Blanquer se prononce pour la mise en place de l’uniforme à l’école

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Le débat sur le port de l’uniforme en France franchit une nouvelle étape. Jean-Michel Blanquer, qui y est toujours favorable, a évoqué sa prédisposition à en faire la promotion pour que son port soit décidé par davantage d’écoles publiques. Pour lui, cette pratique permet d’éviter la concurrence entre élèves.
Les débats sur l’épineuse question de la mise en place de l’uniforme à l’école sont de retour, animés entre autres par le souhait d’Éric Zemmour de le rendre obligatoire. Favorable à cette pratique, le ministre de l’Éducation campe sur ses positions depuis des années, estimant que son introduction relève des collectivités locales.
Loin de l’idée de l’imposer à l’école publique, Jean-Michel Blanquer a toutefois prôné son caractère légal sur le plateau de LCI.
"J’ai toujours dit que c’était une bonne idée et passer le cap cela signifie que les établissements s’engagent dans cela. C’est tout à fait possible dans le cadre juridique actuel. J’ai d’ailleurs promu cela dans le passé dans tel ou tel établissement".
En indiquant que peu d’entre eux l’avaient mis en place, il a cité l’Internat d’excellence de Sourdan et a annoncé une éventuelle campagne de publicité:
"Il est possible d’en faire la promotion, et je le ferai probablement".
Pour lui, le problème consiste plutôt dans "des marques [ou de] l’allocation de rentrée":
"Il y a une concurrence à l’achat de biens de consommation très chers entre les enfants, et puis on leur met dans la tête des objectifs de se procurer tel vêtement de marque ou tel objet de marque, et ça, c’est une très mauvaise chose. Donc une vertu d’un habit commun, c’est celle-là", a-t-il affirmé dans l’émission Touche pas à mon poste sur C8, le 14 septembre.
En 2018, le vêtement unique a été instauré dans les écoles primaires de Provins en Seine-et-Marne en conformité avec les résultats d’un référendum local. Deux ans plus tard, il était en voie de disparition, selon Le Parisien.
Presque inexistant en Métropole, son port est d’usage en Outre-mer. Selon Jean-Michel Blanquer, la majorité des établissements scolaires l’applique.
Un vieux débat
Uniquement lors de la dernière décennie, ce sujet a émergé à plusieurs reprises au niveau politique.
Lors de la présidentielle de 2017, François Fillon et Marine Le Pen, comme son père autrefois, prônaient sa mise en place. Après l’attentat contre Charlie Hebdo, un collectif de députés de droite, parmi lesquels Bernard Debré, Éric Ciotti, Nicolas Dupont-Aignan et Annie Genevard, ont déposé à l'Assemblée nationale la même proposition de loi.
Puis une autre a été exposée au Sénat et enregistrée en janvier 2013 par un collectif de sénateur.
En 2020, la dernière en date a été présentée à l’Assemblée nationale par les députés Laure de La Raudière (Agir ensemble), M'jid El Guerrab (Mouvement radical) et Aina Kuric (Agir ensemble).
Le pour et le contre
L’effacement des distinctions sociales qui se traduit par le prix et les marques des vêtements portés par les élèves constitue l’un des bienfaits principaux de l’uniforme, estiment ses nombreux adeptes dont François Fillon qui a avancé en 2017 l’idée d’"une tenue uniforme, qui peut être un t-shirt et un jean, de symboliser l'égalité".
Il s’agit par ailleurs de mettre les élèves sur la même longueur d’onde, ont estimé les sénateurs dans leur proposition de loi 2012-2013:
"En portant des vêtements structurés comme un uniforme, les élèves sont plus susceptibles d'avoir un état d'esprit adapté lorsqu'ils entrent dans l'environnement d'apprentissage. Ils sont beaucoup plus susceptibles d'exceller lorsqu'ils portent leur uniforme, que lorsqu'ils ne le font pas".
Au plus vif du débat après la précédente présidentielle, les Français y étaient majoritairement favorables (63%), selon un sondage Ifop pour Valeurs actuelles, réalisé en août 2017. Cela constitue une hausse de six points par rapport à 2015.
D’après Le Monde, les 37% de parents y étant opposés en Seine-et-Marne ont mis en avant le prix de ce vêtement comme bafouant le principe de l’école gratuite pour tous. La perte de l’individualité et de la possibilité de s’exprimer via la façon de s’habiller figurent également parmi leurs arguments.
Était-il obligatoire?
Suite à la relance du débat sur le "retour de l’uniforme" enflammé par la polémique autour des tenues "décentes" et "républicaines" en 2020, en particulier autour du port du crop-top critiqué par Macron, Claude Lelièvre, professeure honoraire d'Histoire de l'éducation à l'université Paris V, a estimé que parler de "retour" n’était pas correct.
"L'uniforme n'a jamais été imposé dans les écoles communales publiques, ni nationalement ni localement", a-t-elle tranché auprès de LCI.
Elle a pointé que le port pouvait être inscrit dans le règlement intérieur d’un établissement secondaire "sous forme d’uniformes ou de blouses-uniformes".
Le texte de la proposition de loi de 2020 a également mis en valeur le fait qu'il n’avait jamais été imposé:
"Seule la blouse fut obligatoire jusqu’en 1968, mais davantage pour préserver la propreté des vêtements (à l’époque, beaucoup d’enfants n’avaient qu’une ou deux tenues dans leur armoire), que pour obtenir une uniformité vestimentaire dans les classes".
L’uniforme chez les pays voisins
En Europe, les tenues uniformes sont assez rares. En Allemagne de même qu’en Italie, elles ont été abandonnées après la Seconde Guerre mondiale pour leur association avec le fascisme. En Belgique et en Espagne, c’est le cas pour certains établissements scolaires privés.
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