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«Le pauvre ne se repose pas!»: dans le nord du Togo, le combat d’un centenaire pour sa survie

© Sputnik . Alphonse LogoVillage montagneux de Sidiki
Village montagneux de Sidiki  - Sputnik France, 1920, 19.08.2021
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Quelque part dans l'extrême nord du Togo, dans la région des savanes, la plus pauvre du pays, le quotidien d'un centenaire et de sa famille est un combat de tous les jours contre la pauvreté. Ils vivent dans un village dans les monts Sidiki, où ils peinent à avoir accès à l'eau potable.
Bomboma Bidjobgue est assis sous un arbre aux puissantes racines enfouies dans le sol rocailleux devant sa petite maison dans le village montagneux de Sidiki dans la région des savanes, aux confins septentrionaux du Togo, non loin des frontières avec le Burkina Faso. Tête et barbe totalement blanches, il porte une petite casquette sur la tête.
Bomboma doit être dans la centaine. Il était dans la force de l'âge quand le Togo accédait à l’indépendance le 27 avril 1960. Mais le poids de son âge ne l’empêche pas de continuer à mener, quotidiennement, une journée de travail particulièrement chargée. Entre le champ et d'autres activités génératrices de revenus à la maison, il doit trouver de quoi nourrir sa famille composée d'une demi-dizaine de personnes.
© Sputnik . Alphonse LogoBomboma Bidjobgue entouré de ses deux chiens
Bomboma Bidjobgue entouré de ses deux chiens  - Sputnik France, 1920, 21.09.2021
Bomboma Bidjobgue entouré de ses deux chiens
Tous les matins, le vieillard sort de chez lui très tôt, avant la levée du soleil, pour cultiver la terre et ne revenir que dans l’après-midi. Dans sa maison faite de quelques cases construites en banco (argile de terre) et couvertes de pailles, c’est une autre activité qui l’attend. Il s’agit de la confection de paniers généralement utilisés dans le village par des agriculteurs pour stocker leurs productions.
«Nous étions au champ depuis le matin. Mais comme le soleil est de plus en plus fort, nous sommes rentrés. J'en profite donc pour préparer les brindilles pour la confection des paniers. C’est mon deuxième métier après le champ», confie-t-il à Sputnik.
© Sputnik . Alphonse LogoBomboma assis sous l'arbre devant sa maison, préparant les brindilles pour la confection des paniers
Bomboma assis sous l'arbre devant sa maison, préparant les brindilles pour la confection des paniers - Sputnik France, 1920, 21.09.2021
Bomboma assis sous l'arbre devant sa maison, préparant les brindilles pour la confection des paniers
© Sputnik . Alphonse LogoLa maison du vieux Bomboma Bidjobgue entourée de petites cultures de maïs et de soja
La maison du vieux Bomboma Bidjobgue entourée de petites cultures de maïs et de soja - Sputnik France, 1920, 21.09.2021
La maison du vieux Bomboma Bidjobgue entourée de petites cultures de maïs et de soja
Du champ à la confection des paniers, Bomboma Bidjobgue n’a pas de temps pour le repos, malgré son âge avancé.
«Ah! le pauvre ne se repose pas. Sidiki est un pauvre village où nous vivons de l’agriculture et de l’élevage. Nous cultivons du soja, du haricot, du maïs. C’est ce que vous voyez tout autour de la maison, ça pousse petit à petit. Mais en attendant la petite récolte qui nous permet d’avoir de l’argent, je produis des paniers que je vais vendre au marché pour assurer le quotidien de ma famille», raconte le centenaire.
© Sputnik . Alphonse LogoUn panier confectionné par le vieux Bomboma Bidjobgue
Un panier confectionné par le vieux Bomboma Bidjobgue  - Sputnik France, 1920, 21.09.2021
Un panier confectionné par le vieux Bomboma Bidjobgue
Au marché, précise Martine, une de ses petites filles, à Sputnik, chaque panier se vend à 1.500 francs CFA, soit 2,3 euros.
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«Chaque semaine au moins, Papa Bomboma produit cinq paniers, soit 20 par mois, que nous allons vendre au marché. Parfois on arrive à tout vendre dans le mois. Cela nous permet d’acheter des vivres pour la maison le mois suivant. Et moi aussi je l’aide un peu», confie-t-elle.

Entraide

Âgée de 21 ans, Martine aide en effet son grand-père depuis qu’elle a abandonné en 2016 les études. Elle venait d’être ajournée à l’examen du certificat d’étude du premier cycle. La pauvreté ne lui a pas permis d'avoir de deuxième chance. Elle a vite appris à tisser des pagnes qu’elle va également vendre sur le marché à 15.000 francs CFA l’unité (soit 23 euros).
© Sputnik . Alphonse LogoExemplaire de pagne Kenté tissé par Martine
Exemplaire de pagne Kenté tissé par Martine  - Sputnik France, 1920, 21.09.2021
Exemplaire de pagne Kenté tissé par Martine
© Sputnik . Alphonse LogoMartine dressant le pagne contre elle pour montrer sa beauté
Martine dressant le pagne contre elle pour montrer sa beauté  - Sputnik France, 1920, 21.09.2021
Martine dressant le pagne contre elle pour montrer sa beauté
«J’ai appris à tisser chez une camarade de classe lorsque j’étais en fin de cours primaires. Quand j’ai arrêté les classes, je me suis procuré le nécessaire pour m’y mettre. J’arrive parfois à tisser par mois jusqu’à quatre pagnes de deux mètres sur un. Et quand j’arrive à en vendre un ou deux, je soutiens la famille avec», explique Martine.
Une entraide qui permet jusque-là à Bomboma Bidjobgue et sa famille de résister à la pauvreté.
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Dans ce village de Sidiki, situé dans la région des savanes, la plus pauvre du pays, le centenaire ne lutte pas seulement contre la pauvreté. Il est confronté à d’autres problèmes, au premier rang desquels l’accès à l’eau.
Chaque jour, le vieux Bomboma parcourt, affirme-t-il, des kilomètres à travers la montagne, parfois avec quelques autres membres de sa petite famille, pour chercher de l’eau.
Sidiki, tout comme d’autres villages voisins situés dans les monts Sidiki, souffre de ce problème depuis plusieurs décennies.
Un barrage y a d’ailleurs été construit récemment pour recueillir 30.000 mètres cubes d’eau en vue de les alimenter en eau potable. Malheureusement, ce barrage n’a pas fait long feu. Il a suffi de deux grandes pluies pour briser tous les espoirs.
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