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Une «administration défaillante» pousse un médecin à délivrer de faux pass à des personnes en ayant déjà

© AFP 2021 SAMEER AL-DOUMYUn pass sanitaire (photo d'archives)
Un pass sanitaire (photo d'archives) - Sputnik France, 1920, 12.08.2021
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Lors d’un entretien avec BFM TV, le médecin Jean-Paul Hamon a admis qu’il avait délivré plusieurs faux pass sanitaires afin de pallier les lenteurs administratives pour obtenir le document. Il a détaillé cela pour France info.
Le médecin Jean-Paul Hamon a avoué à BFM TV avoir fourni trois faux pass sanitaires. Après une réaction en chaîne sur les réseaux sociaux, il a fait le point pour France info, précisant qu’il ne pouvait pas laisser sans pass sanitaire ceux qui y avaient droit.
La  chaîne d'info en continu a posé directement la question au président d'honneur de la Fédération des médecins de France pour savoir s’il avait vraiment délivré de faux pass sanitaires.
«J'ai réalisé ces pass vendredi 6 et samedi 7 août. Dans ce cas précis, il s'agissait de trois personnes éligibles au pass sanitaire, qui ne parvenaient pas à le télécharger», a-t-il répondu.
Ainsi, deux d'entre elles étaient revenues de Singapour où elles avaient été vaccinées avec le Pfizer/BioNTech. Jean-Paul Hamon a expliqué qu’il avait tenté de débloquer leur pass sanitaire, mais en vain.
«J'ai abandonné et fait comme si je les avais vaccinées moi-même, en reprenant les numéros de lot du vaccin, les dates exactes de vaccination... Toutes les informations étaient correctes, j'ai simplement repris la vaccination à mon compte», a-t-il détaillé.
Pour le troisième cas, il s’agissait d’une personne sortie de réanimation qui avait par conséquent droit à un certificat de rétablissement du Covid-19, mais qui n’avait pas pu l’obtenir sur le portail SI-DEP approprié.

«Problèmes informatiques»

France info s’est intéressée également à la raison pour laquelle le médecin a décidé d’en parler au lieu de passer son action sous silence. Jean-Paul Hamon a expliqué que les systèmes concernés étaient «défaillants» et les sites peu «fluides».
«En plus des problèmes informatiques, il y a un réel problème logistique», a-t-il poursuivi.
Ainsi, le centre où la personne a été vaccinée peut être fermé, la pharmacie où elle a reçu sa dose peut être incapable de fournir le QR code. Les situations sont nombreuses et «les sites Internet du gouvernement ne répondent pas forcément».
Pour ce qui est des répercussions, le médecin a dit qu’il ne les craignait «absolument pas».
«Qu'est-ce que j'aurais dû faire? Laisser les gens bloqués chez eux sans pass sanitaire alors qu'ils y ont droit?»
Il a précisé qu’il avait vérifié les documents des trois personnes en question, qu’il les connaissait et qu’elles auraient dû obtenir facilement leur pass sanitaire.
«Évidemment que je ne vais pas m'amuser à faire de faux certificats de vaccination si quelqu'un d'inconnu se présente à moi sans preuve», a-t-il souligné.
Il a ajouté que les généralistes passaient actuellement beaucoup de temps à faire «de la paperasse», au détriment de leur travail de médecin.
«En ce moment, on a l'impression de n'être bons qu'à fournir des QR codes, alors qu'on a autre chose à faire […] Devant une administration défaillante, il faut prendre ses responsabilités.»

Les faux pass

Mais outre des situations comme celles-ci, certains Français, résolument opposés à la vaccination, optent pour l’achat du document qui est devenu obligatoire dans de nombreux domaines d’activités. Ainsi, une étudiante a déclaré à Sputnik que des pompiers ayant reçu la formation pour vacciner pourraient simuler une injection ou qu’il était possible d’aller dans un centre mais de demander à l’infirmière d’expulser la dose à côté. En outre, des propositions de fourniture de faux pass sont publiées sur les réseaux sociaux.
Une pratique sévèrement blâmée par le ministre de la Santé qui estime que «le pire, dans ces actes, c'est qu'ils jettent des doses de vaccin».
Ainsi, à la mi-juin, Le Parisien avait repéré deux centres de vaccination en Île-de-France dont les employés délivraient des passeports sanitaires sans faire d’injections. Les journalistes en avaient obtenu un, moyennant 300 euros.
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