Près de 50% des CRS chargés de sécuriser les manifestations à Paris seraient en burn-out

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Voiture de police nationale à Paris - Sputnik Afrique, 1920, 29.09.2021
Les policiers issus des CRS chargés de la sécurité lors des manifestations à Paris ne tiennent pas le coup face aux multiples difficultés s’accumulant ces dernières années, couplées aux baisses d’effectifs, déplore le syndicat Unité-SGP Police FO qui pointe du doigt les mauvaises conditions de travail.
Alors que 150 agents sur les 350 chargés de sécuriser les manifestations à Paris se sont déclarés en arrêt maladie pour cause de burn-out, le syndicat Unité-SGP Police FO en Île-de-France s’indigne de leurs conditions de travail ainsi que de la diminution des effectifs, relate France Bleu.
Une vague de policiers a demandé un arrêt maladie vendredi et samedi dernier, ce qui a attiré l’attention sur cette situation.
L’un des fonctionnaires a confié à la radio que les effectifs avaient été réduits. Le syndicat a confirmé ces informations à Franceinfo, détaillant que le nombre d’agents était passé de 650 en 2013 à moins de 300 en 2021. Parallèlement, ces dernières années en France ont été marquées par la multiplication des manifestations. Ainsi, cette logique ne correspond pas à la situation réelle.

De mauvaises conditions de travail

En outre, le syndicat a évoqué des journées décalées et des rappels à répétition sur les jours de repos, ce qui a fait s’accumuler la fatigue.
Hubert Gimenez, délégué syndical, a notamment expliqué le fait que les agents des compagnies de sécurité pouvaient être réquisitionnés à n’importe quel moment, ce qui, d’après lui, "déstructure les vies personnelles". Qui plus est, il affirme que parfois, les policiers restent debout pendant huit heures sans possibilité d’aller aux toilettes.
"Ce sont nos collègues qui sécurisent les abords du palais de justice de Paris pour le procès des attentats du 13-Novembre", rappelle Hubert Gimenez.
De plus, le syndicat dénonce un coup de pression de la part de la hiérarchie et raconte l’histoire d’un agent placé en arrêt de maladie par son généraliste, un arrêt cassé par le médecin du travail "sans même l’ausculter".
"L’essentiel, pour notre direction, c’est que le service tourne. Peu importe si un policier est remis sur le terrain et susceptible de faire un malaise à tout moment", a déploré le représentant syndical auprès de France Bleu.
Le dialogue avec la préfecture de police est en cours, conclut la radio.

Les signes de la fatigue des policiers

Les grèves des policiers se sont multipliées ces dernières années, alors que le nombre de manifestations en France a connu une augmentation importante et par conséquent que la pression sur les forces de l’ordre s’est également accrue.
Un autre coup de colère de la part des policiers a été suscité par Emmanuel Macron qui avait évoqué le 4 décembre, lors d’une interview auprès du média en ligne Brut, les contrôles au faciès et les violences policières. Il avait notamment jugé "insoutenable" que soient davantage ciblés les jeunes dont la peau "n’est pas blanche". Ces paroles ont provoqué des actions de protestations des forces de l'ordre un peu partout dans l’Hexagone.
Qui plus est, en 2018, année où 35 policiers et 33 gendarmes se sont donné la mort, le Sénat a publié un rapport sur cette problématique. Le texte faisait le constat inquiétant d’un taux de suicide "anormalement élevé" chez ces professionnels dont le moral est en berne. Le document fait notamment état d’"un taux de suicide dans la police supérieur de 36% à celui de la population générale et des risques psychosociaux avérés".
Pour rappel, aujourd’hui, les policiers qui ont besoin d’assistance psychologique peuvent en recevoir en composant un numéro unique d'écoute et de soutien (le 0805 230 405), accessible à tous les personnels 24h sur 24, sept jours sur sept. Les appels sont "anonymes, confidentiels et gratuits".
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