Madrid réclame l'extradition de Puigdemont, arrêté en Italie

© AP Photo / Emilio MorenattiCarles Puigdemont
Carles Puigdemont - Sputnik Afrique, 1920, 24.09.2021
Le gouvernement espagnol a réclamé vendredi l'extradition de l'ancien dirigeant catalan Carles Puigdemont, arrêté la veille en Sardaigne sur la base d'un mandat d'arrêt européen émis par Madrid, qui l'accuse de sédition.
L'ancien président de la Généralité de Catalogne doit comparaître dans la journée devant un tribunal d'appel de Sassari.
Agostinangelo Marras, un avocat de Puigdemont en Sardaigne, a déclaré à l'agence de presse italienne ANSA que le tribunal déciderait de confirmer son arrestation ou de le relâcher. Aucune décision sur la demande d'extradition ne sera prise, a-t-il ajouté.
L'arrestation de Carles Puigdemont, accusé de sédition pour avoir organisé en 2017 le référendum sur l'indépendance de la Catalogne, déclaré illégal par l'Espagne, a déclenché la colère de ses partisans à Barcelone.
Elle risque de compliquer la tâche du gouvernement de Pedro Sanchez qui vient de lancer il y a une semaine de nouvelles négociations avec l'exécutif indépendantiste de la région du nord-est de l'Espagne.
La police a bouclé vendredi certaines rues de la capitale catalane à la suite du rassemblement devant le consulat d'Italie de plusieurs centaines de manifestants aux cris de "Libérez Puigdemont" ou "Puigdemont est notre président".
Agé de 58 ans, l'ancien dirigeant catalan a été interpellé jeudi soir à la descente de son avion à l'aéroport d'Alghero par la police italienne des frontières alors qu'il était venu en Sardaigne assister à un festival folklorique catalan et rencontrer le président de la région.
Le Parlement européen a levé en mars dernier l'immunité parlementaire de Carles Puigdemont. Ce dernier s'était exilé en Belgique peu après le référendum d'octobre 2017, qui avait conduit le gouvernement de Mariano Rajoy à placer la région sous tutelle.
"M. Puigdemont doit se soumettre à l'action de la justice, tout comme n'importe quel citoyen", a déclaré dans un communiqué le gouvernement de Madrid.
S'il est extradé, Carles Puigdemont sera probablement jugé par le Tribunal suprême espagnol, qui a déjà condamné neuf autres dirigeants séparatistes catalans à de longues peines d'emprisonnement pour leur rôle dans la crise de 2017.
Le gouvernement espagnol les a graciés en juin dernier mais insiste pour que Puigdemont soit traduit en justice.
L'ex-président de la Generalitat avait déjà arrêté en 2018, en Allemagne, mais avait échappé à l'extradition.
La Belgique a opposé à ce jour une fin de non-recevoir à toutes les demandes d'extradition espagnoles.
L'un de ses avocats en Belgique, Paul Bekaert, a déclaré à Reuters que Carles Puigdemont n'aurait pas dû être arrêté en Italie car la Cour de justice européenne a estimé qu'il devait rester libre tant qu'un appel contre la levée de son immunité d'eurodéputé n'aurait pas été tranché.
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