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Problème des retraites en Algérie: les cadres publics prennent «indûment le droit de 200 salariés», selon un sénateur

© Sputnik . Vladimir Perventsev / Aller dans la banque de photosAlger
Alger - Sputnik France
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«Chaque ancien ministre, ancien wali (préfet), chaque ancien haut cadre ou ancien élu prend indûment le droit de 200 salariés», a dénoncé le sénateur Abdelouaheb Benzaim lors d’une intervention à la Chambre, mettant au défi le ministre du Travail «de soulever ce problème pour une plus grande égalité sociale», selon une vidéo postée sur Facebook.

Alors que «le déficit abyssal» de la Caisse nationale des retraites (CNR) en Algérie constitue un des grands casse-têtes du gouvernement, le sénateur issu du Parti du Front de libération nationale (PFLN) Abdelouaheb Benzaim en pointe la cause, affirmant que chaque ex-haut responsable «de l’État prend indûment le droit de 200 salariés».

Il s’est exprimé lors d’une séance de questions-réponses organisée au Sénat en présence du ministre du Travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, El Hachemi Djaâboub, à en croire la vidéo de son intervention postée sur son compte Facebook.

«Mes propos ne vont peut-être pas plaire à certains mais je vais les dire: chaque ancien ministre, ancien wali (préfet), chaque ancien haut cadre ou ancien élu prend indûment le droit de 200 salariés», affirme le sénateur. «Je ne dis pas que ces derniers n’ont pas droit à la retraite, mais ils doivent continuer à travailler, comme tout le monde, jusqu’à l’âge de 65 ans [âge légal de départ à la retraite en Algérie, ndlr] avant de commencer à la toucher».

«Le déficit est là! Et on nous parle d’austérité»

Tout en appelant ses collègues et les haut responsables de l’État à faire preuve d’exemplarité en ces moments de crise économique et financière aggravée par l’épidémie de Covid-19, M.Benzaim a pointé les grandes disparités entre ce que touchent ces derniers et les simples salariés.

«Il n’est pas normal qu’un salarié doive attendre jusqu’à ses 65 ans après avoir travaillé durement durant 35 années, alors qu’il suffit qu’un ministre, un haut cadre ou un élu soit nommé pendant une durée de deux ans pour qu’une fois démis de ses fonctions il continue à toucher ses 200.000 (1.240 euros) ou 300.000 dinars (1.860 euros) du Trésor public», dénonce-t-il. Et d’ajouter qu’a contrario, à titre d’exemples, «les titulaires des contrats en pré-emploi travaillent jour et nuit pour un salaire de 5.000 dinars (31 euros)».

«Le déficit est là! Et on nous parle d’austérité», lance-t-il à l’adresse des responsables gouvernementaux et mettant au défi le ministre du Travail d’avoir «l’audace politique de soulever ce problème pour une plus grande égalité sociale».

Vers quelle évolution de la situation?

L’ex-ministre des Finances Mohamed Loukal avait indiqué, en novembre 2019 devant les députés lors d’une séance de questions-réponses relatives au projet de loi de finances 2020, que le déficit de la Caisse nationale des retraites était désormais estimé «à 700 milliards de dinars (5,3 milliards d’euros) par an».

«Avec l’absence de réserves à court terme et la non-application de réformes à moyen et long termes, il pourrait atteindre les 800 milliards de dinars [6 milliards d’euros, ndlr] en 2021 et se creusera avec une moyenne annuelle de 2,5%, voire 3% tout au long de la prochaine décennie», a-t-il affirmé, précisant qu’«il n’était plus possible de compter sur le concours du budget de l’État pour couvrir ce déficit de manière entière et permanente».
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