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«Les sanctions ont été un booster»: ces producteurs français à la conquête des étals russes. Reportage

© Photo Pixabay/zavtrak92Camembert / image d'illustration
Camembert / image d'illustration - Sputnik France, 1920, 30.08.2021
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Des saucissons secs, des terrines, mais aussi du foie gras et des fromages. Les sanctions antirusses et par résultat l’embargo sur les produits européens ont été un véritable «booster» pour tout un éventail de producteurs français qui se sont engouffrés dans la brèche, au mépris des difficultés et pour le plaisir des papilles des clients russes.
Sputnik a rencontré quatre producteurs artisanaux français ayant lancé leurs propres entreprises en Russie, à l’époque où Moscou imposait un embargo alimentaire à l’Union européenne et aux États-Unis face aux sanctions économiques de 2014.
C’est au festival gastronomique annuel «Syr! Pyr! Myr! (Fromage! Festin! Monde!)», dans la région de Moscou, près d’Istra, que nous les avons croisés pour discuter des particularités de la production de nourriture artisanale française sur le sol russe.
«Les sanctions étaient un booster pour créer notre business, un vide dans lequel on s’est engouffré», souligne Sébastien Baudson, fondateur de la marque Baudcisson qui produit du jambon de Paris, du saucisson ou encore des magrets de canard fumés au foie gras.
Il explique avoir d’abord commencé la production pour sa propre consommation et pour celle de sa famille et ses amis, car il n’était plus possible de «trouver des saucissons dans les magasins» russes. C’est un an plus tard qu’il a lancé sa propre entreprise.
Un autre artisan, Axel Nagy, spécialisé dans les terrines et rillettes, note pour sa part les taxes de transport trop élevées pour ces produits venant de France.
«C’est pour ça qu’il est plus rentable de les produire en Russie», explique-t-il.

S’adapter au goût de la clientèle

Même si aujourd’hui il «est de plus en plus facile de s’approvisionner en viande de qualité» en Russie, sachant que «beaucoup de travail a été fait là-dessus», «il y a toutefois quelques ingrédients qui sont difficiles à trouver», nuance Sébastien Baudson.
«Par exemple, en termes d’épices, de piment d’Espelette, de paprika espagnol fumé, ce sont des produits qu’on trouve encore difficilement en Russie, qu’on doit faire venir de France ou d’Espagne. On a un problème sur les boyaux naturels, en France, on en a un large choix, ici c’est beaucoup plus calibré et standard», mentionne-t-il.
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Un autre entrepreneur, Martial La Planche, créateur de la marque Les Recettes de Grand-mère, se félicite également de l’amélioration nette de la qualité de la viande dans le pays de Pouchkine par rapport à il y a cinq ou six ans en arrière et se confie:
«On modifie les recettes par rapport au goût de la clientèle. J’ai dû adapter le goût qui est trop puissant pour la clientèle en Russie, pour le rendre moins agressif.»
Quant à Frédéric Piston d’Eaubonne, co-fondateur de la fromagerie Grand Laitier dans la région de Kalouga, à une centaine de kilomètres de Moscou, «il a fallu modifier tout» pour arriver «à un résultat à peu près semblable» à la France, ceci en raison de vaches et d'un lait qui sont complètement différents.

La production russe s’améliore

Les artisans français, déjà acclimatés, certains étant arrivés il y a plus d’une dizaine d’années, tiennent à souligner la «super organisation» de ce festival «fantastique» mis en place par les autorités régionales. Les exposants étaient principalement des Russes qui se sont lancés dans la production de nourriture européenne.
«Depuis quelques années, les saucissons [français] reviennent en masse sur les étals, mais produits en Russie. La qualité est meilleure d’année en année», souligne Sébastien.
Il salue également l’augmentation de la «sensibilité à la qualité» chez les artisans russes.
«Par exemple, il y a des collègues de l’Altaï ou de la Sibérie qui produisent du saucisson sec, qui est vraiment exceptionnel aussi, sur le fromage c’est pareil. […] Clairement, entre il y a quatre ans et aujourd’hui, c’est le jour et la nuit, les gens développent leur goût.»
Martial La Planche, qui poursuit la production selon les recettes de sa famille, partage également cet avis concernant l’impact positif de l’embargo sur les producteurs locaux qui «se sont vraiment mis à faire des produits d’excellente qualité».
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