«Quand les entreprises appartiennent à des fonds d’investissement, les cessions sont faciles à réaliser»

Bercy s’inquiéterait de la vulnérabilité des entreprises françaises et leur savoir-faire face aux «prédateurs» américains et européens. Marc German, spécialiste en intelligence compétitive, se penche sur les causes du phénomène au micro de Rachel Marsden.

Un représentant de l’État chargé de la protection et de la sécurité des entreprises a tiré la sonnette d’alarme devant un comité de sénateurs: avec la crise sanitaire, les entreprises françaises sont aujourd’hui plus vulnérables face aux velléités d’acquisitions de la concurrence étrangère.

Le Covid-19 n’a pas grand-chose à voir avec l’appétit de la concurrence pour les sociétés de l’Hexagone, estime Marc German, spécialiste en intelligence compétitive, diplomatie d'entreprise, industrie de la défense, technologies émergentes et cyberdéfense:

«Les sociétés qui intéressent les entreprises étrangères sont des sociétés qui ont des perspectives à plus de cinq ou dix ans. Une crise d’un an n’a pas beaucoup d’effet sur leur capacité de pérennité. Aujourd’hui, les entreprises sont peu détenues par un capital familial ou personnel. De plus en plus de fonds de pension ou d’investissement en sont propriétaires et ont les coudées franches sur le management. Après avoir investi massivement, ils cherchent à réaliser leurs actifs et revendent à des intérêts étrangers ou réalisent des fusions. Quand on a la tête d’une entreprise des gestionnaires et non pas des entrepreneurs, sa pérennité est à très court terme, elle devient rapidement cessible.»
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