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Covid-19 à l’école: «Blanquer ne fait que de l’incantation», des parents d’élèves étrillent la stratégie du gouvernement

© AP Photo / Francois MoriJean-Michel Blanquer
Jean-Michel Blanquer - Sputnik France
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Alors que des syndicats d’enseignants et des parents d’élèves craignent un éventuel rebond de l’épidémie et s’inquiètent de la détection en France de deux nouvelles souches du virus, Jean-Michel Blanquer a balayé l’idée d’un quelconque report de la rentrée scolaire. Une décision jugée incompréhensible par le collectif Écoles & Familles Oubliées.
«Il aurait fallu reporter de quelques jours, afin d’éviter la propagation du virus à l’école par les enfants infectés lors du brassage des fêtes, le temps aussi de lever l’incertitude sur la nouvelle variante.»

Lors de son entretien avec Sputnik, le collectif de parents École et Familles Oubliées ne décolère pas: Jean-Michel Blanquer n’a pas écouté leurs doléances. Le groupe de parents d’élèves avait pris sa plume mercredi 30 décembre pour demander au ministre de décaler la rentrée scolaire. Les inquiétudes sont nombreuses: la crainte d’un éventuel rebond de l’épidémie après les fêtes familiales de fin d’année, mais aussi la détection en France de deux nouveaux variants du SARS-CoV-2, venant d’Angleterre et d’Afrique du Sud.

Rebond de l’épidémie, virus mutants: les parents inquiets

D’autant plus que les déclarations de Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, ne les ont pas rassurés. Dans le JDD, il avait ainsi précisé que ces deux souches «toucheraient plus les jeunes». Jérôme Salomon a donc appelé à la prudence: il faut «qu’on soit très attentifs au milieu scolaire et universitaire.»

«Les enfants reviennent de différents endroits, en France ou à l’étranger», ce qui peut «rebattre les cartes de la situation épidémiologique», a-t-il prévenu.

Jérôme Salomon - Sputnik France
«La tendance est déjà préoccupante»: Jérôme Salomon s’inquiète des conséquences des fêtes de fin d’année
Malgré les préoccupations du directeur de la Santé, Jean-Michel Blanquer a préféré calmer les esprits. Sur BFMTV, le ministre a rappelé que le protocole sanitaire pourrait être accentué: «On est toujours capables d’ajustements dans le futur si nécessaire». Selon lui, le dispositif actuel a fait ses preuves, puisqu’avant «les vacances de Noël, nous avions un taux de contamination qui est de l’ordre de 0,3% [en milieu scolaire, ndlr]», s’est félicité le ministre de l’Éducation.

Protocole sanitaire «renforcé»: «rien n’a changé»

Thomas, enseignant dans un collège classé réseau éducation prioritaire (REP) en Seine–Saint-Denis, confirme à Sputnik que «rien n’a changé». Les professeurs n’ont reçu aucune nouvelle consigne de la part du ministère. Sur Twitter, certains ont d’ailleurs joué la carte de l’humour ne manquant pas de railler ce «protocole renforcé».

​L’enseignant explique qu’actuellement au collège, le port du masque est obligatoire pour les personnels et les élèves, du gel hydroalcoolique est disponible. Pour éviter que les élèves ne fassent trop de déplacements, ce sont les professeurs qui changent de classe. Une mesure qui n’est pas appliquée partout. En outre, les établissements doivent faire respecter une distanciation physique entre les élèves, «si possible», précise Thomas.

«Ce que je trouve choquant, c’est que l’on prétend appliquer une distanciation physique alors que tous les élèves viennent en cours. Le collège où j’enseigne est prévu pour 600 élèves, actuellement les effectifs montent à 700 élèves, ce qui veut dire qu’en ajoutant les personnels, on a entre 750 et 800 personnes potentiellement dans le collège», souligne l’enseignant syndiqué au SNES.

Pour Thomas, il est donc impossible «de respecter les consignes sanitaires dans ces conditions». La seule solution viable est selon lui de réduire les effectifs dans les classes.

L’exécutif «reste sourd aux recommandations des scientifiques»

De son côté, École et Familles Oubliées fustige également le fait que l’Éducation Nationale maintienne dans son protocole un dispositif de l’allègement de septembre, qui permet «un éventuel isolement des élèves, seulement si trois cas positifs ont été détectés dans la même classe, dans la même semaine», rappelle le groupe.

«Et même dans ce cas, pas de test pour les primaires: pour dire qu’il ne fait pas chaud, on casse le thermomètre!», déplore École et Familles Oubliées.

Manifestation des enseignants à Paris pour un renforcement du protocole sanitaire dans les écoles, le 10 novembre 2020 - Sputnik France
Grève sanitaire: «il est important de dénoncer cette mascarade de protocole sanitaire»
Autant d’éléments qui font dire au collectif qu’ils ont «le sentiment que le gouvernement ne joue pas la transparence». Selon eux, le gouvernement dit «appuyer ses décisions sur les autorités scientifiques, alors qu’en réalité, il reste sourd à leurs recommandations

Ils en veulent d’ailleurs pour preuve la note du Conseil Scientifique datée du 26 octobre, où les auteurs préconisent notamment des effectifs réduits, la mise en place de purificateurs d’air, la vérification de la température à l’entrée des écoles, ou encore l’organisation d’une surveillance active par des tests.

«Autant dire que nos demandes correspondent réellement aux recommandations scientifiques: Jean-Michel Blanquer ne fait que de l’incantation», tonne le collectif.

Le groupe de parents d’élèves estime que dorénavant, «scolariser nos enfants, ça revient aussi à renoncer, pour beaucoup d’entre nous, à fréquenter les grands-parents que l’on veut protéger

«Laisser le virus circuler à l’école de manière incontrôlée, persister dans le déni des contaminations d’enfants et leur contagiosité, c’est concrètement faire rentrer le virus dans les foyers, et des foyers à la société, quelles que soient les précautions prises par ailleurs», avancent-ils.

Alors, des familles décident de «reprendre la main» en agissant concrètement: «certaines ont fourni des capteurs de CO2 aux enseignants pour qu’ils aèrent de manière efficace», détaille le collectif. «C’est rassurant pour tout le monde, mais nous ne comprenons pas que la sécurité des enfants de la République dépende d’initiatives personnelles», se désolent-ils. Dans ce contexte, le groupe de parents ne cache pas que c’est «l’indignation et la colère qui dominent».

«On peine à croire que notre pays, le pays des droits de l’Homme, néglige à ce point la Loi sur la protection de l’enfance et met sur le même plan l’éducation et la santé. Comment tolérer que les familles soient mises en position d’arbitrer entre les deux? Il suffirait simplement de mettre des moyens sur l’école», conclut École et Familles Oubliées.
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