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«Insurrection armée»: VA révèle un rapport secret sur les émeutes après la mort d’Adama Traoré

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Valeurs Actuelles a révélé le contenu d’un rapport secret de la gendarmerie sur les émeutes qui s’étaient produites après la mort d’Adama Traoré, en juillet 2016. Le document évoque la sidération des forces de l’ordre et la prise en compte de la dimension politique des émeutes.

Un rapport ultra-confidentiel sur les violences urbaines consécutives au décès d’Adama Traoré en juillet 2016 faisait état de la «sidération» des forces de l’ordre et d’une «série d’échecs tactiques successifs» dans la gestion de la crise, rapporte Valeurs actuelles qui a pris connaissance du document.

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Selon l’auteur de ce rapport de 20 pages, l’intensité de la violence était «identique à celle de Villiers-le-Bel» en novembre 2007, et «la défaite» n’a été évitée que grâce à «l’arrivée massive» des policiers de la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Val d’Oise.

«Le moral des militaires est bas et certains ne comprennent pas pourquoi il n’y a pas eu d’ordre de tirer», est-il souligné dans la partie consacrée à la «première phase» des évènements, celle de la «sidération» (19-20 juillet).

«Un véritable traumatisme»

Lors de la seconde phase, dite de «la reconquête» (20-24 juillet), le moral de la troupe avait été «regonflée» grâce à «l’application d’un dispositif de surmobilité». Néanmoins, les épisodes successifs de violences ont suscité «un véritable traumatisme tant pour les médias que pour les habitants».

«La peur des habitants s’est traduite concrètement par un tir d’arme à feu sur les gendarmes, le tireur croyant avoir affaire à des casseurs», indique l’auteur du rapport.

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La troisième phase, celle de la «désescalade» et du «retour au calme», s’avère «la plus difficile»: «Les militaires sont fatigués nerveusement et les autorités hypersensibles», détaille le document. «Dans cette phase, la sémantique est essentielle. […] L’effet majeur est de diffuser de la sérénité, tout le reste est inaudible».

Consignes pour l’avenir

Passée l’étape du constat, l’auteur avance plusieurs préconisations: «La manœuvre sous le feu des unités en violence de type urbain est à revoir en profondeur. […] Hors tirs d’arme de guerre ou de calibre de chasse au gros gibier, il faut s’affranchir du schéma classique de fixer et d’attendre les unités spécialisées qui arrivent tardivement, généralement après l’événement, laissant pendant cet intervalle le champ libre aux casseurs».

Selon lui, le schéma idéal «relève du combat d’infanterie (fixer, déborder, aborder, réduire)». «Les consignes de riposte doivent être claires, excepté un blessé grave ou des tirs répétés de gros calibre avec une identification confirmée de l’auteur, aucune riposte entraînant un mort dans les rangs adverses ne pourra être politiquement recevable», insiste-t-il avant de conclure que les émeutes de Persan-Beaumont «constituent, à ce jour, un cas unique d'engagement en zone gendarmerie métropolitaine sur une typologie d'insurrection armée dans des cités».

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