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La mère de Yuriy accusée d'exploitation de femmes de ménage ukrainiennes, selon Libération

CC0 / pascalhelmer / Le ménage
Le ménage - Sputnik France
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D’après une enquête menée par Libération, 11 femmes de ménage ukrainiennes ont travaillé illégalement pendant plusieurs années à Paris pour une conciergerie. Leur patronne n’est autre que la mère de Yuriy, l’adolescent tabassé mi-janvier. Cette dernière nie tous les faits qui lui sont reprochés.

Mal de dos, mal de jambes, mains abîmées par l’utilisation des produits ménagers: 11 femmes ukrainiennes ont travaillé illégalement dans des conditions difficiles de 2017 jusqu’à leur licenciement en mars 2020, en nettoyant notamment des appartements parisiens luxueux pour une entreprise de conciergerie. Certaines ont témoigné auprès de Libération, qui mène une enquête sur cette affaire depuis plusieurs mois.

«Au départ, on était embauchées seulement pour les fortes périodes touristiques comme Noël ou l’été. On arrivait pour la plupart avec un visa touristique», explique l’une d’elles. La gérante de V.I.P. Services-Conciergerie qui les employait leur promettait alors une régularisation et un CDI tout en les aidant à trouver un logement.

«En réalité, c’est tout un système de dépendance qui se mettait en place. Elle leur faisait miroiter une régularisation, les aidait à les domicilier voire leur proposait de leur sous-louer un logement lui appartenant, en ponctionnant le loyer directement sur le salaire. En échange, elles devaient travailler pour sa société», décrit Marilyne Poulain, membre de la CGT qui a accompagné ces femmes pour obtenir des droits.

Toutes ont porté plainte en novembre dernier, menant à l’ouverture d’une enquête pour «travail dissimulé», «travail illégal» et «traite des êtres humains». Outre leurs contrats non valides, leur travail non déclaré et les retards de paiement, elles dénoncent leurs conditions de travail, qu’elles qualifient d’«esclavagisme moderne».

Payées 50 euros par jour, ces femmes étaient chargées de nettoyer quatre à cinq appartements sur leur journée, parfois situés loin les uns des autres, au point de les obliger à faire des heures supplémentaires non rémunérées. «Et on ne pouvait pas prendre de pause non plus», déplore la plus âgée d’entre elles, 55 ans.

Un lien avec l’affaire Yuriy?

La présidente de V.I.P. Services-Conciergerie, sous-traitant de HostnFly, dédiée notamment au nettoyage d’appartements Airbnb, est en fait Nataliya Kruchenyk, la mère de Yuriy, l’adolescent qui a été tabassé le 15 janvier dans le XVe arrondissement de Paris par une bande de voyous, précise Libération. Pour les enquêteurs, ces deux affaires ne sont a priori pas liées. Contactée par le journal, cette dernière a affirmé que «ces accusations étaient fausses».

«J’ai donné tous les éléments. Le dernier rendez-vous que j’ai eu sur cette histoire a eu lieu hier au commissariat du XVe arrondissement. Ce qu’elles disent, ce sont des mensonges, j’ai déclaré tout le monde, les salariés racontent n’importe quoi», a-t-elle assuré.

Son domicile a pourtant été perquisitionné le 15 décembre 2020, poursuit le quotidien. «On a affaire à une exploitation par le travail, avec des durées de travail excessives et des conditions de travail dégradées», confirme une source proche du dossier. La société en question a été placée en liquidation judiciaire.

De leur côté, Airbnb et HostnFly déclinent toute responsabilité. L’un des cofondateurs d’HostnFly, Quentin Brackers, assure n’avoir jamais donné d’ordre direct aux salariés de ce sous-traitant. Airbnb promet d’ouvrir une enquête interne et affirme avoir «une tolérance zéro envers tout agissement assimilable à de l’esclavage moderne».

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