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L’armée algérienne pointe des ennemis «qui veulent nuire au pays», un politologue s’en prend à l’ambassadeur de France

© Photo Sputnik via le Ministère algérien de la Défense nationaleLe général Saïd Chanegriha, chef d'état-major de l'ANP, priant devant la stèle de Zighoud Youcef, l’un des grands architectes de la révolution algérienne contre le colonilaisme français
Le général Saïd Chanegriha, chef d'état-major de l'ANP, priant devant la stèle de Zighoud Youcef, l’un des grands architectes de la révolution algérienne contre le colonilaisme français  - Sputnik France, 1920, 10.02.2021
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«L’ambassadeur de France en Algérie a fait l’objet de plusieurs rapports médiatiques et sécuritaires qui font état de ses activités suspectes et douteuses», déclare le docteur Zoheir Bouamama à la chaîne Al Hadath, soulignant que c’est lui qui était visé par les accusations de la revue de l’armée algérienne.

Dans une déclaration à la chaîne Al Hadath, le docteur Zoheir Bouamama, spécialiste en études politique à l’université d’Alger, affirme que celui qui est visé par l’éditorial de la revue El Djeich (L’Armée), qui pointe des «parties étrangères» tentant «une ingérence» en Algérie à l’approche du 2e anniversaire du Hirak le 22 février, n’est autre que «l’ambassadeur de France à Alger, François Gouyette».

En effet, dans le contexte de l’absence du Président Abdelmadjid Tebboune, actuellement en Allemagne pour des soins médicaux, «l’ambassadeur de France en Algérie a fait l’objet de plusieurs rapports médiatiques et sécuritaires qui font état de ses activités suspectes et douteuses», affirme le docteur Bouamama.

«François Gouyette a fait des rencontres suspectes avec des journalistes et des parties politiques», ajoute l’expert, précisant que «le problème ne réside pas dans les rencontres en tant que telles, mais dans leur contenu et le contexte dans lequel elles interviennent».

Un dénominateur commun: «la période de transition»

Par ailleurs, Zoheir Bouamama explique que paradoxalement «les parties politiques et médiatiques qui ont accepté de rencontrer M.Gouyette partagent l’idée de la nécessité présumée d’une période de transition en Algérie et qui veulent faire du 22 février un rendez-vous pour "renverser la table" et remettre en cause tout le processus politique constitutionnel dans lequel le pays s’est engagé».

Et de se demander «pourquoi soudainement cette idée d’une période de transition est revenue d’une manière forte dans les déclarations de l’ambassadeur de France, notamment depuis qu’Emmanuel Macron l’a dernièrement évoquée?».

Le danger, selon le docteur Bouamama qui cite la revue El Djeich, est dans le fait qu’«il y a des raisons objectives et légitimes, économiques et sociales, qui peuvent amener le peuple à manifester massivement le 22 février», mais qui pourraient, selon lui, «être exploitées à des fins de déstabilisation du pays».

Qu’a dit El Djeich?

Dans le numéro de février, l’organe de l’Armée nationale populaire (ANP) affirme que l’adhésion du peuple pour la construction d’une nouvelle Algérie «n’a pas été du goût de certaines parties ennemies».

«Des parties étrangères», qui «par une conduite totalement contraire aux usages diplomatiques», «se sont adonnées à des actions, à tout le moins suspectes et désespérées, visant à nuire au pays et à le déstabiliser dans ce qui constitue une tentative flagrante d’ingérence dans nos affaires intérieures que notre pays rejette catégoriquement».

Dans le même sens, l’éditorial d’El Djeich, qui relate l’avis et l’orientation stratégique du haut commandement de l’ANP et du Président de la République, le chef suprême des Forces armées, ajoute que «ces parties […] s’attellent à la promotion de divers scénarios que le peuple algérien avait déjà fermement rejetés et condamnés, [et] tentent vainement, d’une manière ou d’une autre, de semer le chaos dans notre pays».

Les députés Amira Slim et Kamel Belarbi ont aussi accusé François Gouyette, également ex-ambassadeur de France en Libye (2008-2011) lors de l’intervention de l’Otan à l’instigation de la France qui a conduit à la chute et à l’assassinat du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, d’orchestrer une tentative «de déstabilisation» du pays. M.Belarbi a même appelé les autorités algériennes à enquêter sur les activités de l’ambassadeur et à forcer ceux qui l’ont rencontré à dévoiler le contenu des réunions «d’une manière précise et détaillée».

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