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L’Ukraine dans l’Otan? Une "provocation injustifiable", fustige l’eurodéputé Lebreton

© AFP 2021 Sergei SUPINSKY / AFPLe Président ukrainien Volodymyr Zelensky et le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg à Kiev le 31 octobre 2019.
Le Président ukrainien Volodymyr Zelensky et le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg à Kiev le 31 octobre 2019. - Sputnik France, 1920, 08.12.2021
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Face au risque d’embrasement en Europe que pourrait provoquer une intégration de l’Ukraine dans l’Otan, des voix s’élèvent pour que les Européens prennent leurs distances avec Washington au profit d’une politique étrangère équilibrée. Analyse.
"Ni promesses ni concessions": telle est la ligne qu’aurait tenue Joe Biden face à Vladimir Poutine, à en croire Jake Sullivan, Conseiller à la Sécurité nationale du Président américain.
Lors de leur entretien en visioconférence le 7 décembre, le locataire de la Maison-Blanche aurait ainsi adressé une fin de non-recevoir à la demande du Président russe de "garanties juridiques sûres" que l’Otan ne s’élargirait pas à l’Ukraine. Un rendez-vous au sommet qui a également permis au chef d’État américain de menacer son homologue russe de "fortes sanctions, entre autres économiques" en cas d’escalade militaire en Ukraine.

Otan: Washington avance ses pions

L’Ukraine dans l’Alliance atlantique, "ce serait une provocation absolument incroyable" à l’encontre de la Russie, assénait Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de France24 alors même que l’entretien des deux Présidents était en cours.
"L’Ukraine a été russe pendant des siècles, il faut comprendre que les Russes n’ont pas envie de voir les Américains et l’Otan débarquer à leurs frontières. C’est tout à fait légitime de leur point de vue", répondait le matin même Éric Zemmour à Jean-Jacques Bourdin.
Même son de cloche pour Marine Le Pen qui, depuis Varsovie, estimait le 3 décembre qu’"en l’état actuel" des choses, l’Ukraine n’avait pas sa place dans l’Alliance atlantique. "Vous pouvez dire ce que vous voulez, mais l’Ukraine appartient à la sphère d’influence de la Russie", affirme-t-elle sans ambages dans une interview au quotidien Rzeczpospolita.
L’élargissement de l’Otan avec l’Ukraine "peut être perçu comme une marque d’hostilité [par Moscou, ndlr], bien entendu, c’est même logique de le percevoir ainsi!", insiste auprès de Sputnik l’eurodéputé Identité et Démocratie Gilles Lebreton.

"On accuse régulièrement la Russie d’être agressive, faisant allusion à l’annexion de la Crimée […], mais même en admettant que la Russie soit blâmable –ce qui n’est pas mon avis–, ce n’est pas une raison pour faire de la provocation, pour que l’Otan s’amuse ainsi à essayer d’étendre sa sphère d’influence aux frontières de la Russie. C’est une forme de provocation et elle est beaucoup plus injustifiable!" développe Gilles Lebreton.

Des déclarations qui s’inscrivent dans la "perception gaulliste" des affaires étrangères que Marine Le Pen entend réinsuffler à la France en cas de victoire en avril prochain. "Il ne faut pas céder à la politique des blocs", insiste ce proche de Marine Le Pen. À ses yeux, la France doit avoir ainsi en matière d’affaires étrangères une "politique indépendante" qui "repose sur un juste équilibre entre les États-Unis, qui sont traditionnellement des partenaires, et la Russie, qui est trop maltraitée à l’heure actuelle". Une règle d’or qu’il espère également voir s’appliquer à"l’Europe des nations" défendue par Marine Le Pen.

Européens, "pompiers pyromanes" en Ukraine

Pour cet eurodéputé, l’UE est actuellement non seulement bien trop hostile à la Russie, mais surtout bien trop suiviste vis-à-vis des États-Unis et de leurs intérêts. Washington qui a par le passé entraîné ses alliés dans des "guerres inutiles", souligne au cours de son interview à Rzeczpospolita l’ex-présidente du Rassemblement national. Une fois aux commandes, celle-ci n’entendrait ainsi pas "accepter la subordination aux États-Unis".
Des déclarations qui dénotent dans les colonnes d’un média libéral-conservateur polonais, Varsovie faisant partie des capitales européennes les plus farouchement hostiles à Moscou et, jusqu’à l’élection de Biden, l’une des plus proches de Washington. Mais Gilles Lebreton l’assure: prêter à Marine Le Pen une quelconque intention de nuire aux intérêts polonais serait faire fausse route.

"Nous nous considérons comme des alliés du PiS [parti Droit et justice, au pouvoir à Varsovie, ndlr], donc de la Pologne. Par conséquent, notre position à l’égard de la Russie est une position de responsabilité, à la recherche d’un équilibre international, mais ce n’est absolument pas dirigé contre la Pologne", insiste l’eurodéputé, "et je crois qu’ils commencent à le comprendre".

"Nous avons la conviction qu’il est dans l’intérêt de la Pologne d’avoir des relations normales avec la Russie", ajoute l’élu qui revient sur cette "balle dans le pied" que les Européens se sont tirée via les sanctions contre Moscou. Des restrictions qui n’ont "fait qu’envenimer la situation", estime-t-il. Car c’est bien là l’ironie du sort, dans sa boulimie de sanctions, Bruxelles a réussi le pari jusque-là impossible de créer un point commun entre Moscou et Varsovie.
En effet, pour atteintes aux "valeurs européennes", Varsovie s’est vue infliger par la CJUE une amende quotidienne d’un million d’euros. Des "valeurs européennes" également brandies pour sanctionner la Hongrie suite à sa loi contre la promotion de l’homosexualité.
Manifestation à Varsovie, 24 novembre 2017. (JANEK SKARZYNSKI / AFP) - Sputnik France, 1920, 08.10.2021
Bras de fer Pologne-UE: Bruxelles "en train de franchir des lignes rouges"
Une sanctionnite chronique de l’UE, jusqu’à présent contre-productive, qui ouvre un couloir à Marine Le Pen. Toujours depuis Varsovie, celle-ci accuse les Européens d’être les "pompiers pyromanes" de la crise ukrainienne.
Il faut dire qu’au-delà des seules sanctions contre la Russie ou du soutien à une intégration de l’Ukraine au sein de l’Otan, certaines chancelleries européennes qui ont insisté pour prendre part à la "résolution du conflit" ukrainien ont tout simplement brillé par leur inaction. Aux premiers rangs de ces abonnés absents ces six dernières années, la France et l’Allemagne.

L’immobilisme occidental conforte Kiev dans son bellicisme

Pourtant signataires des accords de Minsk en 2015, Paris et Berlin ont laissé la situation se dégrader en ne poussant jamais Kiev à respecter sa part des accords. Une inaction qui a d’une part laissé le champ libre à Washington pour s’imposer comme seul interlocuteur entre l’Ukraine et la Russie, mais qui a également favorisé les bellicistes à Kiev.
 Volodymyr Zelensky - Sputnik France, 1920, 19.11.2021
Dans l’ombre de la crise diplomatique entre Paris, Berlin et Moscou, l’Ukraine tentée par la guerre?
Alors que, suite aux allégations de la presse américaine et des autorités ukrainiennes, les Occidentaux accusent la Russie d’ourdir l’invasion de l’Ukraine, celle-ci se prépare sans encombre à la guerre dans le Donbass. Reléguant au rang de "crises d’hystérie" ces allégations ukraino-occidentales à son encontre, Moscou a dénoncé le 1er décembre l’envoi de 125.000 soldats ukrainiens sur la ligne de contact, soit "la moitié des forces armées" du pays.
Une violation flagrante des accords de Minsk. Mais, du côté de Kiev, on ne cache plus depuis des mois son intention de déchirer cet accord de paix. Une "attitude destructrice" de Kiev, qu’a d’ailleurs dénoncée Vladimir Poutine. En réponse aux menaces des Américains, le Président russe les a enjoints à ne pas "rejeter la responsabilité sur les épaules de la Russie". Reste à savoir comment l’Ukraine pourrait percevoir une énième sourde oreille des Occidentaux aux mises en garde de Moscou…
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