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Vivre sous une «cloche de verre»: une solution pour ceux privés d’odorat à cause notamment du Covid-19

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Le handicap de la perte de l’odorat équivaut à vivre «sous une cloche de verre», l’une des causes pouvant être le Covid-19. Il n’a pas de traitement propre. Jean-Michel Maillard, anosmique, parle à Sputnik de son protocole, qu’on peut suivre indépendamment pour faire redécouvrir les odeurs et sortir de ce sas.

Depuis le début de l’épidémie, les Français ont «découvert [leur] odorat», se sont rendu compte que ce sens était important et qu’on pouvait le perdre. Les cas fréquents d’anosmie due au coronavirus, surtout celle qui persiste après la guérison, a mis en avant l’association de Jean-Michel Maillard, Anosmie.org.

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Privé de son odorat après un accident, il a élaboré un programme de rééducation olfactive pour tous ceux qui en souffrent comme lui, peu importe la cause (traumatisme crânien, infection virale, exposition à une substance chimique, etc.). Dans une interview à Sputnik, il décrit le procédé qu’il a suivi lui-même et qui lui a permis de réapprendre à sentir quatre odeurs jusqu’ici.

Dans le cas de Jean-Michel Maillard, c’est un traumatisme crânien: il est tombé sur l’arrière de la tête, abîmant les liaisons nécessaire pour ressentir les odeurs. La plupart des patients atteints de Covid-19 subissent une perte brutale de l’odorat, sans nez bouché, qui revient tout aussi brusquement dans certains cas. Ou pas.

«Coupé du monde»

Selon des ORL américains, la fente olfactive (partie du nez responsable de la perception des odeurs) se retrouve bloquée. Par conséquent, pas de respiration bloquée, mais plus d’odeurs… La persistance de l’anosmie s’explique, pour l’instant en théorie, par une puissante réponse immunitaire qui détruit ou endommage les neurones olfactifs.

 

«D’abord vous ne comprenez pas. C’est bizarre, j’ai perdu l’odorat, ça fait drôle, mais ça ne vous inquiète pas», se rappelle le président d’Anosmie.org. «Au fur et à mesure que vous allez consulter le corps médical vous vous apercevez que eux-mêmes n’ont aucune solution pour vous. Est-ce que ça va revenir, on ne sait pas.»

Perdu, on vit «coupé du monde, sous une cloche de verre». Dans l’espoir de réveiller ou faire se régénérer les neurones, M.Maillard, avec Hirac Gurden, directeur de recherche en neurosciences au CNRS, a rédigé un protocole de renouvellement des neurones olfactifs à partir des travaux du scientifique allemand Thomas Hummel.

Rééducation en six odeurs

Ce renouveau se fait «par la stimulation de l’odorat»: «Il y a deux exercices dans la journée -un le matin, un le soir- de cinq minutes où vous devez respirer six odeurs».

Ces huiles essentielles «ne sont pas choisies au hasard. Ce sont les odeurs que les chercheurs ont établies parce qu’elles couvrent le champ olfactif: la rose, l’eucalyptus, le citron, le girofle, la menthe poivrée et la graine de café».

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Les odeurs sont très faiblement dosées, 2% d’huile essentielle dans six flacons identiques. Au début, il ne faut pas savoir ce que vous allez sentir.

On respire chaque huile pendant quelques secondes et «ensuite notre protocole propose trois choix: soit je détecte quelque chose de manière certaine, soit je crois que je détecte quelque chose mais je ne suis pas sûr, et la troisième possibilité est que je ne détecte absolument rien. Une fois que vous avez classé vos flacons, vous regardez les numéros qui sont dessous et inscrivez le résultat avec le numéro dans votre petit carnet», explique M.Maillard.

Sans contrôle

Pendant 12 semaines, presque trois mois, on note les résultats le matin et le soir. Les exercices proposés peuvent être faits indépendamment, sans médecin ni contrôle, bien qu’il soit possible de contacter l’association pour demander un conseil.

Afin de faire renaître la bibliothèque olfactive, l’association se penche aujourd’hui sur la deuxième version avec six nouvelles odeurs. Le CNRS indique que 5% de la population est anosmique, pointe M.Maillard.

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Son propre résultat est de reconnaître quatre odeurs sur six au bout de 12 semaines, alors que le point de départ était une odeur qu’il détectait mais ne reconnaissait pas. «Au bout de neuf-dix semaines je trouvais la rose. Le citron et le girofle je ne les ai jamais détectés», raconte-t-il.

«Être privé d’odorat pendant quelques semaines ce n’est pas grave. Il est grave d’être privé de l’odorat au bout de quelques mois, années», poursuit-il. «Vous êtes avec vos amis, votre famille, mais vous ne vivez pas du tout la même chose qu’eux.»

«C’est un handicap qui s’installe petit à petit», que certains cachent en ayant honte et ne pouvant pas expliquer l’immensité de la perte, souvenirs et émotions restant inaccessibles.

Or, la rééducation «ne redonne pas l’odorat, ce n’est pas un miracle», prévient M.Maillard. «Mais ça peut vous donner quelques sensations». Et «de petites sensations, ce sont de petites émotions.»

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