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Grippe porcine de 2009 et Covid-19: à chaque pandémie sa politique en France?

© AFP 2021 LOIC VENANCEUn patient atteint de Covid-19 en France, le 20 avril 2021
Un patient atteint de Covid-19 en France, le 20 avril 2021 - Sputnik France, 1920, 30.07.2021
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Les autorités mettant un tour de vis pour pousser les Français à la vaccination, la politique d’incitation à la piqûre contre la grippe A en 2009, qui n’a pas atteint l’envergure escomptée, traverse l'esprit de certains opposants au pass sanitaire. Les deux épidémies ont, certes, des choses en commun, mais est-il en fait pertinent de les comparer?

Tandis que le gouvernement ne cesse de muscler sa communication pour dynamiser la vaccination contre le Covid-19, certains reportages datant de 2009 au sujet de la campagne vaccinale contre H1N1 ou grippe porcine (A), qui s’est finalement avérée un échec, refont surface et se propagent sur les réseaux sociaux parmi les opposants au pass sanitaire. Au premier regard, les deux phénomènes sanitaires sont comparables: le discours anxiogène du gouvernement et la forte agitation des médias, qui ont suivi la proclamation par l’OMS de la pandémie en juin 2009, rassemblent beaucoup à la situation en mars 2020. Mais est-il vraiment pertinent de comparer ces deux situations?

Politique d’anticipation en 2009…

À la mi-juillet 2009, soit un mois après la déclaration de pandémie, la France ne compte que 481 malades confirmés de la grippe porcine, rappelle un dossier d’archives de l’INA. Malgré ce chiffre infime pour un pays d’environ 65 millions d’habitants, le gouvernement décide d'opter pour le principe de précaution.

Fin juillet 2009, bien avant l'arrivée de la vague épidémique de la grippe porcine en France, qui n'est finalement jamais venue, le Premier ministre de l’époque, François Fillon, a déclaré que la France était «prête», antiviraux et masques étant en quantité suffisante «quelle que soit l'ampleur de l'épidémie». Roselyne Bachelot, ministre de la Santé de l’époque, annonce la commande de 94 millions de doses de vaccin à trois laboratoires pour un coût d'un milliard d'euros espérant une campagne vaccinale réussie.

Les médias se réjouissent de l'excellent travail d’anticipation entrepris par le gouvernement. Travail dont la société française ne s’est jamais servie, l'inquiétude ayant été plus importante que la réalité.

... et de retard en 2020?

En 2020, la situation est bien différente: un mois après que l’OMS a proclamé le caractère pandémique du Covid-19, soit à la mi-avril 2020, la France compte déjà plus de 145.000 contaminations et plus de 17.000 décès, selon le site Our World in Data. Concernant la préparation du gouvernement, c’est un ton diamétralement opposé qui raisonne.

Un médecin - Sputnik France, 1920, 20.03.2020
Des médecins portent plainte contre Édouard Philippe et Agnès Buzyn à cause de la propagation du coronavirus
Le 19 mars 2020, une semaine à peine après l’annonce de l’OMS et alors que les hôpitaux français sont déjà débordés dans certaines régions, un collectif de médecins nommé C19 et réunissant plus de 600 praticiens porte plainte auprès de la Cour de justice de la République en visant l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn et Édouard Philippe, chef du gouvernement, accusés de la mauvaise gestion de la crise sanitaire, rapporte Le Figaro.

Pénurie de masque, dépistage insuffisant, mesures prises très tard… Pour ces médecins, les autorités auraient dû agir «plus rapidement», dès le 30 janvier, quand l’OMS a qualifié l'épidémie d'urgence de santé publique internationale, rappelle le quotidien. Les critiques de tous les bords n’ont pas manqué non plus.

«Cette crise n'a pas été gérée mais subie, avec des conséquences dramatiques pour les Français», indique le Rassemblement national en juillet 2020, cité par L’Express.

Tout le contraire de la pandémie de 2009, donc.

L’ampleur de l’enjeu

À l’automne 2009, alors que le bilan des premiers mois endémiques est fait, il s'avère que le H1N1 est moins mortel que la grippe saisonnière, rappelle l’INA. Pourtant, les vaccins ayant déjà été achetés, le gouvernement décide tout de même de lancer en novembre 2009 la campagne vaccinale initialement prévue. L'opération se solde par un échec cuisant: ne voyant pas trop de risques pour la santé, les Français boudent les centres de vaccination.

À l’époque, afin d’encourager les Français réticents, Roselyne Bachelot a fait nombre de plateaux de télévision en parlant «de nombreux décès» qui devaient, selon elle, avoir lieu si les gens ne se faisaient pas vacciner.

Vaccination en France - Sputnik France, 1920, 29.07.2021
La quatrième vague de Covid en France fait-elle planer l’éventualité d’une obligation vaccinale?
Il est tentant d’amalgamer cet épisode de communication gouvernementale, jugée par certains comme une manipulation, voire une technique d’intimidation de la population, avec le discours actuel du gouvernement.

En effet, le message que les autorités visent à envoyer est le même: «faites-vous vacciner». Sauf qu’en 2009 les propos de Mme Bachelot n’avaient pas eu de fondements, la ministre se basant exclusivement sur les pronostics de l'arrivée de la vague épidémique, qui ne s’est jamais réalisée. En avril 2010, la France recensait 1.334 formes graves (réanimation ou soins intensifs) dont 74% chez les 15-64 ans et 312 décès des suites de cette grippe.

Aujourd’hui, les dires d’Olivier Véran sont au contraire appuyés par les tristes statistiques. En France et dans le monde, les dégâts du Covid-19 sont sans commune mesure par rapport à ceux causés par la grippe porcine.

© SputnikMortalité de la grippe A et du Covid-19
Grippe porcine de 2009 et Covid-19: à chaque pandémie sa politique en France? - Sputnik France, 1920, 30.07.2021
Mortalité de la grippe A et du Covid-19

Selon l’OMS, un an après le début de la pandémie, au 15 juin 2010, la grippe A(H1N1) a fait 18.156 décès dans le monde. En mars 2021, le bilan mondial du Covid-19 s'élevait à plus de 2,7 millions.

© SputnikMortalité de la grippe A et du Covid-19
Grippe porcine de 2009 et Covid-19: à chaque pandémie sa politique en France? - Sputnik France, 1920, 30.07.2021
Mortalité de la grippe A et du Covid-19

Le Big Pharma français n’en profite pas tant que cela

Chaque crise sanitaire est censée faire le jeu de grands laboratoires pharmaceutiques. Néanmoins, contrairement à la crise de 2009, lorsque le gouvernement a commandé 28 millions de doses du vaccin contre la grippe A fabriqué par Sanofi-Aventis avec une option sur 28 millions de doses supplémentaires, le Big Pharma français ne semble pas trop tirer profit de la pandémie actuelle.

Plus d’un an après le début de la pandémie de Covid-19, la France n’a toujours pas su développer son propre vaccin, les laboratoires français passent donc à côté de la manne financière assurée par le développement rapide du produit anti-Covid.

Le Président de la République française Emmanuel Macron visite un laboratoire Sanofi à Marcy-l'Etoile, près de Lyon, juin 2020 - Sputnik France, 1920, 29.07.2021
Financement public de la recherche Covid: faute de chef de file, la France à la traîne
Les deux candidats français, le produit de l’institut Pasteur et celui de Sanofi-GSK, qui inspiraient une certaine confiance encore à l’automne 2020, n’ont finalement pas répondu aux espoirs des autorités. Le projet principal d’un vaccin de l’institut Pasteur et du groupe américain Merck a été abandonné en janvier dernier après que les premiers essais de la substance se sont avérés «moins efficaces qu'espérés».

Pour ce qui est de l’un des leaders mondiaux en la matière, Sanofi, l’étude internationale de phase III de son produit développé avec le britannique GSK n’a débuté que fin mai 2021. Ainsi, jusqu’ici, le géant français n’a même pas su tirer profit de la vaccination massive contre le Covid-19.

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