Une commission parlementaire occidentale parle pour la première fois de «génocide» des Ouïghours

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Une commission parlementaire canadienne a qualifié de «génocide» les actes commis par la Chine à l’encontre des Ouïghours. Les députés appellent le gouvernement canadien à reconnaître cet état de fait et à sanctionner Pékin.

La minorité ouïghoure ainsi que d’autres musulmans turciques du Xinjiang sont victimes d’un «génocide» de la part des autorités chinoises, a affirmé dans un communiqué le sous-comité des droits internationaux de la personne, organe issu du parlement canadien.

Les députés précisent en être arrivés à cette conclusion après avoir auditionné «des chercheurs, des membres de la société civile et de nombreux survivants des atrocités commises par le gouvernement chinois». C’est la première fois qu’une commission parlementaire d’un régime démocratique utilise le terme de «génocide» pour qualifier les faits.

Détention et limitation des naissances

Parmi les crimes reprochés au gouvernement chinois, la commission parle notamment de «détention de masse», et précise que plusieurs témoins ont utilisé l’expression de «camp de concentration». Les détenus de ces structures sont victimes de «mauvais traitements psychologiques, physiques et sexuels», souligne encore la commission.

Les députés canadiens dénoncent également un système de limitation des naissances mis en place à l’encontre des Ouïghours. Selon eux, le Parti communiste chinois (PCC) a «recours à des moyens inhumains contre les femmes et les filles pour réduire le taux de natalité». Il est notamment question de «stérilisations et d’avortement forcés», ainsi que d’utilisation obligatoire de moyens contraceptifs.

Appel au gouvernement

La commission parlementaire, formée de députés issus de différents bords politiques, appelle désormais le gouvernement canadien à reconnaître «que les actes perpétrés contre les Ouïghours au Xinjiang constituent un génocide».

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Le sous-comité invite en outre le Canada à «intervenir immédiatement pour que cessent les agressions de la Chine» à l’encontre de ces minorités. Pour ce faire, l’application de sanctions est évoquée, notamment contre les représentants gouvernementaux chinois «responsables de violations graves des droits fondamentaux».

Les relations diplomatiques entre Ottawa et Pékin se sont tendues ces dernières semaines, après que l’ambassadeur chinois au Canada a mis en garde le gouvernement Trudeau contre l’accueil de réfugiés venus de Hong Kong. Suite à cette sortie, le chef du Parti conservateur Erin O'Toole avait exigé dans un communiqué l’expulsion de l’ambassadeur chinois, si celui-ci ne présentait pas des excuses publiques.

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