Procès de Khaled Drareni: «Il ne s’agit pas du libre exercice de la profession de journaliste», affirme Alger

© AFP 2022 RYAD KRAMDIKhaled Drareni
Khaled Drareni - Sputnik France
Le ministre algérien de la Communication Ammar Belhimer a déclaré au journal El Likaa que le journaliste Khaled Drareni n’était pas poursuivi dans le cadre «du libre exercice de sa profession», soulignant qu’il était «contre l'emprisonnement des journalistes».

Mardi 8 septembre s’est ouvert au tribunal de Sidi M’Hamed à Alger le procès en appel du journaliste Khaled Drareni, correspondant de TV5 Monde et de Reporters sans frontières (RSF) en Algérie. À cette occasion, le ministre algérien de la Communication Ammar Belhimer a affirmé dans un entretien accordé au journal arabophone El Likaa que M.Drareni n’était pas poursuivi dans le cadre «du libre exercice de son métier». Suite à sa condamnation le 10 août en première instance, ses avocats ont affirmé à la presse qu’«étant journaliste, Khaled Drareni n’a commis aucune infraction. Il n’a fait que son métier de journaliste en couvrant les manifestations pacifiques», rapportait Tout sur l’Algérie (TSA).

«Il ne s’agit pas, selon la qualification des faits, du libre exercice de la profession de journaliste», a déclaré le ministre, soulignant qu’«il n’y a pas de détenus d’opinion en Algérie. Le journaliste se soumet, à l’instar des autres citoyens, à la loi».

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Et d’ajouter que le ministère de la Communication «est contre l'emprisonnement des journalistes», assurant qu’il sera «d'un appui fort aux journalistes professionnels».

Par ailleurs, Ammar Belhimer a précisé qu’«en tant que ministère, nous nous abstenons de commenter une décision rendue par la justice». «Le recours est le seul cadre approprié pour un traitement juste de ce dossier, qui offre à la défense la possibilité d’interjeter appel de la décision rendue par la justice, loin de toute intervention, politisation ou manipulation», a-t-il fait savoir.

Une précision du ministère

Auparavant, le ministère de la Communication avait informé dans un communiqué publié sur son site que Khaled Drareni «n’a jamais été détenteur de la carte de presse prévue par l’article 76 de la loi organique 12-05 relative à l’information du 12 janvier 2012».

Et de préciser qu’«aucune demande n’est parvenue à cet effet aux services compétents du ministère de la part de Khaled Drareni».

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La note du ministère indiquait également qu’«aucun organe ni institution indépendante ayant diffusé ses couvertures et commentaires n’a sollicité des autorités compétentes la délivrance de l’accréditation préalable requise à l’effet de l’employer, en application de l’article 81 de la loi organique [12-05, ndlr]».

«Drareni a refusé tout ce chantage»

Lors d’un point presse à Alger, Me Abdelghani Badi, membre du collectif de défense du journaliste, a dénoncé les «interférences» politiques dans cette affaire. Des interférences qui sont selon lui «pour beaucoup dans la lourde peine dont il a écopé», relate TSA.

«Drareni a fait l’objet d’opérations de chantage», assure-t-il, expliquant qu’«avant son arrestation, […] il a été interpellé quatre fois par différentes sections sécuritaires pour l’amener à laisser tomber le travail libre qu’il entreprenait».

«Drareni a refusé tout ce chantage pour l’amener à cesser de couvrir le Hirak et a insisté pour transmettre la parole libre en toute objectivité à l’opinion», fait savoir l’avocat, ponctuant que «c’est ce qui a amené les autorités à arrêter Drareni parce qu’il a refusé tous ces chantages».

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«Khaled Drareni a été arrêté à cause de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, comportant les slogans des Algériens durant le Hirak sans commentaire dans le cadre de son travail de journaliste», a indiqué Me Abdelghani Badi.

Lors du procès en appel mardi 8 septembre, le parquet a requis quatre ans de prison ferme et 50.000 dinars (330 euros) d’amende contre le journaliste Khaled Drareni et les militants Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, également jugés dans le cadre du même procès.

En première instance, lundi 10 août, Khaled Drareni a été condamné à une peine de trois de prison ferme assortie d’une amende de 50.000 dinars. Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche ont quant à eux écopé d’une peine de deux ans de prison, dont quatre mois ferme, assortie d’une amende de 50.000 dinars.

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