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«On est pris à la gorge»: les entreprises face à la nécessité de rembourser les prêts garantis par l’État

argent prêt - Sputnik France, 1920, 29.03.2021
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Il y a un an, la France commençait à vivre au rythme de la crise sanitaire. Face à cette situation, l'État mettait en place le PGE, prêt garanti par l'État, accordé aux entreprises afin de les aider à traverser cette période difficile. Mais voici venu le temps du remboursement.

Crise du coronavirus oblige, les banques ont débloqué de nombreux prêts, notamment ceux garantis par l’État (PGE). Dans 90% des cas, il s’agissait de très petites entreprises (TPE). Un prêt garanti à 90% par l'État (exception faite pour les grandes entreprises) et accordé pour un maximum de six ans.

Aujourd’hui, les banques commencent à demander aux entreprises de les rembourser, mais certaines sont trop en difficulté. La crise persistant, sept entreprises sur dix prévoient de faire courir leurs prêts jusqu'à la durée limite, indique Europe 1. Selon les conditions, les emprunteurs doivent payer la garantie de l'État, soit un taux de 1% pour les TPE et PME (petites et moyennes entreprises) qui choisissent les durées les plus longues.

«Au départ, on nous avait annoncé que c'était à 0%. Après, mon expert-comptable et moi-même avons entendu parler de prêts à 0,25%. Et là, au dernier report de remboursement du prêt, on était passé à 1,26%. On est pris à la gorge. Je pense que je vais devoir licencier. Malheureusement, je ne peux pas faire autrement», déplore auprès du média un restaurateur francilien qui a signé l'année dernière un prêt de 300.000 euros.

Le fait que le PGE ne soit souvent pas l’unique prêt des entreprises engendre des difficultés. Certaines peinent déjà à rembourser leurs prêts traditionnels et nombreuses sont celles qui demandent un report du paiement.

«Nous avons énormément de refus de la part des banques de rééchelonner les dettes qui ont été contractées par les entreprises avant la crise, sur la base d'une activité qui n'a strictement plus rien à voir», affirme Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants hôtellerie & restauration (GNI), qui regroupe des restaurateurs indépendants.

Début septembre 2020, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, avait annoncé sur le plateau du Grand Rendez-vous Europe 1/Les Échos/Cnews la décision de l'État et des banques d'accorder des taux «particulièrement avantageux» aux TPE et PME souhaitant prolonger la durée de leurs prêts garantis par l'État.

«600.000 TPE et PME sont concernées», avait-il indiqué, précisant qu’elles avaient emprunté «à un taux très préférentiel de 0,25% pour un an».

Possibilité de différer

En janvier, le ministère de l’Économie a annoncé que toutes les entreprises, quelles que soient leur activité et leur taille, pouvaient obtenir un différé d’un an pour commencer à rembourser leur PGE.

«Une entreprise ayant contracté un PGE en avril 2020, et qui ne serait pas en mesure de commencer à le rembourser en avril 2021, pourra ainsi demander un report d’un an et commencer à le rembourser à partir d’avril 2022», indique le ministère sur son site.

Selon le ministère de l’Économie, les PME pourront bénéficier de taux bancaires compris entre 1% et 2,5% en fonction du nombre d'années de remboursement. Ainsi, le chiffre sera de 1% à 1,5% pour les prêts remboursés d’ici 2022 ou 2023, et de 2% à 2,5% pour les PGE remboursés d’ici 2024 à 2026, coût de la garantie de l’État compris.

Le prêt garanti par l’État

Le PGE est un dispositif de garanties permettant de soutenir le financement bancaire des entreprises à hauteur de 300 milliards d’euros. Il est ouvert à toutes les entreprises jusqu'au 30 juin 2021 partout sur le territoire et ce quelles que soient leur taille et leur forme juridique, avait indiqué le ministère.

Le montant du prêt peut atteindre jusqu’à trois mois de chiffre d'affaires de 2019 ou deux années de masse salariale pour les entreprises innovantes ou créées depuis le 1er janvier 2019. Aucun remboursement n'est exigé au cours de la première année.

Toujours selon le ministère, pour le déploiement des PGE au 12 mars 2021, le montant des demandes recensées par les banques est de 137,2 milliards d’euros, alors que celui des demandes accordées est de 135,3 milliards.

Pour ce qui est du nombre de bénéficiaires, la plus grande part est allée aux TPE, 88,58% du total, suivies des PME avec 5,2%, la part des grandes entreprises n’étant que de 0,01%. Concernant le montant des prêts accordés, les chiffres sont respectivement de 39,9%, 34,79% et 12,29%. Par secteur d’activité, la plus grande part dans le total du nombre de bénéficiaires revient au commerce de réparations d’automobiles et de motocycles avec 22%, suivi du secteur hébergement et restauration avec 14,71%. Côté régions, le leader incontesté reste l’Île-de-France avec une part de 21,24% du total des bénéficiaires et 37,11% de celui des montants accordés.

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