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La France risque encore de perdre des emplois soutenus par Macron au profit de l’Allemagne suite à l’accord sur Ariane 6

© Sputnik . Serguei Piatakov / Aller dans la banque de photosLe Centre spatial guyanais de Kourou.
Le Centre spatial guyanais de Kourou. - Sputnik France, 1920, 29.08.2021
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L’accord franco-allemand censé relancer l’industrie spatiale européenne pourrait tourner à l’avantage de Berlin. Des emplois sont menacés sur le site de Vernon, auquel Macron avait pourtant apporté son soutien.
L’accord franco-allemand sur la politique spatiale, annoncé en grande pompe par Bruno Le Maire, pourrait finalement s’avérer dur à avaler côté français. En échange d’un financement accru, concernant notamment le développement du lanceur Ariane 6, Berlin devrait demander des délocalisations. L’usine de Vernon, dans l’Eure, est en particulier menacée, rapporte Le Démocrate vernonnais.
Le site travaille entre autres à l’élaboration du moteur Vinci, censé équiper à terme le lanceur Ariane 6. Une production que Berlin souhaiterait voir rapatrier outre-Rhin, vers le centre aérospatial allemand de Lampoldshausen. La perspective de ce transfert est explicitement évoquée dans les accords franco-allemands, affirme le syndicat CFE-CGC.
«En contrepartie d’un financement supérieur à celui de la France, l’Allemagne demande le rapatriement de la production des moteurs Vinci […]. Ça fait longtemps que les Allemands ont des velléités sur cette partie de la production. Les salariés sont inquiets», explique ainsi un délégué syndical au Démocrate vernonnais.
En échange du moteur Vinci, qui mobilise l’équivalent de 25 à 30 personnes à temps plein, le site de Vernon pourrait se voir confier la production de turbopompes à oxygène. Une maigre consolation puisque l’usine travaille déjà sur de telles pièces.

«L’État sera là pour Vernon»

Ce transfert outre-Rhin constituerait surtout un camouflet pour Emmanuel Macron, qui s’était rendu à Vernon en janvier dernier, pour rassurer les salariés quant à la pérennité du site. «L’État sera là pour Vernon», avait alors claironné le Président, assurant que l’usine ne serait pas oubliée dans le plan France Relance, lequel devait allouer 500 millions d’euros au secteur spatial.
De fait, une aide de 15 millions d’euros a bien été consentie, afin de développer le moteur Prometheus, également fabriqué sur place. Trop peu pour compenser un potentiel départ du moteur Vinci, estiment cependant les syndicats.
«Ce n’est pas Prometheus ni le rapatriement des turbopompes qui va compenser la perte d’activité […]. On imagine que les conséquences futures pourraient aller jusqu’à la fermeture du site, dans plusieurs années», confie un syndicaliste au Démocrate vernonnais.
Le nombre d’employés à Vernon a déjà baissé, puisque l’usine compte aujourd’hui 864 salariés, contre 1.137 en 2017. L’hécatombe devrait continuer, puisque la société ArianeGroup compte supprimer 30% des emplois d’ici 2023, anticipant la fin du programme de développement d’Ariane 6.
La filière des lanceurs Ariane a été soumise à rude épreuve ces dernières années, devant notamment lutter contre la concurrence de SpaceX. La société américaine a même ravi à Arianespace sa première place en matière de mission spatiale commerciale.
Le fleuron français a aussi eu à pâtir d’un contexte social tendu en Guyane, où se situent son centre de recherche et sa base de lancement. En 2017, le Centre spatial guyanais (CSG) avait même été envahi par plusieurs milliers de manifestants.
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