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Agressions contre les policiers: "Ils servent de punching-ball, on les vise pour atteindre l’État"

© SputnikVoiture de police nationale à Paris
Voiture de police nationale à Paris - Sputnik France, 1920, 24.11.2021
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Signe des difficultés que subissent les forces de l’ordre, 750 agents ont eu recours depuis août 2020 au dispositif d’assistance d’urgence suite à des agressions. Denis Jacob, du syndicat Alternative police, alerte sur une situation explosive.

"Aujourd’hui, on n’est plus sur de l’attaque contre l’institution, mais sur l’attaque des agents pour leur nuire, voire les tuer."

Secrétaire national du syndicat Alternative Police, Denis Jacob ne peut cacher son inquiétude au micro de Sputnik, car selon lui, "le niveau de violence vis-à-vis des policiers augmente, qu’elle soit verbale ou physique". En témoignent notamment les tirs à balles réelles essuyés par les forces de l’ordre en Guadeloupe ou en Martinique.
Cette hostilité revêt également d’autres formes, comme les tags haineux. "Auparavant, les propos étaient plus généralistes comme “Fuck la Bac”, ou “nique la police”. Aujourd’hui, c’est “on cite le nom de l’agent” puis “on va te crever ou on va s’en prendre à ta famille”", indique Denis Jacob. Quand ce ne sont tout simplement pas les forces de l’ordre qui sont dans le viseur. À l’image des tableaux de primes qui ont vu le jour dans un hall d’immeuble de Savigny-le-Temple (77), où les trafiquants incitaient à s’attaquer à la police contre une somme d’argent, découverts le 29 octobre dernier.
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Or, ce contexte, particulièrement anxiogène se traduit par des passages à l’acte.

"Etre policier peut mettre gravement en danger"

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, les agressions à l’encontre des fonctionnaires de police ont doublé entre 2009 et 2019. Autre indicateur des menaces qui pèsent sur les agents: depuis août 2020, 750 d’entre eux ont eu recours au dispositif d’assistance d’urgence, selon des informations d’Europe 1. Un chiffre inquiétant, d’autant plus que Denis Jacob précise que la plateforme "n’est pas aussi connue en interne qu’elle devrait normalement l’être". Les sollicitations de ce service de la direction générale de la police nationale (DGPN) concernent notamment des demandes de prises en charge psychologique, voire des demandes de mutation lorsqu’un agent se sent menacé. Ou encore pour "signaler les agressions dont ils peuvent faire l’objet dans l’exercice de leur fonction ou en dehors de leur service, car être policier aujourd’hui peut les mettre gravement en danger", détaille Denis Jacob.

"Cette plateforme est nécessaire et nous l’appelions de nos vœux. Elle permet de montrer très concrètement ce que l’on dénonce depuis des années: les violences contre la police augmentent de manière exponentielle", prévient le syndicaliste.

Par ailleurs, cet outil permet "d’agir juridiquement" afin de sanctionner les auteurs de violence, se félicite le secrétaire national du syndicat Alternative Police. "Il y a besoin de réinstaurer l’autorité dans ce pays. Il faut arrêter de rester dans l’attentisme en disant que cela fait partie des problèmes de société, et donc que ce n’est pas grave… Si c’est très grave", fait valoir Denis Jacob.

L’État sommé d’agir

Si le policier plaide donc pour une réponse pénale forte, il considère que cela n’aura pas forcément l’effet escompté sur le climat actuel de violence. Le mal serait plus profond: "c’est la résultante de 40 années durant lesquelles les problèmes se sont accumulés sans que l’État n’apporte de réponses concrètes". Alors tant que "l’on attendra des policiers de régler tous les problèmes de la société sans parallèlement mettre une véritable politique sociale, économique, de politique de la ville dans les quartiers où on rencontre de difficultés, on ne réglera jamais rien", juge Denis Jacob. Or cette politique a des conséquences sur les forces de l’ordre.

"Le seul représentant de l’État qui est présent physiquement sur le terrain, c’est le policier. Les agents font face à toute cette agglomération de mécontentement. Ils servent de punching-ball, on les vise pour atteindre l’État", affirme le syndicaliste.

Il en veut notamment pour preuve la crise sociale qui traverse actuellement la Guadeloupe: "le meilleur moyen d’attirer l’attention des politiques, des pouvoirs publics, c’est de mettre l’île à feu et à sac, puis de s’en prendre aux policiers", avance Denis Jacob. Le syndicaliste regrette ainsi qu’au mécontentement de la population, l’État oppose une réponse sécuritaire. "On traite les conséquences, mais pas les causes", résume notre interlocuteur. Même s’il souligne qu’il faut "bien évidemment, traiter les conséquences", car il y a des "violences urbaines et des criminels qui profitent du chaos pour commettre leurs exactions".

"Il faut une grande fermeté dans l’action de police, c’est incontestable, car force doit rester à la loi. On doit donc mettre tous les moyens possibles pour y mettre un terme rapidement. Mais à côté de cela, il faut régler les problèmes de fond", conclut Denis Jacob.

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