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Par «le langage des ultimatums et des grossièretés», les USA «font dégringoler le niveau du dialogue» avec Moscou

© Sputnik . Dmitri Astakhov / Aller dans la banque de photosDmitri Medvedev
Dmitri Medvedev - Sputnik France, 1920, 23.04.2021
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Dans un contexte de tensions croissantes dans les relations entre la Russie et les États-Unis, Dmitri Medvedev a constaté dans un article pour Sputnik que les deux pays se trouvaient en confrontation, tout en rappelant que l’histoire des rapports des deux pays avait connu «la sagesse» de compromis.

Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a constaté que les relations entre Moscou et Washington avaient dégringolé à un niveau qui n’avait été observé la dernière fois que pendant la guerre froide.

«Ces dernières années, les relations entre la Russie et les États-Unis sont pratiquement passées de la rivalité à la confrontation et sont en fait retournées à l'époque de la guerre froide», indique-t-il dans un article pour Sputnik.

L’ancien Président du pays estime que la pression des sanctions, les menaces, la confrontation et la défense d’intérêts égoïstes précipitent le monde dans un état d’instabilité permanente.

Il évoque dans ce contexte les sanctions contre la Russie, «la campagne de harcèlement» contre Moscou, l’arrivée de l’Otan aux frontières russes ou encore la farouche opposition de Washington au gazoduc Nord Stream 2 et le problème ukrainien.

«Aujourd’hui la Russie, comme l’Union soviétique par le passé, ne fait que rattraper les États-Unis au registre des menaces à l'adversaire», constate-t-il.

Il mentionne dans ce contexte la crise des missiles de 1962, lorsque l'URSS a répliqué, notamment au déploiement de missiles américains en Turquie, au Liban et au Sud-Vietnam, en plaçant les siens près des frontières américaines, à Cuba. Et dans cette situation, «à cinq minutes de la guerre», la situation a été sauvée par les dirigeants des deux pays à l’époque qui ont su évaluer la situation et reconnaître et accepter «la sagesse d’un compromis».

«Il y avait entre l’Union soviétique et les États-Unis un dialogue d’égal à égal qui se passait du langage de menaces et d’ultimatums», poursuit Dmitri Medvedev.

«Depuis la résolution de la crise des missiles, jamais il n’y eut au XXe siècle de situations où les deux pays se seraient trouvés aussi proches d’une guerre. Parce qu’ils ont compris: la coopération dans la solution des problèmes internationaux vaut mieux que la confrontation.»

«Trouver la sagesse du compromis»

Pourtant, la situation actuelle est autre, les États-Unis ayant glissé vers une politique étrangère instable, ce qui se manifeste notamment dans le retrait du traité Ciel ouvert ou encore dans la rhétorique du nouveau Président. Ceci s’explique tant par des raisons intérieures que par un certain «déclin du prestige des États-Unis en qualité de leader du monde occidental».

«La nouvelle tactique de l'administration américaine est de signaler d’une main la nécessité du dialogue tout en faisant augmenter la pression d’une autre.»

Dmitri Medvedev indique qu’un appel au dialogue a été formulé pendant l’entretien téléphonique entre les deux Présidents. Appel qui a été tout de suite suivi de l’introduction de nouvelles sanctions antirusses, de l’expulsion de diplomates ou encore du transfert de matériel militaire dans la région.

«La question qui se pose aujourd’hui à l'ordre du jour est de savoir si l'administration américaine actuelle saura trouver la sagesse du compromis qui avait été manifestée par les dirigeants des deux pays lors de la crise des missiles. Et de comprendre ce qui pourrait apaiser la situation exacerbée à l’extrême.»

Dmitri Medvedev cite dans ce contexte trois points.

«Premièrement, réaliser le prix de la "décision fatale". Car si le préjudice suivant la victoire risque de remettre en question l'existence même du vainqueur, ce n'est pas une victoire.»

Deuxièmement, le dialogue direct, «la possibilité de se parler sincèrement et, ce qui compte encore plus, d’entendre son interlocuteur. De comprendre sa logique et ses arguments».

«Et troisièmement, le plus important. Non seulement comprendre la nécessité et la possibilité de compromis, mais aussi la disposition à en trouver un. La disposition à renoncer au langage des ultimatums et des grossièretés qui font dégringoler le niveau du dialogue», souligne-t-il.

C’est précisément pour cette raison que des déclarations comme «la Russie en paiera le prix», «bien qu'elles soient très à l’américaine, mènent directement à une impasse».

«Améliorer et rétablir les relations»

Commentant la situation actuelle dans les rapports entre les deux superpuissances, le Kremlin a déclaré que la responsabilité en incombe à Washington. Selon Dmitri Peskov, le porte-parole du Président russe, ce n’est pas Moscou qui a initié la dégradation des relations pour qu’elles se retrouvent là où elles sont actuellement.

«Moscou n’a rien fait qui puisse nuire à nos relations», a-t-il affirmé.

Il a ajouté que, pour les redresser, il faudrait faire preuve de «volonté politique réciproque».

«Le Président Poutine a manifesté à plusieurs reprises sa volonté politique, il a dit que nous souhaitions améliorer et rétablir les relations avec les États-Unis», a noté Dmitri Peskov.

Dégradation des relations bilatérales

Ces dernières semaines, les tensions dans les relations entre Moscou et Washington sont montées d’un cran. Le 15 avril, les États-Unis ont annoncé une série de sanctions contre la Russie ainsi que l’expulsion de 10 diplomates en représailles à une présumée ingérence dans l'élection présidentielle de 2020 et à la cyberattaque contre SolarWinds dont la responsabilité est imputée par l’administration Biden à la Russie.

La Russie a expulsé elle aussi 10 diplomates américains. Alors qu’elle a rappelé depuis près d’un mois son ambassadeur à Washington, elle a recommandé à l'ambassadeur américain à Moscou, John Sullivan, de rentrer dans son pays pour «consultations». Le diplomate a quitté la capitale russe jeudi.

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