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Droits de l'homme en RDC: le Président se tient informé via l'ambassadeur américain!

© AP Photo / Jerome DelayFélix Tshisekedi, Président de la RDC
Félix Tshisekedi, Président de la RDC - Sputnik France, 1920, 23.07.2021
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Lors d’une discussion organisée par l’Institut américain pour la paix, le Président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi est revenu sur les défis auxquels son pays est confronté en matière de violations des droits de l’homme et le rôle que jouent les États-Unis à cet égard.

Le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a participé mardi 20 juillet, par vidéoconférence, à une discussion organisée par l’Institut des États-Unis pour la paix (USIP), une agence travaillant avec le gouvernement américain, sur les défis contemporains de l’Afrique. Il était accompagné de Karen Bass, la présidente de la sous-commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis.

Si les enjeux relatifs à la paix, la jeunesse, l’emploi et la crise pandémique ont été abordés, c’est bien la question des violations des droits de l’homme qui a mobilisé la discussion. À cet égard, Félix Tshisekedi a surpris l’opinion publique en affirmant qu’il s’en remettait notamment à l’ambassadeur des États-Unis à Kinshasa, Mike Hammer, pour s’informer sur les violations des droits de l’homme commises en RDC. Preuve supplémentaire de l’influence grandissante des États-Unis dans le pays depuis l’arrivée au pouvoir de Tshisekedi fils, en janvier 2019.

«Il y a parfois des arrestations arbitraires qui se font, des brutalités ou que sais-je, qui font que nous ne sommes pas toujours au courant […]. Je suis d'ailleurs très souvent en contact avec M. l'ambassadeur Mike Hammer […] je l'encourage d'ailleurs à nous tenir au courant de toutes les informations qu'ils peuvent avoir au niveau des services de leur ambassade qui concernent les violations des droits de l'homme parce que ça nous aiderait à intervenir et éventuellement à sanctionner ceux qui sont coupables de violations des droits de l'homme», a déclaré le Président congolais.

Les propos du Président ont fait réagir plusieurs responsables politiques et membres de la société civile. Dans l’entourage même de Tshisekedi, certains n’hésitent pas à parler de «bourde», remettant en cause la souveraineté congolaise. Un conseiller de la présidence a reconnu à Sputnik: «Le Congo a un ministre des Droits humains. Le Président n’avait pas à laisser entendre que le Congo dépend des États-Unis pour savoir ce qui se passe chez lui. C’est une erreur grave».

Pour plusieurs hommes politiques et observateurs, les propos de Félix Tshisekedi mettent en exergue l’influence grandissante des États-Unis dans les affaires internes de la RDC. On sait par exemple que Washington a pesé de tout son poids pour que Tshisekedi fils renégocie les contrats miniers signés par l’ancien Président Joseph Kabila avec la Chine...

Priorités: droits de l’homme et paix

Dès son arrivée aux affaires, le nouveau Président congolais avait promis de faire des droits de l’homme et de la sécurité la priorité des priorités. Deux ans plus tard, le bilan reste mitigé. Au mois de mars 2021, la Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a alerté le Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur l’ampleur alarmante des violences dans la partie est de la RDC gangrenée par une constellation de groupes armés. En 2020, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) avait documenté près de 8.000 violations et atteintes aux droits de l’homme dans le pays, ce qui représente une moyenne de 659 violations par mois. Ces chiffres sont en hausse de l’ordre de 21% par rapport à 2019.

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C’est dans ce contexte chargé que la sous-secrétaire américaine aux droits de l’Homme, Lisa Peterson, s’est rendue en RDC en juin pour discuter des enjeux relatifs aux droits de l’homme dans le pays. Accompagnée de l’ambassadeur Mike Hammer et d’autres représentants américains, elle s’est entretenue avec le Premier ministre Sama Lukonde ainsi qu’avec le vice-Premier ministre et le ministre de l’Intérieur, le ministre des Droits de l’homme et le vice-ministre de la Défense. La délégation américaine s’est également entretenue avec les dirigeants de l'Assemblée nationale, notamment le président Christophe Mboso, le vice-président Jean-Marc Kabund ainsi que le nouveau président du Comité des droits de l’homme, Iyananio Moligi.

Lors du dialogue sur les droits de l’homme entre les États-Unis et la RDC, Lisa Peterson avait annoncé la mise en place d’une nouvelle assistance technique et financière américaine et l’expansion de programmes américains existants destinés à aider la RDC à atteindre ses objectifs en matière de droits de l’homme.

Renforcement des relations USA-RDC

Le soutien apporté au gouvernement congolais par l’administration américaine s’inscrit dans une dynamique de rapprochement soutenu des relations entre la RDC et les États-Unis. Le 20 juillet dernier, le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’est entretenu au téléphone avec le Président Tshisekedi du renforcement des liens entre leurs deux pays. Les deux hommes se sont engagés à faire progresser le Partenariat privilégié pour la paix et la prospérité conclu entre les États-Unis et la RDC en 2019.

Au cœur du renforcement des relations entre les deux pays, un homme: Mike Hammer, l’ambassadeur des États-Unis à Kinshasa. Régulièrement consulté par le Président Tshisekedi, il est aujourd’hui considéré comme une sorte de vice-président en RDC.

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