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Que comprendre de l’attaque terroriste du second tour de la présidentielle nigérienne?

© AFP 2021 ISSOUF SANOGOUn véhicule blindé bloque la circulation pour le deuxième tour de la présidentielle au Niger, Niamey, 21/02/2021
Un véhicule blindé bloque la circulation pour le deuxième tour de la présidentielle au Niger, Niamey, 21/02/2021 - Sputnik France, 1920, 23.02.2021
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Au Niger, la région de Tillabéri a de nouveau été endeuillée par un attentat qui a occasionné des morts et des blessés graves. Les terroristes ont choisi le jour du second tour de la présidentielle pour frapper de nouveau. Un drame qui rappelle que le principal défi du prochain Président reste avant tout sécuritaire.

Au Niger, la région de Tillabéri a de nouveau été endeuillée par un attentat qui a occasionné des morts et des blessés graves. Les terroristes ont choisi le jour du second tour de la présidentielle pour frapper de nouveau. Un drame qui rappelle que le principal défi du prochain Président reste avant tout sécuritaire.

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Une attaque terroriste a visé ce dimanche 21 février au Niger, jour du deuxième tour du scrutin présidentiel, les membres de la commission électorale locale de la commune rurale de Dargol, dans la région de Tillabéri (nord-ouest). Le bilan est de sept morts et trois blessés graves.

Le 2 janvier dernier, entre les deux tours de ce scrutin majeur, des terroristes avaient déjà fait irruption dans deux villages de cette même région frontalière du Mali, du Bénin et du Burkina Faso. Ce double attentat avait tué 105 civils.

Cette fois, c’est un véhicule de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui a sauté sur une mine, tôt dans la matinée, alors qu’il avait à son bord des agents électoraux et du matériel destiné à un bureau de vote.

L’objectif des terroristes était, de toute évidence, de perturber le déroulement du scrutin dans cette zone. Au-delà de cette embuscade tendue aux membres de la CENI, d’autres attaques ont été recensées dans la même région ce jour-là. C'est notamment le cas à Bankilaré ou à Filingué, où des hommes armés sont allés saccager des bureaux de vote et emporter du matériel électoral et un véhicule, relève ActuNiger, un site local d’information.

Claude Biao, analyste politique, spécialiste des questions de paix et de sécurité en Afrique et auteur de l’ouvrage États et terrorismes en Afrique: un ultime défi de maturité, se confie à Sputnik:

«En perpétrant ces attaques en période électorale, les terroristes ont voulu une nouvelle fois marquer leur présence sur le terrain et rappeler au prochain Président qu’il devra composer avec eux. Cela dit, il faut garder à l'esprit que le calendrier des groupes terroristes actifs au Niger n'est pas circonscrit au contexte local. Il s’agit plutôt d'un agenda régional et les attaques de ce dimanche s'inscrivent davantage dans cette vaste offensive territoriale.»

Quelque 7,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche pour départager les deux candidats: Mohamed Bazoum, du parti au pouvoir, et l'opposant et ancien Président Mahamane Ousmane, arrivés respectivement premier et deuxième lors du premier tour du 27 décembre dernier.

Reprendre le contrôle sécuritaire de Tillabéri

Quel que soit le candidat qui sera proclamé vainqueur de la présidentielle, il sera confronté, selon Claude Biao, à un important défi sécuritaire illustré par ce qu’il s'est passé entre les deux tours de la présidentielle dans la vaste région de Tillabéri.

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Pour espérer relever ce défi, ajoute ce spécialiste béninois, la nouvelle administration nigérienne doit parvenir à reprendre le contrôle de cette zone. Dans ce but, il faut empêcher les terroristes d’utiliser les parcs et réserves naturelles du Niger comme base arrière ou zone de repli - notamment la réserve naturelle d'Anssongo-Menaka, à la frontière malienne; la réserve du Sahel située près de la frontière avec le Burkina Faso; et le parc W, partagé entre Burkina Faso, le Bénin et le Niger. Cet espace, qui échappe en partie au contrôle des autorités nigériennes, fait partie de la zone dite des Trois frontières (à l’intersection du Burkina Faso, du Mali et du Niger) où s'activent des groupes terroristes de l'EIGS (État islamique dans le Grand Sahara*), affilié à Daech*, et le GSIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans*), lié à Al-Qaïda*.

Selon Claude Biao, la nouvelle administration devra composer avec les forces de sécurité des différents pays de la région pour ne pas rester entièrement dépendante de l'appui de l’aide étrangère, même si «les partenaires militaires du Niger (en particulier les États-Unis et la France) lui apportent un soutien très important en matière de formation et d'équipement. L'implantation il y a deux ans de la base aérienne 201 de l'Africom (US) à Agadez est un sérieux atout au niveau du renseignement et de la surveillance du territoire».

«Une meilleure préparation des forces sécurités nigériennes pour prendre totalement en charge la lutte antiterroriste dépendra aussi des efforts que le prochain exécutif fera pour introduire plus de transparence dans la gestion des budgets de la défense et pour limiter les violations des droits de l'Homme dont les militaires ou les forces de police pourraient se rendre coupables. Ce genre de processus s'inscrit sur le long terme», poursuit-il.

Au-delà de l’enjeu sécuritaire

Mais les défis du prochain Président du Niger ne seront pas que sécuritaires.

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Le pays qu’Issoufou Mahamadou s’apprête à laisser à son successeur est réputé pour son fort indice de corruption (123e rang sur 180 États, selon Transparency International) et l’un des plus pauvres d'Afrique.

Le prochain Président devra aussi veiller à faciliter l’accès aux services publics en matière de santé, d’éducation et de justice, qui sont très problématiques dans de nombreuses régions du pays. La corruption, l’emploi des jeunes et la mise en place de programmes spécifiques pour les femmes seront également des enjeux dont la réalisation pourra contribuer à une lutte efficace contre l’insécurité toujours grandissante dans le pays.

*Organisation terroriste interdite en Russie.

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