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Porte-parole des talibans: «Nous devons pouvoir coexister, faire preuve de tolérance»

© Sputnik . Stringer / Aller dans la banque de photosDes talibans à Kaboul
Des talibans à Kaboul - Sputnik France, 1920, 22.08.2021
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Après une conquête presque fulgurante du pouvoir en Afghanistan, les talibans* veulent rassurer la communauté internationale qui hésite à les reconnaître. «Nous devons nous concentrer sur le futur» et «nous réunir pour reconstruire le pays», affirme auprès de TF1/LCI leur porte-parole et négociateur Suhail Shaheen.
Dans un entretien exclusif accordé à TF1/LCI, le porte-parole et le négociateur des talibans* Suhail Shaheen estime qu’ils ne visent pas à prolonger la guerre, puisque dans ce cas «elle ne s’arrêtera jamais».
«Le passé, c’est le passé. […] Maintenant nous devons nous concentrer sur le futur. Et le futur concerne tout le monde. Nous devons pouvoir coexister, faire preuve de tolérance et nous réunir pour reconstruire le pays», souligne-t-il alors que les insurgés se sont emparés du pouvoir en Afghanistan en l’espace de quelques semaines seulement. 
Il assure également que les talibans* ne projettent pas de traquer les opposants figurant sur des listes, comme le rapporte un document rédigé pour les Nations unies par le centre norvégien d’analyses mondiales RHIPTO et consulté par Reuters ou encore l’AFP.  
«Je démens complètement les faits. Nous avons promulgué une amnistie générale, et tout ceci n'est que de la propagande de nos opposants pour créer la peur afin de terrifier les gens», fait-il valoir. 

Question des femmes

La question du respect des droits des femmes par le nouveau pouvoir préoccupe beaucoup la communauté internationale. À ce titre, le porte-parole affirme qu’«il n'y a aucun problème avec le droit des femmes». 
Il admet qu’il y a toutefois «une question sur le port du hijab [voile]», qui a été imposé entre 1996 et 2001 quand les talibans* avaient pris la tête du pays. Les femmes ne seront pas forcées à porter la burqa, poursuit Suhail Shaheen, rappelant qu’il «y a plusieurs types de hijab».
Quant à l’adultère des femmes, lequel était sanctionné de la lapidation parfois jusqu’à la mort dans les années 90, il souligne que «tout cela dépendra des décisions des juges de la Cour islamiste, il y a des enquêtes et la peine sera décidée en fonction de la loi islamique».

Menace de Daech* 

Revenant sur le sujet de la menace que représentent les groupes terroristes, Suhail Shaheen tranche:
«Daech* s'est battu contre nous dans le Nord et dans l’Est de l’Afghanistan. Et pour construire un pays en paix, si vous voulez redévelopper l’économie de l’Afghanistan, que ses habitants aient une vie prospère, la première chose à faire est de s’assurer que personne ne vienne perturber l’équilibre du pays.»
Auparavant, le représentant spécial du Président russe pour l’Afghanistan, Zamir Kaboulov, avait déclaré que, bien que le mouvement soit placé sur la liste officielle des organisations terroristes en Russie, ainsi qu’au Canada, au Kazakhstan et aux Émirats arabes unis, Moscou ne craignait pas que l’Afghanistan se transforme en une nouvelle incarnation de Daech*.
Le 16 août, Emmanuel Macron a estimé que «des groupes terroristes [étaient] présents en Afghanistan et chercher[aie]nt à tirer profit de la déstabilisation». 
«L’Afghanistan ne doit pas redevenir le sanctuaire du terrorisme qu’il a été», a-t-il jugé.

Position de la communauté internationale

L’arrivée brusque des talibans* au pouvoir divise actuellement la communauté internationale.
Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borell a estimé que l’Union Européenne devrait «parler» aux talibans* «aussi vite que nécessaire», puisqu’ils «ont gagné la guerre». Ceci ne promet toutefois pas une prompte reconnaissance de ce nouveau pouvoir.
Au cours de leur conversation téléphonique du 20 août, Vladimir Poutine et Emmanuel Macron «ont partagé leurs analyses respectives sur la situation en Afghanistan, sur les évacuations en cours, ainsi que sur nos attentes prioritaires à l’égard des talibans*: lutte contre la drogue et les trafics d’armes, rupture avec les mouvements terroristes internationaux, respect du droit des femmes». 
Depuis de nombreuses années, Moscou a reçu plusieurs fois les émissaires des talibans*. Répondant à la question de savoir si la Russie pourrait les reconnaître, Sergueï Lavrov a déclaré que ceci dépendrait de leurs actions et du respect des engagements pris. Jean-Yves Le Drian est d’un avis similaire.
«J’ai demandé que les talibans* démontrent par des actes qu’ils ont changé comme ils le disent. À eux d’en faire la preuve», a-t-il déclaré le 18 août.
Quant au Canada, son Premier ministre a martelé qu’Ottawa n’avait «aucune intention de reconnaître un gouvernement taliban*».
*Organisations terroristes interdites en Russie
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