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Les talibans aux portes du pouvoir: ces erreurs que le Pentagone a commises en Afghanistan

© Sputnik . Said Zackeria / Aller dans la banque de photosAfghanistan
Afghanistan - Sputnik France, 1920, 15.08.2021
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L’offensive des talibans*, qui ont déjà commencé à entrer dans Kaboul, se déroule à une vitesse vertigineuse. Le magazine Foreign Policy a mis en exergue les erreurs que les Américains ont commises dans ce pays durant 20 ans et qui ont rendu cela possible.
Tandis que les talibans* sont aux portes du pouvoir en Afghanistan après que le Président Ashraf Ghani a quitté le pays, le magazine américain Foreign Policy (FP) met en cause la politique des États-Unis sur le terrain, qu’il juge erronée.
Où sont les forces de sécurité afghanes? En 20 ans de présence militaire, «les États-Unis et leurs alliés ont investi des milliards de dollars dans le développement, l'armement et la formation de l'armée de terre, l’armée de l’air, les commandos des forces spéciales et la police» de l’Afghanistan, note le média. L'Otan a pour sa part déclaré avoir «fait don de plus de 70 millions de dollars de fournitures aux forces de défense afghanes, y compris du matériel médical et des gilets pare-balles».

Une corruption totale

Malgré tous ces investissements, et en dépit du fait que 300.000 soldats afghans ont été entraînés et équipés pendant les deux dernières décennies, la semaine dernière 10 capitales provinciales sont tombées, et quatre d’entre elles ont été remises aux insurgés par les forces nationales qui ont refusé de se battre, d’après des sources sécuritaires et régionales citées par le magazine.
«La faute ne réside pas dans la formation ou les équipements fournis à l’Afghanistan», d’autant que le pays produit depuis longtemps «de bons combattants», ont noté des experts interrogés par le média. Les raisons de cet échec monumental proviennent pour eux du gouvernement du Président Ashraf Ghani: «Les ministères de la Défense et de l'Intérieur sont notoirement corrompus».
Ainsi, d’après certaines sources, la police afghane «n'a pas été payée depuis des mois». Pour d'autres, il en va de même concernant le ministère de la Défense, malgré les systèmes de paiement électronique, et «dans de nombreuses régions, les soldats et la police ne reçoivent pas suffisamment de nourriture, d'eau, de munitions ou d'armes». Qui plus est, «des sommes massives sont détournées et blanchies au détriment des services civiques, de la santé, de l'éducation et de la sécurité».

L’échec de Washington

De l’avis de Weeda Mehran, spécialiste des conflits à l'Université d'Exeter cité par FP, le départ des troupes américaines, qui ont disparu brusquement de l'aérodrome de Bagram, la plaque tournante des opérations du Pentagone en Afghanistan, a «porté un coup dur au moral des forces de sécurité».
Donald Trump a conclu un accord bilatéral avec les talibans* en février 2020 pour mettre fin à 20 ans de présence américaine ayant coûté à Washington quelque 1.000 milliards de dollars. Début juillet 2021, Joe Biden a annoncé le retrait des troupes, lequel s’est effectué à une vitesse surprenante. Depuis, les talibans* ont progressé de manière fulgurante.
D’après l'analyste des opérations militaires Jonathan Schroden, interrogé par FP, il s’agit en grande partie d’un «manque de volonté et/ou de capacité à se battre très longtemps». Car les forces de Kaboul «ne croient pas en ce pour quoi on leur demande de se battre». La désertion n’est pas pénalisée en Afghanistan, contrairement aux États-Unis, a-t-il souligné. D’autre part, ceux qui ont essayé de se défendre se sont rapidement retrouvés à court de nourriture et de munitions. 

Réaction de l’Occident

Face à la progression vertigineuse des talibans*, la Russie a lancé ce dimanche la procédure de convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l'Onu. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a convoqué une nouvelle réunion gouvernementale de crise et va réunir mercredi le Parlement, actuellement en vacances.
Le personnel de l'ambassade des États-Unis à Kaboul a été déplacé en urgence vers l'aéroport de la capitale, où ont été dépêchés des milliers de soldats américains, a indiqué ce dimanche le secrétaire d'État Antony Blinken. L'Allemagne a également transféré son personnel diplomatique dans l'aéroport de Kaboul, son évacuation étant prévue pour lundi.
L'Hexagone met actuellement «tout en œuvre pour assurer la sécurité des Français» encore sur place, et Emmanuel Macron «suit heure par heure la dégradation très préoccupante de la situation», a indiqué l'Élysée, cité par l’AFP.
Un responsable de l'Otan a déclaré à cette agence qu'il était «plus urgent que jamais» de trouver une solution politique au conflit.
*Organisation terroriste interdite en Russie
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