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Présidence française au Conseil de l’UE: ce qu’il faut retenir du discours de Macron

© AFP 2021 LUDOVIC MARINEmmanuel Macron
Emmanuel Macron - Sputnik France, 1920, 09.12.2021
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S’exprimant ce 9 décembre à l’occasion de la présidence française de l'Union européenne qui commencera le 1er janvier 2022 pour six mois, Emmanuel Macron a exposé ses projets pour cette période, dont de la souveraineté stratégique européenne en matière de défense.
Lors d’une conférence de presse tenue ce 9 décembre, Emmanuel Macron a abordé la défense et souveraineté européenne, la migration, le besoin de règles budgétaires et financières adaptées, ainsi que son envie d’européaniser la sécurité au Sahel.
Une prise de parole qui intervient à l’approche de la présidence française de l'Union européenne, au 1er janvier de l'année prochaine.
Emmanuel Macron a déclaré que l'Union européenne devait définir une nouvelle stratégie de défense qui renforcerait sa capacité à se défendre, même si l'Otan reste utile et efficace.
"Ce concept qui paraissait impensable il y a quatre ans permet d'ancrer que nous Européens […] avons des menaces communes et des objectifs communs", a-t-il avancé lors de son discours.

Espace Schengen et la migration

Parmi les autres sujets, la réforme de l'espace Schengen que Paris prévoit d’entamer, car l'Europe doit mieux protéger ses frontières extérieures, selon Macron. Dans ce contexte, il a notamment évoqué la mise en place d'un pilotage politique qui est la "condition préalable à la libre circulation".
"Nous devons absolument retrouver une Europe qui sache protéger ses frontières et retrouve sur la question migratoire une organisation politique qui nous mette en situation de défendre ses valeurs", a martelé Macron.
De plus, le Président a évoqué la création d'un mécanisme de soutien d'urgence aux frontières en cas de crise. Quand un État membre doit soudainement faire face à une crise qui l’exige de renforcer le contrôle des frontières extérieures, "il doit pouvoir compter sur l’appui de Frontex", mais également "le renfort solidaire des États membres".
Emmanuel Macron a expliqué que la France veut lors de sa présidence faire avancer le paquet migratoire européen, améliorer l’organisation de l’Europe quant à la gestion de la migration.
"Travailler avec les pays d’origine et les pays transit pour lutter contre le trafic et éviter ces flux, protéger nos frontières extérieures, harmoniser nos règles, en particulier en matière d’asile, d’accompagnement des réfugiés ou des migrants qui sont sur notre sol, et d'harmonisation aussi d’une gestion de ce qu’on appelle les flux secondaires", a énuméré le Président français.

Un "salaire minimum décent"

En outre, un "salaire minimum décent" au sein de l’Union européen a été évoqué comme autre objectif à poursuivre lors de cette présidence française. Emmanuel Macron estime que la que la concurrence entre travailleurs des différents pays peut provoquer la défiance au sein de l’union.
De ce fait, il a évoqué la directive sur les salaires minimums dans l'Union européenne "qui définit non pas un Smic européen comme une moyenne, mais tire tous les bas salaires vers le haut grâce à un salaire minimum décent et qui sera au cœur de notre présidence".

Relations avec l’Afrique et "New deal"

Emmanuel Macron a également promis d’œuvrer à l’intensification de la collaboration entre l'Union européenne et le continent africain. Il juge que la présidence de la France peut servir au moment où il faut se concentrer sur la relation "un peu fatiguée" avec l’Afrique et "refonder un New Deal économique et financier" avec le continent.
Dans ce contexte, il a évoqué l'organisation d'un sommet de "refondation" des relations entre les deux continents les 17 et 18 février à Paris.
Le Président français a de plus rappelé que ces pays devaient notamment gérer les "conséquences économiques et financières" du Covid. Ainsi, il a fait part de son souhait de développer "un véritable agenda sanitaire qui consiste à déployer beaucoup plus vite et beaucoup plus fort des structures de production de vaccins".

Cadre budgétaire

Défini par Maastricht, le cadre budgétaire de l’Europe doit être repensé pour "acter le besoin d'investissements nouveaux" post-Covid, a avancé Emmanuel Macron lors de son allocution ce jeudi 9 décembre. Il juge que c’est suite à la crise sanitaire que l’application des règles budgétaires a été mise de côté.
"Nous devrons revenir à des règles qui seules permettent la convergence de nos économies", a-t-il ajouté, précisant toutefois qu’il n’est pas possible de "revenir au cadre budgétaire créé au début des années 1990".

Lutte contre la déforestation importée

Des négociations afin de mettre en place un instrument européen de lutte contre la déforestation importée doivent être menées au sein de l’Union européenne, estime Emmanuel Macron.
Cet instrument aurait pour but d'interdite l’importation dans l'Union européenne de soja, bœuf, huile de palme, bois, cacao, café, s’ils contribuent à la déforestation dans les pays d’où ils proviennent, a déclaré le Président de la République.

Service civique européen

Pour les moins 25 ans, le Président français propose de créer un service civique européen de six mois. Cette proposition intervient après que le programme Erasmus a déjà été élargi aux apprentis.
"Allons plus loin et réfléchissons à un service civique européen de six mois ouvert à tous les jeunes de moins de 25 ans pour un échange universitaire ou d'apprentissage, un stage ou une action associative", a exposé Emmanuel Macron.
Qui plus est, il s'est de nouveau prononcé pour la "généralisation du programme d'échanges Erasmus à tous les Européens".
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