«Je me barre, je n’ai rien à foutre ici!»: Bernard Tapie s’emporte à l’ouverture de son procès en appel

© AFP 2022 THOMAS SAMSONBernard Tapie
Bernard Tapie - Sputnik France
Au premier jour de son procès en appel pour «escroquerie» le 12 octobre, Bernard Tapie a menacé de quitter la salle peu après l'ouverture de l'audience après s’être vu interdire de s’exprimer sur la revente d'Adidas dans les années 1990 à l’origine de son litige avec le Crédit Lyonnais, avant de se raviser à la demande de son avocat.

Bernard Tapie était en colère lundi 12 octobre, menaçant de quitter la salle quelques minutes après l'ouverture de l'audience au premier jour de son procès en appel consacré à l’examen des nullités soulevées par la défense, rapporte L’Obs.

«Je me barre. La comédie, ça fait quinze ans que ça dure. Je me barre, je n’ai rien à foutre ici!», lâche-t-il de sa voix cassée après que la magistrate lui a interdit de s’exprimer sur la revente d'Adidas dans les années 1990, à l’origine de son litige de longue date avec le Crédit Lyonnais.

Ces paroles prononcées, l’homme d’affaires, 77 ans, atteint d’un double cancer de l'estomac et de l'œsophage, tourne le dos à la présidente de la cour d'appel, jette son masque au sol et va chercher son manteau et son écharpe. Mais son avocat Hervé Temime le rattrape par la manche et le fait rasseoir.

«Je le dis comme je pense, Bernard Tapie n’est sans doute pas en état de comparaître aujourd’hui. Si cela ne tenait qu’à moi, il ne serait pas là. Les efforts qu’il fait méritent qu’il soit entendu», explique son avocat, rappelant à la magistrate son devoir d’impartialité.

Retour devant les juges

Le nouveau procès dans l'affaire de l'arbitrage qui a octroyé 403 millions d'euros à Bernard Tapie en 2008 pour solder son litige avec le Crédit lyonnais, annulé au civil pour «fraude», a été intenté par le parquet de Paris qui a fait appel, considérant que l’opération a été «truquée» et requérant des peines d'emprisonnement contre cinq des six prévenus, dont cinq ans ferme contre Bernard Tapie pour «escroquerie» et «détournement de fonds publics».

Une relaxe prononcée

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé le 9 juillet 2019 le patron du groupe de médias La Provence, le PDG d'Orange Stéphane Richard et quatre autres prévenus, estimant qu'«aucun élément du dossier ne permet d'affirmer» que cet arbitrage ait fait l'objet de «manœuvres frauduleuses» ou d'une quelconque «fraude».

Les juges n'avaient pas retenu le «détournement de fonds publics» ou la complicité reprochés aux prévenus dans ce délit, jugeant l'escroquerie non caractérisée.

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