Macron tacle Zemmour, sans l'évoquer, sur les "prénoms français"

© AFP 2022 BERTRAND GUAYEmmanuel Macron en visite du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France (BnF)
Emmanuel Macron en visite du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France (BnF) - Sputnik Afrique, 1920, 29.09.2021
Refusant de commenter la candidature possible d’Éric Zemmour, Emmanuel Macron a toutefois critiqué la polémique des "prénoms français" que l’essayiste a remise sur le tapis. Sans citer ce dernier, le Président a assuré que l’identité française "ne s’est jamais bâtie ni sur le rétrécissement […] ni [sur] des prénoms".
En visite du chantier de rénovation du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France (BnF), Emmanuel Macron a fait écho aux récentes affirmations d’Éric Zemmour sur les restrictions qu’il instaurerait sur le choix des prénoms s’il était élu Président.
"Nous nous posons souvent dans le débat politique la question de notre identité", a commencé le chef de l’État, sans pourtant évoquer le nom du polémiste qui hésite toujours à se porter officiellement candidat pour 2022. "Mais notre identité ne s'est jamais bâtie ni sur le rétrécissement […], ni [sur] des prénoms, ni [sur] des formes de crispation".
Mi-septembre, en tournée à l’occasion de la sortie de son livre "La France n’a pas dit son dernier mot", Éric Zemmour avait déclaré qu’il fallait "refaire des Français" et "interdire les prénoms étrangers", "pas seulement musulmans". Souhaitant également "limiter" l’islam, le polémiste a jugé que nommer son enfant Mohamed voulait dire "coloniser la France".
Pour le Président de la République, qui a salué la BnF comme étant "l'un des épicentres […] de nos savoirs et de la construction de notre avenir", "la France a toujours écrit sa propre histoire mondiale".
"Elle s’est toujours pensée universellement parce qu’elle s’est toujours pensée par des institutions qui dépassaient le simple hexagone et par une langue qu’elle a toujours fait voyager et dont l'épicentre aujourd'hui n'est plus sur ces rives de la Seine, mais sans doute bien davantage vers le bassin du fleuve Congo", a insisté le chef de l’État.
"Pas au Président de commenter les débats"
Jusque-là, Emmanuel Macron ne s’était pas prononcé quant aux questions relatives au débat politique en vue de la présidentielle. Interrogé la veille par un journaliste sur le cas d’Éric Zemmour, le Président de la République avait changé de sujet et répondu, en souriant, que le reporter "ne l’aura[it] pas".
"C’est normal que dans le moment que nous vivons, il y ait des candidats et des candidates potentiels ou déjà déclarés qui puissent s’exprimer sur leur projet pour la France. Je ne ferai aucun commentaire sur aucun d'entre eux. Ce n'est pas au Président de commenter les débats", a déclaré M.Macron.
Certaines personnalités politiques avaient plus tôt exprimé leur avis concernant la polémique des "prénoms français". Le 28 septembre, Nicolas Sarkozy a qualifié Éric Zemmour de "symptôme de vide" du débat politique.
"La pression d'une pensée unique est telle, qu'elle a fini par vider le débat politique" et ce vide "permet aux excès, aux extrêmes, à tous ceux dont l'excès sert d'argumentation, de prendre toute la place", a jugé l’ancien chef de l’État.
Son grand-père étant harki, Gérald Darmanin a été invité par Alba Ventura sur RTL à revenir sur ses origines également dans le cadre de cette polémique.
Mettant en lumière l’exploit de son grand-père pendant la Seconde Guerre mondiale pour la France, le ministre de l’Intérieur a estimé qu’il était "heureux du prénom que [lui] ont donné [s]es parents" et "très fier que [s]on deuxième prénom soit Moussa".
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