger immédiat, afin d’éviter tout blessé parmi les forces de l’ordre ou les perturbateurs. Il est également demandé de faire usage de manière raisonnée et raisonnable des moyens de force intermédiaire.»

Du côté des policiers, on ironise sur l’euphémisme «perturbateurs», néologisme désignant selon les agents les délinquants pyromanes qui s’attaquent à leurs collègues.

Tir au mortier d'artifice à Villeneuve-la-garenne - Sputnik France
Emeutes dans les zones sensibles: «Ça va prendre en cascade dans beaucoup de quartiers»
Hier, 21 avril, l’ancien préfet Michel Aubouin nous déclarait que les violences allaient «prendre en cascade dans beaucoup de quartiers», avant d’ajouter que l’émeute avait «pour fonction le contrôle du territoire.» Cette nuit à Villeneuve-la-Garenne (92), selon la correspondante de Sputnik présente sur place, il était en effet impossible aux forces de l’ordre, pourtant nombreuses, d’entrer dans la cité. L’option choisie par l’exécutif semble de contenir les troubles, et pas davantage.

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