Une professeur de philosophie accusée d’islamophobie et de racisme pour avoir écrit «Je suis Samuel Paty»

Enseignante de philosophie dans une haute école bruxelloise, Nadia Geerts est la cible d’insultes et de menaces depuis plusieurs mois. En cause, un message publié en octobre en hommage à Samuel Paty et concernant ses positions sur le port du voile.

Depuis l’affaire Samuel Paty, en octobre 2020, l’enseignante belge Nadia Geerts se sent de moins en moins en sécurité. Outre l’enseignement de la philosophie, cette militante féministe et laïque a écrit pour Marianne et l’hebdomadaire belge Le Vif/L’Express. Un message sur Facebook en hommage à Samuel Paty et des articles relatifs au port du voile ont déchaîné un flot de haine à son encontre.

«Il y a trois mois et quelques jours, j’étais encore un prof heureux», écrit-elle dans sa note de blog du 20 janvier. «Aujourd’hui, je ne vois plus comment continuer, tout simplement».

Insultes sur la Toile

En octobre dernier, une première vague d’insultes lui a été adressée après qu’elle a écrit sur la page Facebook du Conseil étudiant «Je suis Samuel Paty», un message pour lequel elle a été qualifiée de raciste et islamophobe. Une semaine plus tard, la publication d’une carte blanche dans Le Vif/L’Express intitulée «Affaire Paty: Je n’en peux plus de vos “Oui, mais”» entraîne un nouveau déferlement d’insultes.

L’enseignante reproche dans un premier temps à la Haute école pédagogique où elle enseigne de ne pas l’avoir soutenue, tandis qu’une première réaction n’a eu lieu que deux mois plus tard: une réunion avec la direction et le Conseil étudiant, dont la page Facebook a été le théâtre d’une partie des insultes.

Port du voile

Au mois de janvier, le réseau Wallonie Bruxelles Enseignement (WBE) décide d’autoriser les signes convictionnels dans ses établissements. Connue pour son positionnement sur la laïcité, Nadia Geerts est pointée du doigt dans une dizaine de messages la qualifiant une nouvelle fois de raciste et d’islamophobe. L’enseignante et WBE déposent plainte pour «harcèlement et diffamation».

Malgré le soutien affiché publiquement d’autres enseignants et de personnalités politiques, Nadia Geerts craint désormais pour sa sécurité. «Maintenant que la haine à mon égard est libérée, comment pourrais-je encore avoir l’assurance que mon intégrité physique et morale est garantie, en tant qu’enseignante et citoyenne?», conclut-elle dans son blog, «il suffit d’un seul détraqué: il connaît mon nom, ma tête, l’adresse de mon école».

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