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Violence, trafic de drogue: les habitants de Marseille ne sont plus «choqués»

© AFP 2021 GERARD JULIENDes policiers français lors d'une opération de police contre la prolifération des stupéfiants et des armes dans les quartiers nord de Marseille, janvier 2012
Des policiers français lors d'une opération de police contre la prolifération des stupéfiants et des armes dans les quartiers nord de Marseille, janvier 2012 - Sputnik France, 1920, 23.08.2021
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Alors que la cité phocéenne sort marquée des fusillades qui ont encore éclaté ce week-end le trafic de stupéfiants ne recule pas. Le maire projette la création d'un «parquet spécial» et appelle à l’aide l’État, la police étant débordée, quand les locaux disent s’être déjà habitués.
À Marseille, les fusillades se poursuivent. Dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 août, un homme a été enlevé en pleine rue puis retrouvé mort par balle dans une voiture calcinée. La même nuit, deux hommes ont été abattus dans le quartier de la Marine Bleue. Jeudi 19 août, c’est un adolescent de 14 ans qui avait déjà été tué; tous à la Kalachnikov.
«C’est triste, mais on n’est même plus choqués quand ça arrive. On a appris à rester loin des fenêtres quand on entend des tirs par peur de se prendre une balle perdue», commente auprès du Parisien un habitant du quartier.
Bien que le parquet n’ait pas précisé si le mineur de 15 ans était directement impliqué dans la vente de drogue, Gérald Darmanin a explicitement fait le lien entre cette affaire et la «terreur qui s’installe dans des quartiers dont on sait qu’ils sont la proie des trafiquants de drogue».
À propos de la nuit meurtrière de samedi, la préfète de police Frédérique Camilleri a précisé qu’aucun lien n’avait pour le moment été établi entre les deux affaires. Deux enquêtes ont été ouvertes, pour assassinat en bande organisée dans le cas de la première fusillade, et enlèvement et homicide en bande organisée pour la seconde.

«Une bataille gagnée» sur le terrain de guerre

«S’il est trop tôt pour déterminer les motivations des auteurs de cet acte, ce nouvel épisode de violence n’entame pas la détermination des services de l’État à lutter sans relâche contre les trafics et la circulation des armes et à mettre tous les moyens pour retrouver les auteurs de ces homicides», indique la préfète.
Une «détermination» de l’État appuyée par la déclaration de Gérald Darmanin qui assure «avoir gagné une bataille» dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, se référant aux chiffres des saisies de drogue réalisées en France au cours du premier semestre.
Selon RTL, qui se réfère à la brigade des stupéfiants, le nombre de points de vente est passé de 156 à 160 sur les six derniers mois. Et il existe une tendance des vendeurs à se barricader, se méfiant de la police, souligne la radio.

Un «parquet spécial»

Après ces fusillades en série, le maire de Marseille Benoît Payan (PS) a annoncé ce lundi 23 août son projet de créer un «parquet spécial» pour «s'attaquer à la racine» des trafics, et donc «taper là où ça fait mal, c'est-à-dire avec l'argent et avec les armes». L’édile a admis que le procureur de la République «faisait ce qu'elle peut, mais elle n'a pas les moyens de taper fort», appelant à un plus fort engagement de l’État.
Il assure ne pas vouloir rester «les bras ballants, regarder les balles passer et compter les morts tous les jours».
«On ne parle pas de 2-3 adolescents qui courent avec des barrettes de shit dans les poches. On parle de trafics qui génèrent des millions d'euros de revenus tous les mois. On parle de gens qui se fournissent en armes lourdes sur Internet», rappelle le maire de Marseille. «Une Kalachnikov, ça coûte quelques billets de 50 euros à Marseille, et ça n'est pas acceptable».

«La police seule ne peut y arriver»

Le secrétaire départemental du syndicat Alliance Rudy Manna déplore pour sa part sur France Bleu une «erreur stratégique» des institutions qui disent vouloir résoudre le problème en déployant plus de forces de l’ordre sur le terrain.
Il estime «qu'on laisse la police lutter seule contre ces trafics de stupéfiants. Et c’est là qu'il y a une erreur stratégique puisque la police seule ne peut pas y arriver». Qui alors? Pour lui, la réponse ne réside pas seulement dans «l’État», mais dans l’Éducation nationale, les travailleurs sociaux, la justice et une force politique d'ensemble.
À son tour, Rudy Manna demande à la ville de Marseille d'agir, ajoutant ne pas apprécier l’idée d’un parquet spécial: «Je crois qu'on a tous les outils nécessaires en France. Déjà je suis content que Benoît Payan prenne la parole parce que depuis deux mois on ne l'a pas vu, je ne savais même plus si c’était le maire de Marseille».

Combien de morts déjà cette année?

La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a fait un décompte datant de la mi-août du nombre de morts dans des règlements de comptes. Ainsi, depuis le début de 2021, sans compter les victimes du week-end dernier, 11 personnes ont été tuées: cinq entre fin juin et début juillet, et déjà quatre en août, pour un total de 12 victimes sur la période estivale.
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