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Grève du personnel soignant contre l’obligation vaccinale: «on passe de héros des balcons à salauds»

© AFP 2021 CHRISTOPHE SIMONManifestation soignants Marseille
Manifestation soignants Marseille - Sputnik France, 1920, 06.08.2021
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Alors que l’obligation vaccinale a cristallisé les tensions chez les soignants, poussant même certains à envisager la démission, le Conseil constitutionnel vient pourtant de valider cette mesure. Pour le syndicat Sud Santé, cette décision est catastrophique et pourrait accentuer les tensions dans les services.
«C’est dramatique! On est en sous-effectif dans nos services depuis de très nombreuses années et la réponse à cela c’est: si vous n’êtes pas vaccinés, dehors, suspension illimitée, perte de salaire et ainsi de suite. Ce n’est vraiment pas sérieux.»
Au micro de Sputnik, Olivier Youinou, co-secrétaire général du syndicat hospitalier SUD Santé à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), est indigné. Dans un avis rendu le 5 août, le Conseil constitutionnel a entériné l’obligation vaccinale des soignants, présente dans le projet de loi sanitaire. À partir du 15 septembre, les personnels soignants des hôpitaux, cliniques ou encore des EHPAD devront donc être vaccinés contre le Covid-19 pour travailler. S’il n’y aura finalement pas de licenciement pour les récalcitrants, ils risquent néanmoins une suspension de salaire.

Les soignants se sentent stigmatisés

Une décision qui provoque l’ire d’une partie des représentants des personnels. Le syndicat Sud Santé-Sociaux a d'ailleurs déposé un préavis de grève nationale à partir du 4 août jusqu’au 3 septembre prochain. Néanmoins, après le vote du Parlement et l’avis du Conseil constitutionnel, n’est-ce pas un coup d’épée dans l’eau?
«On y croit toujours, sinon on ne ferait pas le métier que l’on fait ni celui de syndicaliste dans cette communauté-là. Bien évidemment que l’on espère changer les choses. […] On veut montrer que l’on peut faire revivre les principes républicains d’un accès égalitaire, pour tous, à la santé», espère Olivier Youinou.
Et de poursuivre: «c’est catastrophique, mais on n’attend pas grand-chose d’un gouvernement qui tantôt est sur le pied droit, tantôt sur le pied gauche et n’a pas de stratégie très claire concernant cette pandémie et ça, depuis le début». Il fustige d’ailleurs la méthode du gouvernement pour faire passer ses mesures.
«Lorsque Macron annonce la vaccination obligatoire et l’extension du pass sanitaire, immédiatement après, Olivier Véran, Élisabeth Borne et toutes la garde expliquent non pas, comment on va trouver par exemple des équipes de vaccinateurs? Eux c’est: “il va y avoir des sanctions pour ceux qui ne sont pas vaccinés.”»
Le syndicaliste regrette ainsi la stigmatisation du personnel hospitalier: «on passe de héros des balcons à salauds d’aujourd’hui, qui seraient responsables de la propagation du virus, quasiment accusés de le passer aux patients», fustige-t-il. Or, le syndicaliste rappelle qu’au début de la crise sanitaire, les soignants étaient «non-protégés, non vaccinés» et devaient même parfois «aller travailler malades, sans symptômes».

Vers une vague massive de démissions?

Alors cette mise à l’index passe mal, car elle a déjà fait naître des tensions dans les services et pourrait avoir des conséquences irréversibles, prévient l’infirmier anesthésiste.
«De plus en plus de soignants, dégoutés de ce mépris affiché par le gouvernement, se posent la question de se tirer de l’hôpital, de changer de métier, car celui-ci n’est pas reconnu à la hauteur de leur engagement», avance le syndicaliste.
Dans la foulée de l’avis du Conseil constitutionnel, certains ont d’ores et déjà fait part de leur volonté de démissionner sur Twitter.
​Le chef du service de réanimation à l’hôpital Lariboisière confiait d’ailleurs sur RMC que dans son secteur, «40% du personnel infirmier» lui a «donné sa décision de quitter le service entre septembre et décembre prochain». 
De possibles départs en cascade qu’il serait compliqué de remplacer. Et pour cause, la filière n’est pas des plus attractives. Selon les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), les infirmières et infirmiers hospitaliers français par exemple arrivaient à la 22e place sur 33 de son classement international des salaires en 2017. En comparaison avec l’Allemagne et l’Espagne, les infirmiers de ces deux pays touchaient respectivement 13% et 29% de plus que le salaire moyen national français de la profession.
Sans compter que l’épidémie de Covid-19 aidant, 37% des infirmiers estiment que «la crise que nous traversons leur a donné l’envie de changer de métier» et 43% «ne savent pas s’ils seront toujours infirmiers dans cinq ans», d’après les résultats d’une enquête réalisée par l’Ordre national des infirmiers. Le syndicaliste prévient que la situation actuelle est déjà très critique:
«La période estivale, avec la recrudescence de Covid-19 notamment, est très compliquée à passer. On est vraiment au nombre de soignants minimum acceptable dans un service. Et ils nous annoncent de possibles suspensions si on n’est pas dans les clous…»
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