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France

Naufrage des migrants dans la Manche: vers une résolution de la crise?

© AFP 2021 BEN STANSALLUn bateau gonflable utulisé par des migrants pour traverser la Manche entre Calais et Douvres, septembre 2020
Un bateau gonflable utulisé par des migrants pour traverser la Manche entre Calais et Douvres, septembre 2020 - Sputnik France, 1920, 25.11.2021
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Au moins 27 migrants sont morts après le naufrage d’une embarcation dans la Manche. La France et l’Angleterre entendent mieux collaborer pour durcir leurs efforts face à ces traversées illégales. Mais les promesses seront-elles à la hauteur de l’enjeu?
«La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière.» C’est le mot d’ordre fixé par le Président la République au soir du drame qui s’est joué dans la Manche, ce mercredi 24 novembre. Au moins 27 migrants ont péri à la suite du naufrage de leur embarcation alors qu’ils tentaient de se rendre en Angleterre. Même émotion côté britannique où le Premier ministre s’est dit «choqué, consterné et profondément attristé» par ce drame. Boris Johnson a annoncé être prêt à mettre sur pied des patrouilles de police communes sur la côte française. Si l’heure est à la collaboration entre les deux nations (en froid sur ce sujet depuis quelques mois), cette aide supplémentaire sera-t-elle à la hauteur de la crise migratoire?

Un revirement diplomatique?

Selon un porte-parole de Downing Street, lors d’un entretien téléphonique mercredi soir, le Président français et son homologue britannique ont convenu de leur côté d’«intensifier leurs efforts» et de «garder toutes les options sur la table» pour lutter contre les gangs de passeurs.
Un revirement diplomatique –du moins en apparence– au regard des tensions entre les deux pays ces derniers mois, chacun se renvoyant la charge de la responsabilité de la crise migratoire. Le Home Office dénonçait jusqu’ici le manque de zèle de la France dans sa rétention des embarcations de fortune à destination de la Grande-Bretagne. Aussi celle-ci a-t-elle menacé de ne pas verser les 54 millions de livres d’aides supplémentaires promises l’année dernière pour renforcer les contrôles sur les plages du Pas-de-Calais.
«Aider au contrôle des côtes, cela, on le voit bien, suppose des effectifs supplémentaires, présents également la nuit pour assurer une surveillance efficace. Ce qui peut représenter des coûts considérables pour la Grande-Bretagne. Il faudra négocier avec les Anglais, ce n’est pas gagné», commente à notre micro Patrick Stefanini, ancien secrétaire général du ministère de l’Immigration de Nicolas Sarkozy.
À moitié convaincu par ces mesures, notre interlocuteur pointe avant tout «l’absolue nécessité» pour l’Union européenne de revoir la logique des contrôles aux frontières extérieures de l’Europe. «Tous ces gens-là, par définition, ont réussi à entrer en Europe et à la traverser avec comme ultime étape de franchir la Manche à partir de Calais», ajoute-t-il.

Un naufrage «prévisible»?

Les traversées mortelles de la Manche par des migrants ne datent pas d’hier. Mais le drame de mercredi est le plus meurtrier depuis l’année 2018, qui avait vu cette pratique dite des «small boats» s’accroître. Depuis le début de l’année 2021, 31.500 migrants ont ainsi quitté les côtes françaises et plus de 25.000 ont réussi la traversée de la Manche. Trois fois plus que l’an dernier.
«De fait, la voie maritime est devenue la seule option possible. Les récents durcissements de sécurité du port de Calais et du tunnel sous la Manche ont réduit le nombre de voies d’accès à l’Angleterre», précise notre interlocuteur, par ailleurs auteur de l’ouvrage «Immigration – Ces réalités qu’on nous cache» (Éd. Robert Laffont).
Avec son nouveau dispositif de murs, de grilles et de caméras, le port de Calais est devenu une forteresse imprenable et l’accès à l’Angleterre par ce moyen est de plus en plus acrobatique pour les migrants.
Certaines ONG pro-migrants vont jusqu’à attribuer le récent drame à cette politique de durcissement des contrôles. À l’exemple d’Olivier Cahn, membre du Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (Cesdip). Dans Le Monde, celui-ci déclarait qu’«il n’y avait pas de passeurs avant que la frontière ne soit verrouillée», «la répression seule ne fait que renforcer les organisations mafieuses et augmenter le prix du passage».
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