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«Une réduction d’un million»: la vente d’une école pour agrandir une mosquée dans le 92 fait débat

CC BY 2.0 / AwayWeGo210F / Une mosquée
Une mosquée - Sputnik France, 1920, 25.03.2021
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Par manque de place, une mosquée de Nanterre va s’élargir en achetant les locaux d’une école désaffectée. Des élus de l’opposition accusent la municipalité d’avoir accordé une ristourne à l’organisation prête à acquérir le bien.

Après la polémique sur le financement de la mosquée de Strasbourg, la ville de Nanterre est à son tour confrontée à une controverse politco-religieuse, rapporte Actu.fr. L’extension de la mosquée gérée par l’Institut Ibn Badis, au travers du rachat d’une ancienne école, est en effet loin de faire l’unanimité.

Si les responsables politiques et associatifs s’accordent à dire qu’un agrandissement des locaux était devenu nécessaire, à cause d’une hausse de la fréquentation des fidèles, la vente en elle-même a fait des remous au conseil municipal.

L’ancienne école, un bien public, a en effet été cédée par la marie pour 2.705.000 euros. Sa valeur totale était estimée à plus de 5,4 millions d’euros par France Domaines, mais les nécessaires travaux de rénovation, à la charge de l’Institut Ibn Badis, ont été déduits de la note.

Et c’est justement le montant de ces travaux de mise en conformité qui interroge. Le groupe Nanterre ensemble de Camille Bedin estime ainsi que le coût des transformations a été surévalué par le maire Patrick Jarry et sa majorité, en particulier concernant le désamiantage. Une évaluation biaisée équivalente à une ristourne d’un million d’euros, selon le groupe d’opposition.

«La majorité, par la voie du maire, nous propose de valider la vente à 2.705.000 euros, expliquant que l’estimation des Domaines n’intègre pas des surcoûts indispensables dont le désamiantage. Ce qui est inexact. C’est donc une réduction d’un million qui serait accordée au nouvel acheteur! Les chiffres sont exorbitants!», explique ainsi le groupe dans un communiqué.

La mairie dément

La municipalité dément pour sa part avoir voulu faire une fleur à l’Institut Ibn Badis et affirme que l’estimation de France Domaines ne reflète pas le véritable état du bâtiment.

«Le montant (évalué par les Domaines) n’est pas établi sur la base d’une estimation réelle des travaux à effectuer à partir de l’état actuel du bâtiment, il résulte d’un abattement forfaitaire de 25% sur la valeur vénale, soit un ratio très éloigné des standards pour les rénovations lourdes», explique ainsi la mairie à Actu17.

Les polémiques sur les financements de mosquées, les cessions de locaux ou de terrains se sont multipliées en France ces dernières années. À Strasbourg, la municipalité EELV est aujourd’hui critiquée pour avoir subventionné la construction d’une mosquée, soutenue par l’association pro-turque Millî Görüs. Une pratique rendue possible par les lois concordataires en Alsace, qui permettent le financement public des lieux de culte. Gérald Darmanin et Marlène Schiappa ont néanmoins critiqué l’attribution de subsides à cette association, pointant du doigt son radicalisme.

Les soupçons d’ingérences étrangères s’invitent parfois également dans les débats, notamment lors de cessions de mosquées à des puissances étrangères.

Fin janvier, le ministère de l’Intérieur avait ainsi mis son veto à la vente de la mosquée de Puteaux au Maroc. En décembre, les mêmes soupçons d’ingérence avait poussé le maire de Montpellier à refuser la vente d’une mosquée pour un euro symbolique, là encore à une association proche du Maroc.

Les extensions ou construction de nouvelles mosquées sont souvent mises en parallèle avec le phénomène des prières de rue, les locaux existants se révélant parfois trop exigus pour accueillir tous les fidèles. La mosquée de Nanterre a d’ailleurs déjà été confrontée au problème, des foules de «200 à 300 fidèles» étant forcés de rester dehors pendant les périodes de ramadan, comme le précisait au Parisien Rachid Abdouni, président de l'Institut Ibn Badis, en 2019.

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