Des élus français se rendent au Haut-Karabakh, Bakou proteste, selon Nouvelles d’Arménie

© Photo Pixabay / MakaluArménie, Erevan
Arménie, Erevan - Sputnik Afrique
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Quinze élus de l’Assemblée nationale française, arrivés en Arménie ce week-end, comptent se rendre dans la république autoproclamée du Haut-Karabakh pour étudier la situation sur place, relate le magazine Nouvelles d’Arménie. L’Azerbaïdjan a qualifié cette visite de provocation.

Une délégation de 15 parlementaires français est arrivée le 24 octobre à Erevan et compte aller dans la république autoproclamée du Haut-Karabakh où des combats entre les forces arméniennes et azerbaïdjanaises se déroulent depuis le 27 septembre, a annoncé le magazine Nouvelles d’Arménie.

Selon l’édition, les élus, qui représentent plusieurs partis français, ont l’intention d’étudier la situation sur place.

Dimanche matin, les parlementaires français, ainsi que l’ambassadrice d’Arménie en France Hasmik Tolmadjian, l’ambassadeur de France en Arménie Jonathan Lacôte, et le chef du groupe Mon Pas au parlement arménien, Vladimir Vardanian, ont visité le mémorial du génocide arménien de 1915 à Erevan et se sont recueillis devant la flamme éternelle, relate le média.

La chef du groupe parlementaire arménien Arménie lumineuse, Edmon Maroukian, a annoncé sur Facebook qu’il s’attendait aux visites de délégations parlementaires en provenance de Russie et des États-Unis.

Ces deux pays, tout comme la France, sont co-présidents du Groupe de Minsk de l’OSCE pour le Haut-Karabakh.

L’Azerbaïdjan parle d’une provocation

Selon Nouvelles d’Arménie, Hikmet Hajiev, assistant du Président azerbaïdjanais Ilham Aliev, a condamné la visite des quinze élus de l’Assemblée nationale française en Arménie et au Haut-Karabakh.

«La visite de la délégation parlementaire française en Arménie et dans les territoires occupés de l’Azerbaïdjan est unilatérale et partiale, alors que l’agression militaire de l’Arménie contre l’Azerbaïdjan se poursuit», a indiqué le responsable cité par le magazine.

Il a accusé les parlementaires de faire de la provocation et exigé que Paris adopte une attitude neutre.

Escalade au Haut-Karabakh

Les combats durent depuis le 27 septembre au Haut-Karabakh. L'Arménie et l'Azerbaïdjan s'accusent mutuellement d'avoir provoqué la reprise des hostilités dans la zone du conflit gelé depuis des années. La République autoproclamée du Haut-Karabakh fait état de bombardements visant ses villages et sa capitale, Stepanakert. L'Arménie a déclaré la loi martiale et, pour la première fois, la mobilisation générale, affirmant qu'Ankara soutenait activement Bakou. L’Azerbaïdjan a décrété une mobilisation partielle et la loi martiale dans certaines régions.

Le 9 octobre, à l’issue d’entretiens à Moscou avec la médiation russe, Erevan et Bakou ont convenu d’un cessez-le-feu -aux modalités à définir- à partir du 10 octobre, d'échanger les prisonniers et les corps des soldats tués. Mais les parties ont aussitôt commencé à s'accuser mutuellement de violations de l'accord. Une deuxième tentative d'organiser une trêve humanitaire a été faite dans la nuit du 17 au 18 octobre.

Un conflit qui prend ses racines à l’époque de l’URSS

Le conflit du Haut-Karabakh (Artsakh, en arménien) remonte à 1988, quand cette région peuplée en majorité d'Arméniens a décrété sa sortie de la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan. Quelques jours avant la disparition officielle de l'URSS, le 10 décembre 1991, 99,89% de la population du Haut-Karabakh s'est prononcée pour l’indépendance du Haut-Karabakh lors d’un référendum tenu en présence d'observateurs internationaux. Des hostilités d'envergure ont ensuite éclaté à l'issue desquelles l'Azerbaïdjan a perdu le contrôle du Haut-Karabakh et de sept districts attenants.

La guerre du Haut-Karabakh a fait quelque 15.000 victimes et près d'un million de réfugiés. Elle a pris fin le 12 mai 1994, suite à la signature à Bichkek d'un cessez-le-feu. Les parties belligérantes se sont entendues pour s'en tenir à un processus de paix négocié par le Groupe de Minsk de l'OSCE. Le conflit est resté gelé depuis mais le cessez-le-feu a été violé à maintes reprises, notamment en avril 2016 et le 27 septembre 2020.

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