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Un laboratoire - Sputnik France, 1920, 22.09.2021
Sciences et tech

Sang, sueur et larmes: des chercheurs désignent les ingrédients pour créer du béton sur Mars

© Photo Pixabay/KELLEPICSColonisation de Mars (image d'illustration)
Colonisation de Mars (image d'illustration) - Sputnik France, 1920, 17.09.2021
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Si le coût du transport d'une seule brique vers Mars a été estimé à environ deux millions de dollars en 2017, les scientifiques de l’Université de Manchester proposent de fabriquer du béton martien après l’arrivée sur la planète rouge en utilisant pour cela l’urine, le sang et les larmes des astronautes.
Alors que l’idée de coloniser la planète rouge prend de l’ampleur, les scientifiques cherchent les moyens de rendre cette entreprise moins coûteuse. Des chercheurs de l’Université de Manchester proposent notamment une méthode éprouvée de fabrication de béton une fois les astronautes sur place.
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Si auparavant les chercheurs se concentraient sur les cailloux, la poussière et un peu d’eau en tant que composants principaux de ce béton, les auteurs de l’étude, publiée le 10 septembre dans la revue Materials Today Bio, se tournent vers une source qui a été jusqu’à présent négligée: l’équipage lui-même.
Ils désignent notamment l'albumine sérique, une protéine du plasma sanguin. Son utilisation en tant que liant pour la poussière martienne permettrait de fabriquer une sorte de béton avec une résistance à la compression de près de 25 MPa (Mégapascals). À titre de comparaison ce chiffre varie pour le béton ordinaire entre 20 et 32 MPa. Ce nouveau matériau a été baptisé AstroCrete.
Et ce n’est pas tout. Les scientifiques ont également établi que l’urée que l’organisme humain excrète avec l'urine, la sueur et les larmes pourrait encore augmenter sa résistance à la compression de plus de 300%, ce qui le rendrait plus performant avec une résistance à la compression de près de 40 MPa.

Une technologie médiévale

Il s’agit pourtant d’une ancienne méthode car le sang animal était historiquement utilisé comme liant pour fabriquer le mortier.
«Il est passionnant qu'un défi majeur de l'ère spatiale ait pu trouver sa solution sur la base d'inspirations de la technologie médiévale», a déclaré Aled Roberts, l’un des auteurs de l’étude, cité par l’Université de Manchester.
Quoi qu’il en soit, les scientifiques ont calculé qu’un équipage de six astronautes pourrait produire plus de 500 kg d'AstroCrete à haute résistance au cours d'une mission de deux ans sur Mars. Si ce béton était utilisé comme mortier pour des sacs de sable ou des briques de régolithe thermofusionnées, chaque membre d'équipage pourrait en produire suffisamment pour étendre leur habitat afin d’abriter une personne supplémentaire, doublant ainsi le nombre de logements disponibles à chaque mission successive.  

Les problèmes de la colonisation

Un article paru en décembre 2017 dans la revue spécialisée Structure évalue le coût du transport d'une seule brique vers Mars à environ deux millions de dollars, ce qui rend problématique la construction de colonies à partir de matériaux terrestres.
Pourtant, le défi de la colonisation ne paraît pas insurmontable pour Elon Musk qui envisage d’y envoyer un million de personnes au cours des 30 prochaines années. Le 9 janvier 2021, il avait évoqué une nouvelle fois son intention de construire une ville sur Mars.
D’ailleurs, en avril, il a lui-même reconnu que le voyage serait «dangereux, inconfortable», qu’il n’y aurait «probablement pas de bonne nourriture» et que tous ne pourraient pas «revenir vivants». Il a souligné que la mission ne s’ouvrirait qu’à des volontaires car «une poignée de gens vont probablement mourir au début».
Au mois d’août, dans une tribune au Monde, Louis d’Hendecourt, directeur de recherche émérite au CNRS et Aix-Marseille-Université, a qualifié le projet du fondateur de SpaceX d’absolument irréalisable. Non seulement parce qu’il faut payer «un coût environnemental désastreux à tous les niveaux (financements, ressources naturelles et… pollution)» pour quitter la Terre, mais aussi parce que Mars est par définition une planète inhabitable et que les tentatives de la «terraformer» sont vouées à l’échec.
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