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F-35 en Finlande: encore une victoire américaine en Europe?

Un chasseur F-35 - Sputnik France, 1920, 06.12.2021
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La Finlande risque fort de grossir les rangs des adeptes du F-35 en Europe. Ce serait un nouveau coup dur pour le Rafale. Et surtout un échec de l’indépendance stratégique européenne prônée par Paris. Analyse.
L’Europe de la défense, chère à Paris, devrait encore prendre du plomb dans l’aile.
Sauf rebondissement, le F-35 devrait devenir le nouvel appareil des forces armées finlandaises, à en croire Iltalehti (IL). Selon le quotidien d’Helsinki, le groupe d’évaluation en charge du programme HX Fighter préconisera au ministère de la Défense d’opter pour le F-35. À la clé: une commande de soixante-quatre unités et un pactole de 9,9 milliards d’euros pour Lockheed-Martin. L’avion américain aurait eu le dessus sur le Rafale et deux autres propositions de constructeurs européens.
"Il est très rare de voir le gouvernement s'écarter de la proposition du groupe d'évaluation", commente un "observateur averti" auprès de La Tribune, qui ébruite l’affaire dans la presse francophone. "En France, en dépit des propos officiels, personne ne croit vraiment à un succès en Finlande", ajoute l’hebdomadaire économique et financier. On assiste donc à un remake de l’échec du Rafale en Suisse. Et ce alors que le fleuron de Dassault partait grand favori.

Rafale: nul n’est prophète en son continent

À l’heure actuelle, le Rafale n’a remporté aucun appel d’offres direct face au F-35. Si Helsinki passe bien commande à la firme de Bethesda, la Finlande deviendra le huitième pays du Vieux Continent à se doter du chasseur de cinquième génération américain. En tout, le numéro un mondial de l’armement pourra se targuer d’avoir vendu près de 400 exemplaires de son dernier-né aux Européens, en dépit du fait que les Britanniques ont diminué leur commande initiale de 138 à quarante-huit appareils.
Les victoires de Dassault à travers le monde ne doivent pas occulter la razzia américaine en Europe, continent où les succès de l’avionneur français n’ont rien d’affriolant: deux commandes en Grèce et une en Croatie pour un total de trente-six appareils, majoritairement d’occasion. Un volume de ventes plus de onze fois inférieur à celui des Américains.
Bien que la Finlande ne soit pas traditionnelement un gros client de l’industrie de défense tricolore, le coup n’en est pas moins dur pour Florence Parly, qui avait fait de la vente d’armes françaises aux Européens le fil rouge de son passage à l’hôtel de Brienne. "Nous avançons pour construire une véritable autonomie européenne", s’était rengorgée le ministre des Armées dans un tweet, mi-septembre, après l’annonce par Athènes d’une commande de six Rafale neufs. "La coopération européenne avance, concrètement", avait alors renchéri le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Clément Beaune. Patatras, les trémolos de l’unité continentale résonnent un peu moins fort dès qu’il est question de gros contrats...
Au-delà du lobbying de Washington, les industriels américains peuvent également compter sur un appui de poids, solidement ancré à Bruxelles: l’Otan. L’alliance a notamment poussé La Haye à se doter d’une troisième escadrille de chasseurs F-35, dans le cadre de l’effort de défense exigé de ses alliés par les États-Unis.

La "défense européenne", une lubie française?

Même type de pressions en Allemagne, pourtant partie prenante du Système de combat du futur impulsé par Paris. Au printemps 2020, pour remplacer ses Tornado vieillissants, Berlin a annoncé son intention d’acheter à Boeing quarante-cinq avions multirôles F/A-18. Ces appareils sont en effet les seuls habilités à transporter les bombes nucléaires américaines B-61, entreposées en Allemagne, dans le cadre du parapluie nucléaire de l’Otan. Washington n’a en effet jamais autorisé les Eurofighter, concurrents des appareils made in USA, à se prêter à cette mission.
Le suivisme germanique ne surprend guère. L’Allemagne ne croit nullement dans le vœu pieu de Paris d’une Europe émancipée de la tutelle de Washington. "Les illusions d’autonomie stratégique européenne doivent cesser", avait lâché Annegret Kramp-Karrenbauer, alias AKK, ministre de la Défense d’Angela Merkel. "Les Européens ne pourront pas remplacer le rôle capital qu’ont les États-Unis en tant que garants de leur sécurité", poursuivait, directement dans la presse américaine, celle qui succédait à Ursula von Der Leyen. Un "contresens de l’histoire", avait répondu Emmanuel Macron, affirmant à qui voulait l’entendre que ministre et chancelière n’étaient pas sur la même longueur d’onde.
Des Rafale - Sputnik France, 1920, 30.06.2021
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"L’idée d’une autonomie stratégique de l’Europe va trop loin si elle nourrit l’illusion que nous pourrions assurer la sécurité, la stabilité et la prospérité de l’Europe sans l’Otan ni les États-Unis", avait répliqué AKK, lors d’un discours aux apprentis officiers de l’armée allemande. Pourtant, "l’Otan et l’Union européenne sont les deux faces d’une même pièce", comme l’affirmait à la presse française Jens Stoltenberg, déjà en réponse à Emmanuel Macron, qui avait proclamé l’Alliance atlantique en "état de mort cérébrale".
Certes, la Finlande n’appartient pas à l’Otan. Mais elle en reste un allié privilégié. Coopération militaire qui a d’ailleurs été "renforcée" ces dernières années, sous prétexte de menace russe. Le pays nordique partage 1.300 kilomètres de frontières terrestres avec la Russie.
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