Votre inscription a été enregistrée avec succès!
Merci de cliquer sur le lien envoyé par courriel sur

Un influenceur américain risque 10 ans de prison pour des mèmes pro-Trump: «on est dans une société à la Orwell»

© AFP 2021 Eric Thayer/Getty ImagesL'adieu de Donald Trump
L'adieu de Donald Trump - Sputnik France, 1920, 12.02.2021
S'abonner
Après les trolls russes accusés par le gouvernement américain d’ingérence électorale, un influenceur américain pro-Trump est maintenant inculpé par la justice pour publication de mèmes. Décryptage pour le Désordre mondial de Thierry Vallat, avocat spécialiste dans le secteur des nouvelles technologies, du droit du travail et de la presse.

Le terme de l'«ingérence» dans les élections revient en leitmotiv à chaque scrutin aux USA.

L’idée que la démocratie américaine soit tellement fragile que la police fédérale se croie obligée de surveiller la rhétorique électorale sous prétexte de lutter contre la «désinformation» semble absurde. Les campagnes électorales elles-mêmes sont pleines de demi-vérités et de mensonges. Ce n’est que lorsque les politiciens finissent par gagner que la société finit éventuellement par le découvrir.

Dorénavant, ce ne sont pas seulement les étrangers qui sont visés par les autorités étasuniennes comme c'était le cas des «trolls russes» présumés, mais également les citoyens américains. Un influenceur pro-Trump, Douglass Mackey, plus connu sous le pseudonyme de Ricky Vaughn sur les réseaux sociaux, a été accusé d’avoir «conspiré avec d’autres avant l’élection présidentielle américaine de 2016 pour utiliser diverses plates-formes de réseaux sociaux pour diffuser des informations erronées visant à priver les individus de leur droit de vote constitutionnel» par le ministère américain de la Justice.

Joe Biden, le 6 janvier 2021 - Sputnik France, 1920, 07.01.2021
Le Congrès certifie la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle
Son crime présumé, pour lequel il risque maintenant 10 ans de prison? Des mèmes ciblant les partisans les plus sots de l’ancienne candidate Démocrate, Hillary Clinton. Sérieusement. Il est accusé d’avoir diffusé des mèmes qui affirmaient que vous pouviez envoyer votre vote par SMS depuis chez vous, ce que toute personne dotée d’un minimum de bon sens sait qu'elle ne peut pas le faire.

Est-ce que la liberté d’expression aux États-Unis ne s’applique que lorsque vous vous moquez des personnes approuvées par les autorités? Me Thierry Vallat analyse les implications juridiques de ces accusations:

«Il va se défendre, bien évidemment, en évoquant le premier amendement, de la même manière qu’en France, même si la liberté d’expression chez nous est un peu plus réduite qu’aux États-Unis, qui normalement est absolue ou presque. C’est ce caractère absolu qui pose une difficulté.»

L’avocat spécialiste dans le secteur des nouvelles technologies, du droit du travail et de la presse développe ce point crucial de l’affaire:

«C’est qu’elle ne doit néanmoins pas se heurter à d’autres dispositions constitutionnelles. Et là, ce qui est dit, c’est que le droit de vote est enfreint, puisqu’on incite les gens à faire n’importe quoi pour justement qu’ils ne votent pas correctement. Donc, c’est la balance entre la liberté d’expression et le droit de vote qui va être certainement apprécié par le tribunal américain.»

Cela pourrait-il arriver en France? L’avocat évoque le cas de Marine Le Pen, présidente du RN et de Gilbert Collard, eurodéputé du même parti, qui sont actuellement jugés pour avoir publié des photos d’exactions de Daech* sur Twitter. Il évoque aussi le fichage des opinions politiques ou des appartenances syndicales, une disposition approuvée par le Conseil d’État en janvier:

«Ficher des gens, les mettre dans des cases, renseigner, revenir comme au bon temps des RG, les Renseignements généraux de l’époque, avec des fichiers dans lesquels on sait toute la vie des gens, ça intéresse beaucoup la police. Aujourd’hui, on a une centaine de fichiers de police, donc ça ne m’étonne absolument pas que l’on soit dans cette logique-là. Aujourd’hui, on est dans une société qui bascule petit à petit dans une société de surveillance, donc un petit peu à la Orwell… On se retrouve dans cet univers dystopique.»

*Organisation terroriste interdite en Russie

Fil d’actu
0
Les plus récents d'abordLes plus anciens d'abord
loader
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала