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Au Cameroun, le gouvernement promet d'en finir avec «les routes de la mort»

© Sputnik . Anicet SimoYaoundé, Cameroun
Yaoundé, Cameroun - Sputnik France, 1920, 12.08.2021
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Au moins 40 personnes ont péri dans 3 accidents de la route survenus en l'espace de 48h au Cameroun. Yaoundé vient de suspendre des agences de voyage impliquées et pointe du doigt les conducteurs. Si des mesures ont été explorées jusqu’ici pour limiter ces drames, les routes du pays sont encore réputées parmi les plus dangereuses de la sous-région.
C’est reparti pour la série noire des accidents de circulation au Cameroun. Au moins 40 personnes ont perdu la vie dans trois accidents de la route survenus les 4 et 5 août dans la région du Centre. Selon un communiqué du ministère des Transports, rendu public le 5 août, le premier, impliquant un bus de transport en commun et un camion dans la localité Nyokon 1 vers Yaoundé, a fait «deux morts et 28 blessés», le 4 août. Ce même jour, le deuxième, qui a mis en cause un semi-remorque et un bus de transport interurbain dans la localité d’Awae, à Yaoundé, a fait «16 morts et plusieurs blessés». Et le plus mortel, le lendemain, a impliqué un camion transportant du sable et un bus de transport interurbain dans la périphérie de Yaoundé, avec un bilan de «22 morts et plusieurs blessés».

Des sanctions

Réagissant à ces récents drames qui n’ont pas fini de choquer l’opinion, Jean Ernest Ngalle Bibehe Massena, le ministre des Transports, a dans un autre communiqué datant du 10 août décidé de suspendre à titre conservatoire les compagnies de transport -Avenir voyages de la Kadey et Solidarité voyages plus- impliquées dans ces accidents.
«Ces suspensions seront de rigueur jusqu’à l’exploitation complète des rapports d’enquête par mes services compétents en liaison avec les forces du maintien l’ordre», précise le communiqué.
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Concernant les camions impliqués, le ministre indique que «des diligences seront menées au terme des enquêtes en vue de déterminer les sanctions appropriées susceptibles de leur être infligées en fonction du degré d’implication».
Dans un autre document datant également du 10 août, le ministre des Transports prescrit de nouvelles directives relatives à la problématique de la recrudescence des accidents de la circulation. Parmi elles l’installation «des ceintures de sécurité fonctionnelles dans les véhicules pour tous les passagers et [le devoir de] s’assurer de leur port», ainsi que le respect des limitations de vitesse sur les principaux axes routiers du pays.

Quid des responsabilités?

Les routes camerounaises sont réputées parmi les plus dangereuses d’Afrique centrale, au point qu'on s'y réfère parfois dans les médias ou les réseaux sociaux comme «les routes de la mort». Selon les chiffres de la Sécurité routière, les accidents de la circulation ont provoqué la mort de 3.275 personnes en 2020 au Cameroun. Et comme de coutume après de nombreuses hécatombes dans le pays, le débat est aussitôt relancé dans l’opinion sur les responsabilités. Dans une sortie le 6 août, le ministre de l’Administration territoriale, égrenant la liste des principaux responsables des tueries sur la route, pointait du doigt, «les conducteurs inconscients» qui «continuent de mettre en danger la vie des personnes innocentes, à travers des comportements irresponsables tels que la conduite en état d’ébriété, l’excès de vitesse, les mauvais dépassements, les surcharges…».
Si dans leurs interventions respectives, les ministères du Transport et de l’Administration territoriale s'en prennent seulement aux opérateurs du secteur des transports, pour Martial Missimiki, directeur exécutif de Sécuroute -une organisation spécialisée dans la prévention routière-, qui ne dédouane pas ces derniers, «les responsabilités sont partagées: entre les agences de transport, conducteurs et les pouvoirs publics». Pour ce qui est des usagers de la route, «outre l'excès de vitesse, il y a les voyages de nuit durant lesquels le contrôle est faible, il y a des surcharges, la conduite sous l'effet de la drogue».
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Côté pouvoirs publics, poursuit-il, leur responsabilité se situe au niveau de la régulation: «Il est vrai que les accidents les plus graves impliquent très souvent les conducteurs de bus et de car de transport interubain. Seulement il se trouve que c’est l’État qui a confié cette activité aux particuliers suivant un cahier de charges qui doit faire l’objet d’un suivi. Malheureusement, ce suivi n’est pas fait et c'est à ce niveau qu'il y a des failles».
«Aussi, le Cameroun a maintenu le même réseau routier alors que le volume du trafic, l’activité économique et le nombre de véhicules ont augmenté. D'une part, pour ce qui est des récents accidents nous sommes en période de vacances scolaires qui précèdent la rentrée. Il y a une très grosse mobilité et les agences de transport sont sollicitées et sont quelques fois amenées à exercer leurs activités sous pression», poursuit l’expert de la prévention routière au micro de Sputnik.
Au chapitre des solutions envisageables, des réformes diverses ont pourtant été mises en place pour rendre la circulation plus sûre. De la sécurisation du permis de conduire, via son informatisation, à l’amélioration du processus d’obtention des visites techniques, plusieurs secteurs du transport ont été remodelés. Cependant, même les multiples campagnes de prévention routière et les sanctions appliquées ne semblent pas stopper la courbe des accidents…Les mauvaises pratiques ont la peau dure et la route continue d’endeuiller des centaines de familles chaque année.
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