La crise en Afghanistan fait émerger un marché noir des visas

© REUTERS / REUTERS TVUne queue près de l'aéroport de Kaboul
Une queue près de l'aéroport de Kaboul - Sputnik Afrique, 1920, 16.09.2021
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Un marché noir de visas étrangers vient d’émerger en Afghanistan où beaucoup d’ambassades restent fermées, selon Tolo News. À la frontière, les Afghans avec un visa sont également obligés de payer tandis que, faute de réserves bloquées, leur pays risque de s’enfoncer dans le chaos humanitaire.
La plupart des missions diplomatiques à Kaboul étant fermées ou pas ouvertes au grand public, des visas étrangers peuvent désormais être acquis sur le marché clandestin à des prix exorbitants, relate Tolo News ce jeudi 16 septembre.
Selon le directeur d'une agence de voyages à Kaboul, Shafi Samim, les Afghans payent actuellement trois fois le prix ou même plus pour un visa.
«Le prix réel d'un visa pour le Tadjikistan est de 60 dollars, mais sur le marché noir, il se monte à 350-400 dollars. Le prix réel d’un visa turc s’élève à 120 dollars, mais sur le marché clandestin, il peut aller jusqu'à 5.000 dollars. Il y a des secrets [pour l’obtention de visas, ndlr] que nous ne connaissons pas, seuls les revendeurs de première main savent comment les obtenir», a expliqué Shafi Samim à Tolo News.
Des représentants des agences touristiques ainsi que des Afghans ordinaires ont exhorté les pays étrangers à rouvrir leurs ambassades à Kaboul et à recommencer à délivrer des visas, expose le média.

Marché noir aussi à la frontière

Le Pakistan reste pour le moment le seul pays qui délivre toujours des visas aux citoyens de l’Afghanistan, ont affirmé à Tolo News des compagnies de voyage.
Mais si une personne dispose d’un visa pakistanais, ce n’est pas garanti qu’elle puisse franchir la frontière avec ce pays voisin de l’Afghanistan, ou en tout cas passer cette frontière gratuitement, poursuit le média.
Selon un résident de Kaboul, Mohmmad Haroon, pour franchir la frontière avec le Pakistan, en plus d'un visa, vous avez désormais besoin d'un «laissez-passer», vendu par certaines personnes proches de la mission diplomatique pakistanaise. Lui-même titulaire d’un visa pakistanais, M.Haroon ne peut pas traverser la frontière à Torkham.
«Les gens attendent ici depuis un ou deux mois. Ils ont des visas, mais ne peuvent pas passer le poste-frontière de Torkham. Ils [les vendeurs, ndlr] ont créé un marché noir et vendent le laissez-passer pour 200-300 dollars», a confié Mohmmad Haroon à Tolo News.

L’Afghanistan attend son argent

Alors que certains Afghans sont prêts à payer des prix plus élevés pour obtenir des visas et partir, la crise dans le pays est accentuée par le blocage des réserves de la Banque centrale d’Afghanistan aux États-Unis.
Le nouveau gouvernement afghan formé par les talibans* s’est adressé aux autorités américaines avec la demande de restituer des fonds gelés par Washington à hauteur de plus de neuf milliards de dollars.
Pour l’instant, les États-Unis n’ont promis que de verser 64 millions de dollars, sur le 1,1 milliard de dollars mobilisé par l’Onu pour faire face au chaos humanitaire en Afghanistan.
Sur fond d’arrivée au pouvoir des talibans*, l’afghani, monnaie nationale du pays, a enregistré à la mi-août un recul historique.
Pour éviter un krach du système bancaire, les Afghans ne sont actuellement autorisés à retirer que l'équivalent de 200 dollars par semaine et par personne.
*Organisation terroriste interdite en Russie
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