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En Tunisie, l'État pourrait ne «plus payer les salaires et fournir l’eau et l’électricité», prévient Ghannouchi

© AP Photo / Hassene DridiRached Ghannouchi, président du parti islamiste tunisien Ennahda
Rached Ghannouchi, président du parti islamiste tunisien Ennahda - Sputnik France
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La Tunisie est durement frappée par la crise économique, lâchait hier le Président du parlement Rached Ghannouchi, alertant sur le risque que l’État ne puisse plus payer les salaires des 800.000 fonctionnaires et répondre aux besoins de la population en eau et électricité.

La crise économique générée par le Covid-19 impacte la Tunisie, et particulièrement les secteurs de l’industrie et du tourisme, poumons de l’économie du pays. Le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) Rached Ghannouchi a déclaré mercredi 5 août lors d’une réception au siège de son parti Ennahdha que l’État était dans un tel état de déficit qu’il pourrait ne plus subvenir aux besoins de la population. L’eau, l’électricité et les salaires des fonctionnaires ont notamment été évoqués.

«Le plus grand problème auquel fait face le gouvernement est la situation économique et sociale à cause du nombre croissant de pauvres et de démunis», souligne M.Ghannouchi qui prévient qu’«il y a un risque que l’État ne puisse plus payer les salaires des fonctionnaires et fournir l’eau et l’électricité à la population».

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Le Président du Parlement a pointé l’exclusion sociale que certains, sans les nommer, pratiquent dans le pays, ainsi que la dévalorisation, d’un point de vue moral, de l’importance du travail comme les deux principales raisons de la crise économique que traverse la Tunisie.

Le constat du chef du gouvernement

En juin, le chef du gouvernement démissionnaire Elyes Fakhfakh avait laissé entendre lors d’un entretien sur la Chaîne 9 tunisienne que l’État pourrait recourir à la baisse des salaires des fonctionnaires et des pensions de retraite pour juguler la crise.

Et d’expliquer qu’en raison de l’impact de la crise du Covid-19, la récession sera «de -4,3% et il est probable que ça s’aggrave, car la croissance ralentit aussi dans les pays avec lesquels nous traitons», annonçant que les recettes fiscales de l’État allaient baisser de 4,5 milliards de dinars (1,4 milliard d’euros).

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Ainsi, la Tunisie est endettée «à hauteur de 60%» de son PIB, elle «est hypothéquée à l’étranger et sa cotation est des plus faibles», détaillait Elyes Fakhfakh, avisant que «si les caisses sociales restent dans la situation actuelle, les retraites ne pourront plus être payées dans leur totalité et les salaires du public [800.000 fonctionnaires au total, ndlr] seront réduits». Il avait par ailleurs écarté toute idée de recours à l’endettement extérieur.

Le tourisme et l’industrie dans la tourmente

Selon les statistiques annoncées mercredi 5 août par la Banque centrale de Tunisie, les recettes du secteur du tourisme ont chuté de 56% depuis le début de l’année. Elles se sont établies à 1,2 milliard (374 millions d’euros) de dinars contre 2,8 milliards (871 millions d’euros) pour la même période en 2019.

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Fin juin, le ministre de l’Industrie et des PME Salah Ben Youssef faisait savoir dans une déclaration au site d’information L’Économiste maghrébin que «l’activité industrielle va baisser de 30% en 2020». «Les filières les plus touchées par la crise liée au coronavirus sont celles des composantes aéronautiques et automobiles», précisait-il.

M.Ben Youssef expliquait alors que cette situation était le résultat de la baisse des exportations, des blocages des réseaux d’approvisionnement et de la chute de la demande. À titre d’exemple, il citait le secteur du textile. Enfin, le ministre alertait qu’environ «270.000 emplois» étaient menacés en raison du nombre important d’entreprises touchées par la crise du coronavirus.

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