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International

Crise des migrants haïtiens: Biden accusé par son envoyé spécial de faire du Trump

© AFP 2021 BRENDAN SMIALOWSKIJoe Biden devant l'US Air Force
Joe Biden devant l'US Air Force - Sputnik France, 1920, 24.09.2021
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Ces derniers mois en Haïti, l’assassinat du Président et le dernier séisme ont poussé des milliers de citoyens à quitter l’île. Un nouvel exode bien gênant pour Joe Biden, qui avait promis de se montrer plus conciliant envers les migrants.
"Je ne serai pas associé à la décision inhumaine et contre-productive des États-Unis d’expulser des milliers de réfugiés et d’immigrants clandestins vers Haïti", tonne Daniel Foote, l’envoyé spécial de Washington en Haïti. Dans sa lettre de démission remise le 22 septembre au secrétaire d’État, Anthony Blinken, l’ex-émissaire critique même l’influence américaine sur la "perle des Antilles", évoquant la nécessité pour les Haïtiens de retrouver leur pleine souveraineté.
Il souligne aussi se trouver dans un pays où "les officiels américains sont confinés dans des complexes sécurisés en raison du danger posé par les gangs armés".

Une première dans l’histoire

Professeur de science politique et spécialiste d’Haïti, Roromme Chantal souligne à notre micro qu’il s’agit de la toute première fois qu’un membre du personnel américain en Haïti ose ouvertement s’opposer à Washington:
"Joe Biden avait placé une grande confiance en Daniel Foote quand il l’a envoyé en Haïti pour trouver des solutions à la crise après l’assassinat du Président. […] Daniel Foote est bien conscient que son geste va faire du mal à l’image des États-Unis et de Joe Biden, qui était censé se distinguer de Donald Trump", observe le professeur de l’Université de Moncton, au Canada.
Cette démission surprise fait effectivement suite à la décision de l’Administration Biden d’expulser plusieurs milliers de migrants haïtiens vers leur pays d’origine. Dans la troisième semaine de septembre, au moins 15.000 migrants en provenance d’Haïti ont réussi à pénétrer le territoire américain du côté du Texas, après avoir franchi le Rio Grande.
Les images de migrants rattrapés par des gardes-frontières américains ont fait le tour des médias un peu partout dans le monde. "Le peuple haïtien, embourbé dans la pauvreté, otage de la terreur, des enlèvements, des vols et des massacres de gangs armés et souffrant sous un gouvernement corrompu avec des alliances de gangs, ne peut tout simplement pas supporter l’injection forcée de milliers de migrants de retour sans nourriture, sans abri et sans argent", poursuit Daniel Foote dans sa lettre.
Pour Roromme Chantal, le départ de milliers d’Haïtiens vers les États-Unis illustre en quelque sorte "l’échec de la politique même de Washington" sur l’île d’Hispaniola:
"Depuis leur occupation du territoire haïtien, les Américains ont systématiquement soutenu des Présidents qui ont mené le pays à la ruine et à l’instabilité. Dans cette optique, on ne peut y voir qu’une conséquence indirecte de la politique étrangère américaine. […] C’est un peu l’arroseur arrosé", ironise l’ex-fonctionnaire de l’Onu.
Le 20 septembre dernier, le Président mexicain Andrés Manuel López Obrador a prié son homologue Joe Biden de contribuer à mettre en place de nouveaux programmes d’aide économique dans les régions touchées par l’exil pour contenir le tsunami migratoire.
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Côté mexicain, l’immense majorité des migrants haïtiens appréhendés sont emmenés dans des centres de détention dans la ville de Tapachula, dans l’État du Chiapas, près de la frontière avec le Guatemala.

Pénuries, enlèvements, gangs armés: Haïti dans le chaos

Chef du parti d’opposition UNIR (Union nationale pour l’intégrité et la réconciliation) et candidat à la prochaine élection présidentielle en Haïti, Clarens Renois estime que sa mission consiste notamment à freiner l’exode toujours plus grand de ses compatriotes.
Le 7 juillet, l’assassinat du chef de l’État contribuait à déstabiliser encore plus le pays, de même que le dernier tremblement de terre de la mi-août dernière.
"Vous savez, tous les Haïtiens songent à partir. C’est un réflexe proprement humain que de vouloir offrir à soi, mais surtout à sa famille un meilleur avenir. Le pays est au bord de l’effondrement. Il manque vraiment de tout. […] Vaut-il encore la peine de se battre pour ce pays? Moi, je pense que oui", confie Clarens Renois.
Pour Roromme Chantal, l’ex-émissaire Daniel Foote a raison d’évoquer dans sa lettre des enjeux de sécurité pour le personnel diplomatique américain. La présence d’un certain "climat anti-américain" dans le pays le plus pauvre d’Amérique latine contribuerait à exacerber certaines tensions:
"Heureusement pour les Américains, il n’y a pas de tradition de terrorisme en Haïti. En revanche, il y a une telle frustration que le corps diplomatique américain pourrait bien finir par être pris pour cible. Quand les gens meurent de faim, aucun scénario ne doit être écarté", conclut l’enseignant.
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