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«Petit 2010 de merde»: les raisons d’une campagne de haine visant les élèves de 6e

© Photo Pexels/Katerina HolmesEn classe, image d'illustration
En classe, image d'illustration - Sputnik France, 1920, 17.09.2021
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Sur les réseaux sociaux et dans la vie, les enfants nés en 2010 sont devenus la cible de harcèlement jusqu’à avoir peur d’aller au collège. Les tenues vestimentaires, le jouet Pop-it et le jeu Fortnite sont au cœur des moqueries – une «illustration d'une violence grandissante», indique à Sputnik le président de l’association Hugo!, Hugo Martinez.
Depuis la rentrée, une peur croissante règne parmi les élèves de sixième. Une mère s’est interrogée du problème «des enfants nés en 2010» début septembre.
Contactée par La Voix du Nord, sa fille de 11 ans s’est souvenue des menaces qu’elle a entendues:
«Je ne suis pas sur les réseaux sociaux, mais je vais au skatepark régulièrement et les plus grands n’arrêtent pas de nous dire, que nous, les 2010, on va se faire frapper et insulter en rentrant au collège lundi à cause de vidéos qu’ont fait d’autres personnes nées en 2010 sur TikTok».
«Elle me dit que régulièrement, dans les couloirs, certains fredonnent la chanson Pop-it quand ils croisent un enfant né en 2010», raconte cette mère sur BFM TV. «Il est aussi arrivé, lorsqu'elle était assise sur un banc, que des grands se lèvent en disant: "On ne veut pas de 2010 à côté de nous"».

Points de départ

Une campagne de harcèlement #Anti2010 a pris de l’ampleur sur TikTok et Twitter surtout après le clip de la jeune youtubeuse Pink Lily, Pop It Mania, paru début août, explique Tristan, élève savoyard de 13 ans, interrogé par Le Parisien. Deux petites chanteuses scandent notamment être «les queens de 2010» et «déjà sur toutes les tendances».
La vidéo a récolté 75.000 likes et 392.000 dislikes au moment de la publication de cet article. Les commentaires ont été désactivés.
La chanson, ou tout simplement «2010, 2010», est alors scandée en cours ou dans la cour de récréation, lorsque des représentants de cette génération s’approchent.
Un enfant du Maine-et-Loire a été «traité de petit 2010 de merde», a constaté son père au Parisien.
Mais si Pink Lily a évoqué l’un des jouets caractéristiques adorés par la génération (Pop-it, une planche en silicone imitant le papier bulle), les racines de la haine vont bien au-delà.
Les premiers messages sous le hashtag #anti2010 sont apparus l’année dernière où des joueurs plus âgés de Fortnite s’en étaient pris aux plus petits pour le non-respect des codes, explique au Parisien Yasmine Buono, fondatrice de Net Respect.
«C’est vrai qu’on aime bien les charrier sur les réseaux sociaux», a raconté à La Voix du Nord Matteo, né en 2008. «Parce qu’ils ne maîtrisent pas encore bien les codes et qu’ils ont parfois des goûts de petits, comme Fortnite ou les Pop-it, mais ça va parfois trop loin».

Parents inquiets

La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) a dénoncé dans un communiqué cette situation qui perdure.
«Il est inacceptable que des enfants soient victimes d’appel à la haine, d’appel à la mort sur les réseaux sociaux associés à des images ultraviolentes», est-il fustigé. «Il est évident que leur santé mentale et psychologique est en réel danger».
En réponse à la campagne de harcèlement, certains internautes ont appelé à soutenir la génération visée.
L’association de parents exige notamment la mise en place «d’une vigie de grande ampleur» et pointe la nécessité de développer une «politique de protection de l’enfance sur les réseaux sociaux».

Côté parents et responsables, que faire?

Le président de l’association Hugo!, qui lutte contre le harcèlement scolaire, trouve dans le phénomène #anti2010 une «illustration d'une violence grandissante dans notre société».
«Les enfants reproduisent le climat dont ils sont témoins au contact des adultes. On ne discrimine plus maintenant que pour le physique, l'intellectuel, le sexe ou la couleur de peau mais aussi pour l'âge... Et cela en dit long sur l'escalade dans laquelle nous sommes», déclare à Sputnik Hugo Martinez.
Concrètement, les parents et directions de collèges doivent établir un dialogue avec les élèves en matière de discrimination et harcèlement et les en questionner, estime-t-il. Le président de l’association appelle en outre l’exécutif, notamment Jean-Michel Blanquer et Cédric O, le secrétaire d'État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, «à convoquer les plateformes concernées pour désarmer la situation et proposer des mesures concrètes et rapides».
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