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«Être ici, c’est comme être morte»: des femmes de djihadistes aspirent à être rapatriées en France

© AFP 2021 Delil SouleimanLe camp de réfugiés d'al-Hol
Le camp de réfugiés d'al-Hol - Sputnik France, 1920, 18.03.2021
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Dans les camps syriens, des Françaises qui avaient rejoint Daech* attendent d’être fixées sur leur sort. Entre regrets des erreurs passées et peur de l’avenir, elles demandent leur rapatriement pour être jugées en France, expliquant à Franceinfo qu’elles ne sont pas «toutes des criminelles».

Alors que le mois de mars 2021 marque les dix ans du début de la guerre en Syrie, de nombreuses questions sur le terrain restent en suspens. Parmi elles, le cas des femmes et enfants de djihadistes étrangers partis rejoindre Daech*.

Début février, l’Onu avait encore exhorté 57 pays à rapatrier leurs ressortissants prisonniers des camps d’Al-Hol et de Roj, dans le nord-est de la Syrie. La moitié des États concernés étaient européens, à commencer par l’Allemagne, la Belgique et la France.

Pour alerter sur leur situation et demander un rapatriement en France, plusieurs femmes de djihadistes étrangers avaient entamé une grève de la faim, en février. L’une d’entre elles, Estelle, a récemment témoigné auprès de Franceinfo, disant «comprendre la peur» et la crispation des opinions publiques quant à d’éventuels rapatriements, tout en appelant à juger «au cas par cas».

«On sait que les gens nous détestent, mais j’aimerais leur faire comprendre qu’on n’est pas toutes pareilles, on n’est pas toutes des criminelles […] On a fait une erreur, chacun mérite d’être jugé, mais on n’a pas de jugement, on ne sait pas de quoi on est accusées», explique celle qui est actuellement prisonnière à Roj.

Regrets et radicalité

La France n’accepte pour l’heure que le retour de certains enfants, qui peuvent être placés en famille d’accueil, estimant que les adultes doivent être jugés en Syrie. L’argument de la radicalité est le principal opposé à leur rapatriement, les États concernés ne souhaitant pas faire revenir des bombes à retardement sur leur sol.

«Ce qu’on découvre dans le camp d’Al-Hol, concernant les femmes et les enfants occidentaux, c’est qu’ils se sont gravement radicalisés. Ces gens n’ont plus rien à voir avec les civils apeurés arrêtés après la chute de l’État islamique*», expliquait ainsi à Sputnik le grand reporter Kamal Redouani, en février.

La peur d’attentats commis par des «revenants» reste donc prégnante, d’autant que les mineurs et les femmes ont souvent «été formés au maniement des armes», comme le rappelait sur Franceinfo l’ancien procureur de Paris, François Molins, en 2017.

Certains intéressés répondent par des regrets et soulignent la difficulté de quitter Daech* après l’avoir rejoint. Saïda, 33 ans, aussi retenue au camp de Roj, assure ainsi avoir voulu se défaire de l’emprise du groupe terroriste après son arrivée, mais en vain.

«Je suis venue ici sur un coup de tête, j’ai pris la décision en une semaine, sans réfléchir. Et dès que je suis arrivée ici, j’ai vite regretté […] J’ai voulu partir, mais ça a été compliqué, parce que c’était comme une prison», déclare-t-elle ainsi à Franceinfo.

Le flottement des autorités occidentales sur la question pose également problème aux geôliers sur place. Les autorités kurdes ont ainsi fait part à plusieurs reprises de la difficulté de garder les captifs, faute de moyens.

Les évasions sont ainsi fréquentes et impliquent d’ailleurs souvent des Françaises. Au camp d'Al-Hol, un quart des tentatives d'évasion sont l’œuvre de Françaises, expliquait ainsi à Marianne Jean-Charles Brisard, spécialiste du terrorisme, début mars.

Interrogée par Franceinfo, Saïda avoue avoir elle-même tenté de s'évader, pour échapper à ses conditions d’emprisonnement.

«En fait, quand je me suis enfuie, je me suis dit que même si je me prenais des balles, je m’en foutais, car être ici, c’est comme être morte», explique-elle à la radio publique.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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